L’aile Charles IX – cour Carrée du Louvre

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Sous le Premier Empire, les architectes Percier et Fontaine remodèlent le palais du Louvre dont les façades inachevées de la Cour Carrée. Ils se sont attaqués à l’aile Charles IX, perpendiculaire à l’aile Lescot. Il conservent les deux premiers niveaux et effacent le troisième. Ils conservent la frise d’enfants et de fruits ornant le premier étage, parmi laquelle est gravée le chiffre royal de Charles IX : le K couronné.

Les architectes font démonter les deux frontispices sculptés de l’aile. Comme ceux de l’aile Lescot, ils se composaient d’un tympan en demi-cercle et deux grands reliefs latéraux. Les tympans étaient illustrés des thèmes de la Piété et de la Justice, chers au roi (sa devise était Pietae et Justicia). La Justice tenait dans ses mains le glaive et la balance, tandis que la Piété, vêtue d’un voile, tenait d’une main une boîte à encens pour la prière et de l’autre une patère pour les offrandes.

Quant aux reliefs, ils se présentaient en deux groupes. Dans le premier groupe, un grand prêtre romain voilé procédait au sacrifice en versant le contenu de sa patère sur les flammes d’un autel. Il répondait au nom de Sacrificateur, symbole de la Piété, et apparaissait, accompagné de son jeune assistant, tenant le couteau sacrificiel près d’un bœuf. Une deuxième scène était visible, celle de Zaleucus, symbolisant la Justice et la Piété familiale. « Zaleucus, qui avait donné des lois très utiles à la ville de Locre, quand son fils fut condamné pour crime d’adultère, selon le droit qu’il avait lui-même établi, a été privé des deux yeux, alors que le fils et le peuple le suppliaient de l’épargner, prit un moyen terme entre son rôle de père et de législateur : il se creva d’abord un œil puis le fit faire à son fils, laissant l’usage de la vue à tous les deux » (raconté par l’historien romain Valère Maxime).

Le second groupe illustre également des histoires rapportées par Valère Maxime. La sculpture de la Sévérité narre l’histoire du roi perse Cambyse qui ordonna au fils du juge prévaricateur de s’asseoir sur un tabouret où il avait fait placer la peau arrachée du coupable afin d’y rendre la justice. On distingue nettement, sur la quatrième image, la tête de la dépouille du juge prévaricateur sous la forme d’un masque grimaçant. Les deux reliefs centraux figurent des licteurs, sortes de serviteurs romains. Quant à la sculpture de la Charité romaine (première image), elle raconte l’histoire de Péro nourrissant au sein son très vieux père Cimon, dans la cellule de sa prison. Il s’agissait d’un rare exemple d’amour filial de la littérature romaine.

Ce sujet était également très apprécié des peintres non seulement pour son coté émoustillant, mais aussi pour le contraste entre la jeunesse et la vieillesse.

Que sont devenus ces fameux panneaux sculptés ? Après leur démontage, ils furent transportés au musée des Monuments français d’Alexandre Lenoir. Ils furent exposés dans la salle d’introduction de ce musée qui devint par la suite l’Ecole des Beaux-Arts. En 1815, le musée ferma ses portes et afin de protéger les panneaux, l’architecte Duban les fit murer en haut d’un mur-fontaine où ils restèrent jusqu’en 1851, date à laquelle le musée du Louvre réclama leur retour en ses murs. En échange de leur restitution, la directrice du Louvre s’engagea à les remplacer par des copies. Les deux tympans sont aujourd’hui installés dans le passage de la Colonnade. Quant aux reliefs, ils sont visibles dans la rotonde donnant accès aux salles d’histoire du musée, à l’entresol du pavillon Sully.

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