Le square du Vert-Galant

Le square du Vert-Galant se situe à la pointe ouest de l’île de la Cité. Il a conservé son niveau originel, soit sept mètres plus bas que le niveau actuel des autres parties de l’île ; raison pour laquelle le square se retrouve inondé, voire submergé, lors des crues de la Seine.

4931738_6_015f_le-square-du-vert-galant-sur-l-ile-de-la_0c6befffed14cbd675aaf49e27acbdb1

Cette partie de l’île de la Cité fut créée par la réunion de plusieurs îlots tels l’île aux Juifs et l’île au Patriarche. En 1662, afin de magnifier la statue équestre d’Henri IV, grand-père de Louis XIV, Colbert voulut édifier à la pointe de l’île une sorte de forum à l’antique. S’accompagnant à l’ouest d’une loggia surmontée de deux obélisques. Les statues des grands capitaines se seraient dressées sur la balustrade. Derrière la statue équestre, un bassin devait être creusé pour y accueillir une statue de Jeanne d’Arc. Le projet, conçu par l’architecte Nicolas de l’Espine, ne vit jamais le jour.

1458657521825

Cette vaste étendue (2 665 m²) était réservée aux bains vers 1765. En 1804, un nouveau projet naquit. L’architecte Guy de Gisors se proposa de fonder des thermes, à l’emplacement des anciens bains, et de leur donner le nom de Thermes Napoléon 1er. Le bâtiment à quatre étages d’arcades, bordé de deux ailes en retour d’équerre, s’ouvrait sur une fontaine. 176 cabines de bain devaient y prendre place. Un escalier à double révolution devait permettre aux baigneurs d’accéder à un grand bassin de plein air.

1280px-pont-neuf_projet_1804-gisors

L’empereur ne fut pas convaincu par le projet et lança un concours, en 1810, pour l’édification d’un obélisque en granit de Cherbourg de 180 pieds de hauteur. Sur le terre-plein pas d’obélisque mais un café-concert qui s’y installa dès 1865, mais il fut détruit par une inondation en 1879.

square_du_vert-galant_002

Un square prend sa place et fut baptisé Vert-Galant en référence aux nombreuses maîtresses dont jouissait Henri IV, en dépit de son âge avancé. L’inauguration de l’exposition universelle de Montréal, en avril 1967, donna lieu à une cérémonie, organisée par la Ville de Paris à Vert-Galant. Y étaient présents l’ambassadeur du Canada, Jules Léger, un représentant de la délégation générale du Québec à Paris, Jean Chapdelaine, Jean Lortie, représentant le maire de Montréal absent, et Jean Vinant, le publicitaire de l’exposition. Un bateau, le Saint-Laurent, s’arrima à la pointe de l’île, afin de livrer sa précieuse cargaison : une pierre en provenance de l’île de Sainte-Hélène (Montréal), escortée par le préfet de Paris. 30 000 spectateurs auraient assisté à cet événement.

cimg5737

De nos jours, le promeneur peut y contempler le panorama offert sur les 37 ponts parisiens, voire s’y détendre parmi la faune et la flore du parc. Le square abrite de nombreuses espèces arboricoles : marronniers, ifs, noyers noirs, érables négundo, pommiers à fleurs, saules pleureurs, oliviers de Bohème, robiniers, arbres à perruque… Si vous êtes plutôt intéressé par l’ornithologie, avec un peu de patience, vous pourrez voir des cygnes tuberculés, des bergeronnettes, des chevaliers guignette, des grèbes castagneux, des foulques macroules au front blanc ou des goélands argentés. En 2007, le square Vert-Galant a obtenu le label « espaces verts écologiques » décerné par ECOCERT.

dauphine06

L’île aux Juifs, nommée également l’île aux Treilles ou l’île aux Vaches, fut la scène d’un théâtre tragique. Durant le Moyen-Age, de nombreux autodafés d’Israélites y furent célébrés, donnant à l’île son nom. Sa situation géographique permettait aux spectateurs d’admirer les bûchers depuis les deux rives de la Seine, sans pour autant y accéder. Après les Juifs, ce sont les templiers qui embrasent l’île. Le 11 ou 18 mars 1314, (les historiens s’opposent encore) quatre bûchers sont dressés sur la pointe de l’île. Y brûlent Jacques de Molay, grand maître de l’ordre du Temple, Geoffroy de Charnay, maître de Normandie, et deux autres chevaliers. Philippe le Bel et le pape Clément assiste au supplice. Accusés d’idolâtrie, de sodomie, de simonie et d’hérésie, les templiers sont condamnés à l’issue d’un long procès intenté par le roi pour se débarrasser de l’Ordre et mettre la main sur sa fortune. Molay interpelle la foule : « Nous sommes innocents. Je n’ai avoué que pour suspendre les tortures. Pape Clément ! Roi Philippe ! Avant un an, je vous cite à comparaitre au tribunal de Dieu ». Le pape décède le mois suivant ; le roi en novembre. Quelques mois plus tard, trois femmes y brûlèrent à leur tour, accusées d’avoir complotées avec l’évêque de Chalon, Pierre de Latilly, pour empoisonner le roi de France, Philippe le Bel. Une plaque commémorative rappelle ces événements.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s