Le pont de la Concorde

Le pont de la Concorde franchit la Seine entre le quai des Tuileries, 1er arrondissement, et le quai d’Orsay, 7e arrondissement. Il fait la fonction entre la place de la Concorde et l’Assemblée nationale. Il a porté les noms de pont Louis XVI, pont de la Révolution, pont de la Concorde, puis à nouveau pont Louis XVI (sous la Restauration), pour redevenir le pont de la Concorde à partir de 1830. Il est inscrit aux Monuments historiques depuis le 12 juin 1975.

Histoire

Dès 1725, le besoin d’un pont se fait sentir pour relier les faubourgs Saint-Germain et Saint-Honoré. Après l’achèvement de la place Louis XV (l’actuelle place de la Concorde) le roi lance un projet afin de remplacer le bac assurant la traversée. Le chantier est confié à l’architecte Jean-Rodolphe Perronet dès 1787. Pourtant il fallut attendre 1788 pour voir le début des travaux et 1791 pour leur achèvement, en raison de soucis financiers et d’approvisionnement des matériaux. La Révolution apporta une consolation à l’architecte ; la destruction de la forteresse de la Bastille lui fournit les pierres suffisantes pour achever son pont. Ainsi les Parisiens pouvaient chaque jour écraser ce symbole de la monarchie. Concept toujours d’actualité si l’on observe sa configuration : le pont conduit les promeneurs depuis l’entrée des jardins des Tuileries (lieu hautement royal) à l’Assemblée nationale (organisme chargé de voter les lois protégeant l’Etat et les citoyens).

Architecture

L’ouvrage comprend cinq arches appuyées sur des piles assez minces, terminées par des colonnes tronquées. Elles sont surmontées d’un chapiteau au-dessus duquel se trouve une courte architrave. Une corniche couronne tout le pont. Les parapets sont formés de balustrades identiques à celles de la place Louis XV, qui s’interrompent au niveau des piles. Celles-ci supportent un dé composé de 12 pierres destinées à supporter des pyramides de pierres. Le projet ne s’avérant pas concluant, il ne fut jamais mis en place.

En 1800, Napoléon Bonaparte ajoute 8 statues en l’honneur de généraux morts au champ d’honneur pendant les campagnes du Premier Empire. Celle-ci sont remplacées, à la Restauration, par 12 statues monumentales en marbre blanc : 4 ministres (Colbert, Richelieu, Suger et Sully), 4 militaires (Bayard, Grand Condé, Du Guesclin et Turenne) et 4 marins (Duguay-Trouin, Duquesne, Suffren et Tourville). Cet ensemble décoratif est beaucoup trop lourd pour le pont ; Louis-Philippe 1er fait transférer les statues à Versailles.

Aujourd’hui ces statues sont exposées dans divers endroits français. Les quatre militaires : Du Guesclin, Bayard, Condé (détruite en 1944) et Turenne sont visibles à l’école militaire de Saint-Cyr. Colbert, Duquesne (détruite en 1944), Suffren et Duguay-Trouin sont à l’école navale de Brest. Sully se trouve à Rosny-sur-Seine. Suger est à Saint-Omer. La statue de Richelieu est visible à Richelieu, tandis que Tourville est à Tourville-sur-Seine.

concorde03

En 1840, des candélabres, dus à Henri Labrouste s’installèrent sur le pont avant d’être retirées à leur tour. Lors de l’exposition des Arts décoratifs de 1925, la circulation du pont Alexandre III est déviée sur le pont de la Concorde. Les trottoirs sont supprimés afin d’élargir la chaussée. Une passerelle pour piétons est construite en aval. L’exposition terminée, les ingénieurs se rendirent compte qu’il était impossible de faire machine arrière. Dès 1926, le service des Ponts et Chaussées propose un projet d’élargissement. Faute d’argent, les travaux sont reportés jusqu’en 1929. Entre 1930 et 1932, la largeur du pont fut doublée pour faciliter la circulation automobile. La largeur de la chaussée est passée de 8,75 mètres à 21 mètres, à laquelle s’ajoutent deux trottoirs de 7 mètres. Les ingénieurs des Ponts et Chaussées Deval, Lang et Malet, ainsi que les ingénieurs des Travaux Publics de l’Etat Gravet et Retraint prirent grand soin à respecter l’architecture initiale. Les nouvelles voûtes reposent sur des piles évidées comme le voulait Perronet à l’origine. Le pont de la Concorde fut le témoin des affrontements du 6 février 1934. L’ouvrage est rénové en 1983.

concorde02

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s