Le musée de l’Orangerie

Le musée se situe à l’extrémité occidentale de la Terrasse des Feuillants, dans le Jardin des Tuileries, au bord de la Seine, en face de la place de la Concorde.

Nous sommes au début du Second Empire, en 1853, Napoléon III fait édifier des serres afin d’y abriter les orangers bordant les allées du jardin des Tuileries durant l’hiver. L’architecte assigné à cette tâche est Firmin Bourgeois, étant dans l’incapacité de finir, le chantier est confié à Ludovico Visconti. On retrouve l’entrée monumentale avec ses colonnes à tambours jumelées et son fronton triangulaire. Les fenêtres en plein cintre sont remplacées par de grandes baies vitrées couvrant intégralement les murs. En 1918, au sortir de la Première Guerre mondiale, le peintre impressionniste Claude Monet promet de faire don de « grandes décorations ». Il jette son dévolu sur l’orangerie en 1920 pour y exposer ces célèbres Nymphéas (toujours visibles actuellement).

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Hélas, la vue de l’artiste défaille. Grâce au soutien de son ami, Georges Clémenceau, Monet se fait opérer de la cataracte par l’ophtalmologiste du militaire. Pendant la convalescence du peintre, Clémenceau, ministre de guerre, négocie avec les pouvoirs publics pour que soit aménagée l’orangerie en musée afin d’y accueillir les œuvres de son ami. Camille Lefèvre, architecte en chef du Louvre, est chargé des travaux d’aménagement. Un musée de 6 300 m² ouvre ses portes en 1927, quelques mois après la mort de Monet. Les orangers sont remisés et les Nymphéas illuminent les lieux. L’édifice est surnommé la « Chapelle Sixtine de l’impressionnisme ».

En 1977, l’orangerie, qui servait de galerie d’art, est agrandie et transformée en musée exclusivement réservé à l’exposition des œuvres offertes par Domenica, la veuve du marchand d’art Paul Guillaume et de l’architecte Jean Walter, collectionneurs, amateurs des œuvres de l’Ecole de Paris et défenseurs de l’art d’avant-garde, à la condition que les œuvres ne soient jamais dispersées. Le don comprend 144 tableaux dont Le Petit Pâtissier de Soutine, Dans le parc du château noir de Cézanne, Jeunes filles au piano de Renoir, L’Etreinte de Picasso, Portrait de Paul Guillaume de Derain, La Noce du Douanier Rousseau, La Maison de Berlioz d’Utrillo, Odalisques de Matisse, Le Jeune apprenti de Modigliani.

Le visiteur peut également y contempler des œuvres de Laurencin, Gauguin, Sisley et Kees van Dongen. En 2006, d’importants travaux de rénovation sont entrepris pour une somme de 30 millions d’euros. Le plafond qui recouvrait les Nymphéas de Monet depuis 1977 est supprimé afin d’éclairer les œuvres de manière naturelle. Le musée de l’Orangerie est rattaché en mai 2010 au musée d’Orsay. Il est actuellement dirigé par Laurence des Cars.

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