La fontaine de la Croix-du-Trahoir

Histoire

Si ce carrefour peut paraître insignifiant aujourd’hui, il connut de nombreux événements. Il était même au Moyen Age, un lieu très fréquenté. Sur l’ancienne place du Trahoir (déformation de tiroir) étaient tirées les étoffes. Le 21 janvier 1535, des luthériens y furent brûlés vifs. En 1639, une station de chaise à porteurs y est créée. Le 26 août 1648, Pierre Broussel, surnommé le « père du peuple » y est arrêté. En 1698, des faux-monnayeurs, dont l’atelier se situait à proximité, furent exécutés. Jusqu’en 1739, la place disposait d’une roue de supplice et d’une potence. Une croix se dressait au centre afin de recueillir les dernières prières des condamnés ; elle fut démontée en 1789. Son soubassement à degrés en pierre servit par la suite d’étal aux bouchers et aux maraîchers.

Le bâtiment

La première fontaine fut construite par Jean Goujon, en 1529, sous les ordres de François 1er, et décorée par Jean Goujon. Elle servait de socle à la croix du Trahoir. Elle dut être reconstruite en 1606, puis déplacée de quelques mètres en 1634 afin de faciliter la circulation dans la rue saint-Honoré. En 1775, Jacques Germain Soufflot est chargé de la rebâtir, à l’occasion de l’avènement au trône de Louis XVI. La fontaine forme un petit édifice qui rappelle la construction bâtie au-dessus du réservoir où prenaient place les magistrats venus assister aux exécutions. Le réservoir était destiné à recueillir les eaux de l’aqueduc d’Arcueil. Située à l’angle des rues Saint-Honoré et de l’Arbre-Sec, la maison, haute de deux étages, présente un attique très bas couronné par une galerie soutenue par des consoles à têtes marines et surmonté d’une balustrade de pierre. Le rez-de-chaussée est décoré de refends, terminé par une plinthe sur laquelle s’élèvent des pilastres ornés de motifs de congélations, souvent employé dans l’ornementation des fontaines, et ornés de chapiteaux à coquille.

Dans la rue Saint-Honoré, le promeneur peut voir le bas-relief d’une nymphe entourée de roseaux faisant couler des flots de pierre, œuvre de Boizot. Ce bâtiment faisait office autrefois de répartiteur d’eau pour les services du Palais-Royal et des hôtels des ministres. Il était alimenté par la pompe de la Samaritaine, située sur le Pont-Neuf. Jusqu’au milieu du XIXe siècle, la maison était occupée par des fontainiers ; en 1966, elle devient le consulat d’Andorre. Déserté entre 1995 et 2002, l’édifice est repris par un groupe d’artistes, le Laboratoire de la création. Au rez-de-chaussée est aménagée une galerie d’art, ouverte au public, au sous-sol, un studio de musique, et dans les étages, quatre ateliers de plasticiens et de cinéastes. La fontaine est inscrite au titre des Monuments historiques depuis le 2 février 1925.

La fontaine

La fontaine est inscrite dans une niche plate, rue de l’Arbre-Sec, portant les armes royales de France. L’eau jaillit d’une tête de lion, passant par-dessus une serviette roulée sculptée en bas-relief, tombe dans une large coquille de pierre. Une plaque de pierre porte l’inscription suivante : LUDOVICUS XVI ANNO PRIMO REGNI UTILITATI PUBLICAE CONSULENS CASTELLUM AQUARUM ARCUS JULI VETUSTATE COLLAPSUM FUDAMENTIS REAEDIFICARI ET MELIORE CULTU ORNARI JUSSIT. CAROL. CLAUD. D’ANGIVILLER. COM REGIS AEDIFICIIS PROEP (traduction : Louis XVI, la première année de son règne, ordonne pour le bien public que le château d’eau de l’arc de Julien, vétuste et en mauvais état, soit complètement réédifié avec plus d’élégance par Charles Claude d’Angivillier, surintendant des Bâtiments du Roi).

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