La Bourse de commerce

Catherine de Médicis

A l’emplacement de l’actuelle Bourse de commerce se trouvait l’hôtel de Soissons ayant eu de nombreux propriétaires : saint Louis en 1232,  Charles de Valois en 1296, Jean le Bon, Amédée VI de Savoie en 1354, Charles Vi en 1388… En 1498, le roi Charles VIII y crée un couvent pour les « filles repentantes » dans une partie de l’hôtel, tandis que le reste du bâtiment est partagé entre le Connétable et le Chancelier du duc d’Orléans.

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Cabourse03therine de Médicis quitte précipitamment le palais des Tuileries (problème de prédiction funeste) et achète l’hôtel d’Albret situé juste à côté. Se sentant à l’étroit, elle acquiert aussi les maisons avoisinantes et le couvent des Filles repenties en 1572. Reste à aménager une résidence royale et un jardin d’agrément. Les travaux sont confiés à l’architecte Jean Bullant, qui y travailla jusqu’à sa mort en 1578. En raison de nombreuses dettes, est vendu à Catherine de Bourbon, sœur d’Henri IV, en 1601. Trois ans plus tard, l’hôtel est acheté par le comte de Soissons, Charles Bourbon, lui donnant son nom. Nouvelle série de succession : Anne de Montafé, Marie de France, Emmanuel-Philibert et Victor Amédée de Savoie (1718). Il transforme alors l’hôtel en tripot dans lequel on joue au pharaon et au lansquenet. Hélas, le propriétaire finit ruiné et vend la propriété en 1740 à la prévôté de Paris, qui détruit l’hôtel en 1748.

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La Halle aux blés 

Philippe Auguste récupère les terrains de l’ancien hôtel, jugés propices pour la construction d’une halle aux blés, car près de la Seine. Les frères Bernard et Charles Oblin fonde une compagnie en 1763, avec l’appui du contrôleur général, Jean Moreau de Séchelles et du prévôt des marchands, Pontcarré de Viarmes, en dépit des objections du Parlement de Paris. Ils veulent construire une vaste halle, ouverte sur l’extérieur, ceinte d’immeubles locatifs. Le projet est confié à l’architecte et théoricien Nicolas Le Camus de Mézières. Entre 1763 et 1767, il édifie un bâtiment de plan annulaire, mesurant 122 mètres de circonférence, percé de 25 arcades. Bien que la partie centrale restât à ciel ouvert, deux galeries concentriques, ouvertes sur l’extérieur par 24 arcades voûtées, offraient un abri aux marchandises.

Dans ces galeries s’installent la police, le contrôleur des poids et mesure, le local des statistiques. Au premier étage, on trouve de grands greniers à blé voûtés en briques, accessibles par des escaliers tournants dont un à double révolution (genre Chambord) afin d’éviter la rencontre entre les négociants, le personnel administratif et les portefaix.

Besoin d’une couverture

Un puits de lumière naturelle est très sympa, sauf pour les grains. Entre septembre 1782 et janvier 1783, la halle est couverte d’une charpente en bois, œuvre des architectes Jacques-Guillaume Legrand et Jacques Molinos, exécutée par le menuisier André-Jacob Roubo. La charpente se constituait d’arêtes de planches de sapin, séparées par des châssis vitrés, couvertes de cuivre étamé et de lames de plomb. Cette coupole, culminant à 38 mètres au-dessus du sol, était surmontée d’une lanterne de fer, elle-même coiffée d’une girouette et d’un paratonnerre. Détruite dans un incendie en 1802, la coupole est remplacée, entre 1806 et 1811, par une coupole en fer, conçue par l’architecte François-Joseph Bélanger et l’ingénieur François Brunet. La charpente d’un poids total de 220 tonnes supportait une couverture en feuilles de cuivre de 29 tonnes, remplacées par des vitres en 1838.

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La Bourse de Commerce

Le bâtiment est à nouveau ravagé par un incendie en 1854. Son activité ayant déclinée, la halle aux blés est fermée en 1873 et l’édifice attribué à la Chambre de commerce en 1885. Il est transformé en Bourse de commerce. L’architecte Henri Blondel est chargé des travaux. Il conserva la structure annulaire de l’édifice et l’armature métallique de la charpente. La coupole demeure mais sa partie centrale est fermée par de grandes vitres. Les arcades sont fermées et l’ensemble du bâtiment est recouvert de pierres.

De nombreux éléments décoratifs sont ajoutés tels la grande fresque du dôme représentant l’Histoire du Commerce entre les Cinq continents par Evariste-Vital Luminais (l’Amérique), Désiré François Laugée (la Russie et le Nord), Victor Georges Clairin (l’Asie et l’Afrique) et Hippolyte Lucas (l’Europe), ou les panneaux peints par Alexis-Joseph Mazerolle, illustrant de manière allégorique les quatre points cardinaux. L’entrée monumentale s’ouvre par un portique à fronton soutenu par quatre colonnes corinthiennes cannelées et surmonté des figures allégoriques de la Ville de Paris, du Commerce et de l’Abondance, œuvres du sculpteur Aristide Croisy. La Bourse est surmontée d’un grand couronnement représentant la Ville de Paris protégeant le Commerce et l’Industrie, sculpté par Onésime Coisy.

Le bâtiment est inauguré le 24 septembre 1889. En 1949, la Chambre de commerce acquiert la Bourse, auprès de la ville de Paris, pour un franc symbolique. Depuis 1986, la coupole et le décor sont classés aux Monuments historiques, et d’importants travaux de restauration eurent lieu en 1989. La quasi-totalité du bâtiment est aujourd’hui occupé par la Chambre de commerce et d’industrie de Paris.

Fondation Pinault

Le 27 avril 2016, l’homme d’affaire François Pinault et la maire de Paris, Anne Hidalgo, annoncent le départ de la CCI et l’installation d’une partie des collections d’art de l’industriel, gérées par la fondation Pinault. Le bâtiment de 4 000 m² sera reconverti en lieu d’exposition d’art contemporain, à l’image de celui déjà possédé par l’octogénaire à Venise. La municipalité va racheter l’édifice classé à la CCI (coût 63 millions d’euros). En échange, elle lui vend un immeuble dans le 10e arrondissement de Paris pour 35 millions d’euros. Un bail de 50 ans sera signé entre la ville de Paris et la fondation Pinault. Coût de l’opération : 15 millions d’euros pour le contrat et une redevance annuelle de 60 000 euros (variable selon la chiffre d’affaires). Contrepartie la fondation doit rénover la Bourse à ses frais (coût estimé 100 millions d’euros). Qui y gagne ? Les amateurs d’art bien sûr. Si vous faites le calcul il faudra 217 ans à la mairie de Paris pour rentrer dans ses frais, qui s’en sort bien en payant pas les travaux. La fin des travaux est prévue pour 2018. Les architectes retenus sont Tadao Ando, Pierre-Antoine Gatier (architecte en chef des Monuments historiques), Lucie Niney, Thibault Marca et le groupe Setec (volet technique).

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