La fontaine des Innocents

La fontaine des Innocents, nommée dans un premier temps fontaine des Nymphes, se situe place Joachim du Bellay. De style Renaissance, elle a connu diverses modifications et fut classée aux Monuments historiques en 1862.

La fontaine d’angle

Philippe-Auguste fit établir une fontaine, au centre du cimetière des Innocents, afin de dispenser de l’eau aux habitants du quartier des Halles. Vétuste, elle fut reconstruite entre 1547 et 1549, sous le règne d’Henri II, par l’architecte Pierre Lescot. La décoration fut confiée au sculpteur Jean Goujon et devait célébrer l’entrée du roi dans Paris. Ornée de figures et de cinq naïades en bas-relief, la fontaine se dressait à l’angle de la rue Saint-Denis et de la rue aux Fers (l’actuelle rue Berger), contre l’église des Saints-Innocents. De forme rectangulaire, elle comprenait trois arcades formant des loggias. Lors des grandes entrées royales, ces loggias servaient d’observatoire. Sur chaque pilier, entre deux pilastres corinthiens cannelés, était sculptée une nymphe porteuse d’une urne d’où l’eau semblait s’écouler en abondance. En réalité, l’eau provenait de simples robinets, placés en aplomb des arcades, laissant couler un mince filet d’eau. Chaque arcade était coiffée d’une frise et d’un attique à fronton triangulaire.

Le tétrapyle

L’église et le cimetière sont détruits en 1786 et les ossements sont transportés aux Catacombes (place Denfert-Rochereau). Privée de son mur d’appui, la fontaine faillit bien disparaître. Elle est démontée et déplacée d’une quarantaine de mètres pour ornée le centre du nouveau marché des Innocents. Son démontage est confié à l’ingénieur Six, pendant que les architectes Poyet, Legrand et Molinos conçoivent les plans pour sa réédification. Ils décident de lui donner une forme carrée, nécessitant la construction d’une quatrième face. Ce travail est confié au sculpteur Augustin Pajou en 1788, qui par bonheur, imite le style de son prédécesseur. Il sculpte donc trois naïades pour compléter les cinq de Goujon : les deux de la face méridionale et celle de gauche de l’occidentale. Les autres ornements sont confiés à Lhuillier, Mézières et Danjou. Quatre lions sont disposés à chaque angle. Le soubassement d’origine est remplacé par une suite de bassins superposés, destinés à recueillir l’eau jaillissant d’une vasque en bronze placée au centre du pavillon. Les trois bas-reliefs décorant le soubassement, menacés de rapide détérioration par l’écoulement de l’eau, sont démontés et déposés au musée du Louvre. La fontaine est coiffée d’une petite coupole constituée de feuilles de métal imitant les écailles d’un poisson.

le square

Lors de la démolition du marché en 1858, la fontaine est déplacée de quelques mètres pour prendre place au centre du nouveau jardin public en 1860. La transformation est confiée à l’architecte Gabriel Davioud. La fontaine est surélevée par un soubassement de forme pyramidale, étagé de six vasques en demi-cercles, placées dans l’alignement des arcades. Le tout repose au milieu d’un bassin circulaire.

Les ornements sculptés

La décoration du soubassement originel était composée de trois bas-reliefs. Des nymphes couchées en compagnie de Tritons et de petits génies y sont sculptés entourés de créatures mythologiques. Ils sont visibles au musée du Louvre. Sur chaque de quatre faces, des pilastres jumelés d’ordre corinthien encadrent une arcade surmontée d’un attique et d’un fronton triangulaire. Les naïades au corps voilé s’insèrent entre les pilastres. Les attiques sont décorés de scènes mythologiques relatives aux sources et fontaines. Lors de la conception de la quatrième face, Pajou s’inspira de la statue de la Paix, sculptée par Goujon et visible au musée du Louvre.

L’élément qu’il faut retenir de la fontaine, ce sont les naïades de Jean Goujon qui apportèrent célébrité à leur concepteur. A travers les siècles, les connaisseurs admirèrent leur grâce, leur souplesse, leur fluidité. Il est évident que Jean Goujon s’inspira de la sculpture hellénistique dans le traitement des drapés. Les plis sont légers, transparents et mouillés afin de mettre les courbes féminines en valeur. L’eau ruisselant des urnes semblent s’être répandue sur leur tunique. Bien que placées dans des espaces réduits, ces femmes ne semblent en aucun cas écrasées ou étriquées. Elles jouent des épaules et des jambes.

pajou

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