La galerie Vero-Dodat

La galerie Véro-Dodat est un passage couvert situé entre la rue Jean-Jacques Rousseau et la rue du Bouloi. La réalisation de ce passage est caractéristique des opérations immobilières spéculatives de la Restauration. Il fait l’objet d’une inscription au titre des Monuments historiques depuis le 9 juin 1965.

34942637Histoire

Dreux d’Aubray fit construire à l’emplacement actuel du passage, son hôtel Quatremer. Conseiller du roi, lieutenant civil de Paris, prévôt et vicomte sous la régence d’Anne d’Autriche, Dreux d’Aubray est empoisonné en 1666 (ainsi que ses deux fils en 1670) par sa fille, la célèbre marquise de Brinvilliers. L’hôtel est vendu en 1671 au trésorier Jean Dalliez qui le revend à son tour en 1675 au secrétaire du roi Antoine Pélissier. Après la mort de celui-ci en 1696, il entre en possession de la femme du trafiquant Paul Poisson. Il changea plusieurs fois de propriétaires : Piager de La Brosse en 1709, son petit-fils le marquis de Vérac en 1750, le fermier général du Haudry en 1755, le notaire de Quatremer en 1774 et sa fille en 1880. Le charcutier Benoît Véro, installé rue Montesquieu, achète l’hôtel en 1823. Il le fait raser et fait édifié avec son associé Dodat, charcutier rue du faubourg Saint-Denis, le passage actuel en 1826, reliant le Palais-Royal et les Halles. Il offrait un raccourci entre ces deux lieux très fréquentés et devint rapidement un lieu prisé du public. Raccourci qui perdit tout son sens lors du percement de la rue du Colonel Driant en 1915. De style néoclassique, la galerie doit sa fréquentation en partie à la présence des Messageries Laffitte et Gaillard, situées à l’entrée du passage rue Jean-Jacques Rousseau.

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Les voyageurs attendant la diligence pouvaient ainsi flâner dans les boutiques à la mode. Parmi elles, la boutique de monsieur Bontoux, traiteur parisien, dont la renommée se fit dans le passage grâce à la beauté de sa caissière. Le marchand d’estampes Aubert, éditeur du Charivari et de La Caricature, s’y installa et y exposa les plus célèbres caricatures de l’époque. Les dessins de Daumier, Gavarni, Cham ou Grandville attiraient les curieux, surtout pendant les premiers moments du gouvernement de 1830. A l’entrée de la galerie se trouvait le Café de l’Epoque, fréquenté jusqu’en 1855 par le poète Gérard de Nerval. La jeune tragédienne Rachel, maîtresse d’Alfred de Musset, y occupa un appartement au 2e étage, de 1836 à 1842 (n°23). Le percement de la rue du Louvre en 1854 et la disparition des Messageries en 1880 (due à l’apparition du chemin de fer puis de l’automobile) entrainent le déclin de la galerie. L’imprimeur Aubert disparut et fut remplacé par un marchand de malle. Boudée du public, elle fut entièrement restaurée en 1997. 34942945Aujourd’hui, elle abrite des antiquaires, des boutiques de décoration ou d’ameublement, des galeries d’art contemporain, des éditeurs, une lutherie, un restaurant. A voir le restaurant Le Véro-Dodat (n°19) qui propose une cuisine d’excellente qualité, la boutique de poupées anciennes de Robert Capia (n°23), la brasserie (n°35) ou l’atelier de Christian Louboutin (n°36).

Galerie

La galerie mesure 80 mètres de long pour 4 mètres de large. Le passage est aménagé de façon à donner une illusion de profondeur, par la trame diagonale du carrelage au sol en marbre noir et blanc, la faible hauteur du plafond orné de paysages là où il n’est pas vitré, et par l’alignement des boutiques.

Les deux entrées, fermées par des grilles, sont marquées par un portail en plein cintre, encadré de deux pilastres ioniques, surmonté d’un balcon en fonte ouvragée. Le nom de la galerie est inscrit en lettres de fer (autrefois dorées), comme sur l’autre entrée.

La façade de la rue du Bouloi est décorée de deux statues dans des niches, représentant Mercure avec son casque ailé et son caducée, le dieu des commerçants, et la copie du Satyre au repos de Praxitèle. Les matériaux choisis donnent une impression de luxe au lieu : cuivre pour les menuiseries des boutiques, dans un dessin assez proche de celui des boutiques du Palais Royal, bois imitant l’acajou pour leur devanture, colonnettes peintes en faux onyx…

Des reliefs en fonte représentent des lyres, des génies ou des miroirs. Des globes de cristal alimentées en gaz éclairaient autrefois le passage ; les survivants sont aujourd’hui alimentés à l’électricité. Cette galerie fut l’une des premiers endroits de la capitale éclairé au gaz. A l’étage, une frise de palmettes et de caducées décore le haut des murs. Au plafond, des trompe-l’œil colorés en toiles marouflées sont entourées de gros cordons de feuilles et de fruits de laurier peints en blanc, liés de rubans dorés et piqués de rosaces également dorées. Y sont représentés Mercure, Minerve, Cérès et Apollon. Dans d’autres, des enfants jouant de la mandoline ou de la flûte de pan, peignant ou étudiant la géographie sur un globe terrestre.

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