Le pont au Change

Le pont au Change relie l’île de la Cité depuis le palais de Justice, la Conciergerie et le tribunal de commerce, à la rive droite au niveau du théâtre du Chatelet. Il marque la frontière entre les 1er et 4e arrondissements.

Histoire

Charles-le-Chauve fit établir un pont en bois, au IXe siècle, afin de remplacer celui archaïque des Gaulois, qui prit le nom de Grand-Pont, par opposition au Petit-Pont qui franchissait le petit bras de la Seine. En 1112, Louis VI le Gros emménagea sur l’île de la Cité avec son gouvernement. Il fit construire un pont, en peu en aval du Grand-Pont, bordé de treize moulins, le pont aux Meuniers. Les piles étaient si serrées qu’elles formaient une sorte d’étranglement accélérant le courant et facilitant le fonctionnement des moulins. En 1141, Louis VII le Jeune ordonna par décret l’installation des orfèvres et des changeurs sur le Grand-Pont, qui prit alors le nom de Pont-aux-Changeurs. Les crues de 1196, 1206 et 1280 lui arrachèrent six arches, et celle de décembre 1296 l’emporta complètement. Il est remplacé par un nouveau pont, reconstruit de biais légèrement en amont. Son nom provient du fait que les changeurs, les courtiers de change, y tenaient leur banc pour changer les monnaies. A cette époque, les joailliers, orfèvres et changeurs avaient installé leurs boutiques si serrées que l’on ne voyait plus la Seine depuis le pont.

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Durant la seconde moitié du XVIe siècle, les moulins du pont aux Meuniers sont démontés et remplacés par des maisons. Ses mauvaises fréquentations apportent au pont une réputation grivoise qui serait à l’origine de l’expression « jeter sa cornette par-dessus les moulins ». Le soir du 22 décembre 1596, le pont s’effondra provoquant la mort de 150 personnes. Charles Marchand, capitaine des arquebusiers et archers de Paris, proposa de faire reconstruire le pont à ses frais. Deux conditions : que le nouveau pont porte son nom (bien légitime puisqu’il paye la facture) et de pouvoir y établir des maisons. Bien que les lettres patentes datent de 1598, elles ne furent enregistrées qu’en 1608. Le pont Marchand fut édifié l’année suivante dans l’alignement des piles du Pont-au-Change et se rapprocha de 15 m. Entre 30 et 50 maisons, à deux étages, furent construites, ainsi que de nombreuses boutiques. Le pont au Change perd deux piles lors de la crue de 1616. Hélas, ce pont périra dans la nuit du 23 au 24 octobre 1621, suite à la propagation de l’incendie de son voisin, le pont Marchand. Les deux ponts seront provisoirement remplacés par un pont de Bois.

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Le Pont au Change sera reconstruit en pierre entre 1639 et 1647, par Michel Villedo selon les dessins de Jean Androuet-du-Cerceau, aux frais de ses occupants (orfèvres et joaillers). Ce large pont (38,6 m) se composait de sept arches et de deux rangées de maisons à cinq étages, étroites et disposées alternativement en retrait et en saillie. Un marché aux fleurs s’y tenait le mercredi et le samedi matin, et on y trouvait des oiseaux le dimanche. A l’entrée du pont, côté rive droite, un monument à la gloire de la famille royale fut dressé en 1645.

Simon Guillain représenta le futur Louis XIV, alors âgé de 10 ans, en manteau fleurdelisé et sceptre à la main, entouré de ses parents, Louis XIII, en manteau de sacre, et Anne d’Autriche triomphante (elle avait enfin donné un héritier à la France), le tout couronné par une Renommée. Les personnages apparaissaient en relief, sur fond architectural, appliqué sur une construction. Ces derniers sont actuellement visibles au musée du Louvre. Comment ont-ils échappé aux burins révolutionnaires ? Grâce à la décision de 1788 de supprimer les maisons sur les ponts parisiens. Le décor fut démonté et ranger dans un entrepôt.

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Les crues de 1651, 1658 et 1668 endommageront le pont qui sera réparé en 1740. Les maisons seront détruites entre 1769 et 1789 (voir les tableaux d’Hubert Robert conservés au musée Carnavalet à Paris). Le pont souffrira atrocement durant la Révolution. Lors de ses grands travaux, Haussmann fit percer le boulevard du Palais, aligné à la place du Châtelet, et construire un nouveau pont à la gloire de l’empereur (voir les deux plaques de marbre, disposées à chaque extrémité du pont : « Pont-au-Change, construit sous le règne de Napoléon III, 1858-1860 ». Les pierres du précédant pont au change furent réemployées dans la maçonnerie et le monogramme impérial encadré par une couronne de laurier orna chaque pile. Le pont, légèrement arrondi, se compose de trois arches en ellipse.

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