La rue du Jour

La rue du Jour suit le tracé de l’ancien chemin de ronde intérieur de l’enceinte de Philippe-Auguste. Cette partie de l’enceinte fut détruite entre 1529 et 1535. Entre 1250 et 1260, la rue se nommait rue Raoul Roissole, puis devint un siècle plus tard, la rue Jean le Mire. Sous Charles V, elle fut rebaptisée rue du Séjour en raison de la présence des bâtiments royaux nommés le séjour du roi (au n°25). Elle se nomme rue du Jour depuis le XVIIe siècle.

Au n°2 se trouve l’église Saint-Eustache, sur laquelle je reviendrai dans une autre publication.

Au n°3 vécut le peintre Henry Coeylas en 1885.

Au n°4 se trouvait l’hôtel de Royaumont. En 1316, l’abbaye de Royaumont acquit une maison située au 4 rue du Jour. En 1612, l’abbé de Royaumont, Philippe Hurault de Cheverny fit raser la bâtisse et construire un hôtel majestueux, détruit à son tour en 1950. Demeurent les caves, les soubassements des murs et le porche d’entrée. Dans la seconde moitié du XXe siècle, un nouvel hôtel se dresse à sa place, imitant l’architecture de son prédécesseur et intégrant les quelques vestiges. Bien que prévu pour héberger les abbés de l’abbaye, l’hôtel fut loué en 1625 par l’abbé François de Sourdis au comte François de Montmonrency-Bouteille. Duelliste qui y mourut le 22 juin 1627 pour avoir enfreint les édits sur le duel. Il devint un cabinet littéraire avant d’être vendu comme bien national sous la Révolution.

L’hôtel de La Porte (25-27) a été édifié au XVIe siècle sur une partie de l’emplacement qu’occupait depuis 1370 le « séjour du roi », pied-à-terre champêtre de Charles VI, dont la déformation explique sans doute le nom de la rue. Vers 1641-1642, l’hôtel est acheté par Antoine de la Porte, échevin de Paris, marchand de poissons frais, sec et salé. Il fit entièrement reconstruire l’hôtel qui appartenait alors à un ensemble donnant d’une part sur la rue du Jour, de l’autre sur la rue Montmartre. Les éléments de décor affirment la richesse de ce bourgeois gentilhomme. Sans faire partie des plus grands hôtels de son époque, il se distingue par un parti-pris de décoration très soigné y compris sur la cour, avec ses baies moulurées, ses corniches raffinées et son superbe fronton où des guirlandes de fleurs de chêne et d’acanthes s’enroulent autour d’un écusson. La porte Renaissance, ornée de rinceaux est surmontée d’un fronton à l’italienne. L’imposte est munie de riches éléments de ferronnerie où l’on peut encore voir les initiales ADP. Deux consoles portant des têtes sculptées encadrent l’entrée. Cette porte donne accès à un escalier ovale à rampe faite d’entrelacs de pierre puis de balustrades de bois carrées. Le plafond était décoré d’un médaillon central représentant une femme et des enfants. Les portes sont surmontées de cartouches ornés d’enfants. Au XVIIIe siècle, l’hôtel entre en possession de la famille Anjorant, puis servit de presbytère à l’église Saint-Eustache. En 1983, la CARPA (Caisse Autonome des Règlements Pécuniaires des Avocats) rachète l’immeuble en piteux état et charge l’architecte Jean-Jacques Fernier de le restaurer. Aujourd’hui l’hôtel abrite le musée du Barreau de Paris.

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