Mairie du 1er arrondissement

Histoire 

La loi du 16 juin 1859 découpait la ville de Paris en vingt arrondissements, au lieu des douze de 1793. Le découpage administratif né sous la Convention était si complexe, qu’il fut remanié en 1860 avec plus de logique : la numérotation des nouveaux arrondissements partirait de la Seine, dans le sens des aiguilles d’une montre (d’où la forme escargot). Le Premier était le centre de la spirale. Il regroupa les quartiers de l’ancien 4e (Louvre, rue Saint-Honoré, rue de la Banque, rue des Marchés), 2e (Butte des Moulins, Palais-Royal), 3e, 5e (rue Montmartre, Saint-Eustache, rue Montorgueil) et 1er (Tuileries). L’ancienne mairie du 1er se situant maintenant dans le 8e, l’arrondissement récupéra la mairie du 4e, située dans la rue du Chevalier du Guet. Hélas la création des rues de Rivoli et des Halles obligea à sa démolition.

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En 1851, la création de la place du Louvre, face à la colonnade Perrault, est déclarée d’utilité publique. Le baron Haussmann y souhaite une architecture homogène, inspirée des immeubles de la rue de Rivoli et de ses arcades. Face à la colonnade, il fallait un bâtiment pour faire pendant avec l’église Saint-Germain l’Auxerrois, tout en copiant sa silhouette et son décor. Haussmann écrivit à ce sujet : « Je cherchais, non sans peine, un agencement de la nouvelle place dans lequel Saint-Germain l’Auxerrois eut sa raison d’être. Je crus l’avoir trouvé dans la construction de la mairie suivant un alignement bien en sens inverse de celui de l’église ». L’architecte Jacques-Ignace Hittorff est chargé, le 12 avril 1855, de construire la mairie du Louvre.

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Il présenta sept projets, tous avec un porche, au préfet le 1er septembre 1855. Tout le vocabulaire architectural classique y est présent : colonnes, balustrades, frontons… Les travaux s’étalèrent de 1857 à 1860. Au porche bourguignon de l’église répondit un porche de cinq arcades irrégulières, flanquées de colonnes ioniques cannelées, surmonté d’une balustrade de pierre à motifs de rinceaux. Au premier étage s’ouvre une grande rosace flamboyante très élaborée, inscrite dans une arcade en plein cintre, encadrée de deux avant-corps quadrangulaires en forme de tourelles dont les niches abritent les figures de la Justice d’Aimé Millet (à gauche) et de la Bienfaisance de Travaux (à droite). Le dernier étage forme un pignon percé de trois fenêtres surmontées d’une petite rosace trilobée. Au faîte du pignon, la Loi de Gustave Crauk, assurant la symétrie avec saint Michel, l’archange du Jugement dernier, qui termine de frontispice de l’église. A ces trois allégories s’ajoutent des armes impériales, des monogrammes de Napoléon III, ainsi que des emblèmes municipaux.

La cour polygonale

L’architecte organisa les divers services administratifs de la mairie autour d’une cour polygonale, dont les façades sont percées de nombreuses fenêtres, éclairant les pièces grâce à ce puit de lumière. Les baies sont encadrées de pilastres, de corniches et de frontons, leur donnant des allures d’hôtel particulier. Le vestibule d’entrée profite de l’éclairage naturel de la cour, du porche et des portes en claire-voie. Le tout orné de lanternes en fer forgé.

La salle des mariages

Il faut absolument visiter cette pièce. Située face à la colonnade du Louvre, prolongé par une terrasse dominant le porche, elle est éclairée par la rosace centrale. Au plafond, une voûte en plein cintre et à caissons géométriques. Au sein de pilastres corinthiens, une cheminée monumentale, encadrée par deux cariatides symbolisant les Travaux et les Devoirs du couple (œuvre du sculpteur Jean-Baptiste Klagmann) fait face à la rosace. Dans les tympans en demi-cercle, trois peintures d’Albert Besnard illustrant les âges de la vie : le Printemps (le Matin de la vie), l’Eté (le Milieu de la vie) et l’Hiver (le Soir de la vie). Petit bémol, la décoration de la salle fut effectuée 23 ans après la construction de la mairie, en 1881. La commande fut passée en 1886 et les peintures mises en place en mai 1887.

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Le beffroi

Entre la mairie et l’église se dresse un beffroi de style gothique flamboyant, élevé entre 1858-1862, par l’architecte Théodore Ballu, dans le style de ceux du nord de la France. Pris souvent par erreur pour le clocher de l’église. Haut de 38m, il se compose de quatre étages inégaux. La base carrée est percée d’un portail à voussures ornées de rinceaux, surmontée d’une arcature infléchie encadrée de deux pinacles en ronde-bosse. Le premier étage est percé de deux fenêtres en ogive qui enchâssent une niche abritant l’effigie de saint Germain, évêque d’Auxerre. Les vitraux sont l’œuvre d’Eugène Stanislas Oudinot, Le Mauvais riche et la Résurrection de Lazare. A ce niveau la statuaire est abondante : saint Landry, saint Denis, le roi Childebert, Clovis, Pépin le Bref, Philippe Auguste, Saint-Louis, Hugues Capet, Charlemagne, Dagobert.

Au second étage, trois cadrans sont disposés : une horloge au cadran d’émail bleu à lettres d’or, un baromètre et un thermomètre. Quant au dernier étage, il s’inscrit dans un plan octogonal et est percé de hautes fenêtres formant abat-son. Une tourelle placée contre la façade arrière, permet d’atteindre le 3e étage via un escalier à vis, et de poursuivre sa progression vers la plate-forme à balustrade par des escaliers en bois et en métal. Le beffroi est décoré de gargouilles, de pilastres avec arcs-boutants (3e étage), de baies ogivales à meneaux. Il est relié à la mairie et à l’église par deux pans de murs percés chacun d’une grande porte ogivale. Le beffroi-campanile possède un carillon parmi les plus complets et les plus parfaits de France. Il compte 38 cloches (trois gammes chromatiques). Installé en 1884, il fonctionna jusqu’en 1975. Date à laquelle il dut être entièrement restauré. Depuis il se fait entendre à heures régulières et, chaque mercredi, à 14h30, le carillonneur Renaud Gagneux réalise un concert attirant les promeneurs.

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