La rue de Richelieu

La rue de Richelieu, longue de 127 mètres, s’étend sur le 1er et le 2e arrondissement. Elle doit son nom au cardinal de Richelieu, premier ministre du roi Louis XIII.

Histoire

Le 23 novembre 1633, un arrêt royal ordonne l’ouverture d’une nouvelle rue menant vers la Porte Richelieu, construite à l’emplacement d’une partie de l’enceinte de Charles V rasée. Elle prend alors le nom de rue Royale. Entre 1668 et 1705, l’enceinte de Louis XIII, dite l’enceinte des Fossés jaunes, est rasée. Les remparts sont déplacés vers le nord, sous la forme d’un large boulevard de terre bordé d’ormes (les actuels grands boulevards). La Porte Richelieu est détruite à son tour en 1701, et le 18 octobre 1704, la rue Royale, devenue rue Richelieu, est prolongée. Sous la révolution, elle devient la rue de la Loi. Depuis 1806, elle a retrouvé son appellation rue de Richelieu.

Immobilier

La Comédie-Française donnant sur la place Colette. Je vous invite à lire l’article annexe pour plus de détails.

Au n°8 se situait l’ancienne boutique de Fauré Le Page, célèbre arquebusier parisien qui distribua des armes à la foule lors de la Révolution de 1830. Quant aux étages, ils furent occupés par le Royal Palace Hotel dès 1909. Aujourd’hui l’hôtel est exploité par la chaîne hôtelière Citadines.

4 (Large) (Custom)Les numéro 15 et 17 étaient occupés par un immeuble où vécut Jules Grévy. Dans la cour du 15 le touriste peut voir un cadran solaire orné d’une frise. Depuis 2015, la façade du 17 fait l’objet de profonds travaux de rénovation, selon le procédé du façadisme, en vue de l’ouverture d’une boutique-hôtel et d’un centre d’art en 2016.

L’ancien Hôtel Dodun du 21 est aujourd’hui transformé en logements sociaux. Voir article annexe.

Le 26 s’ouvre sur le Passage Potier donnant accès à la rue de Montpensier. Il s’agit de la plus ancienne maison de ce côté de la rue. Son rez-de-chaussée fut occupé, en 1767, par le glacier italien Garchi, dont ce fut le premier établissement parisien. Royaliste, il avait là une clientèle d’anciens aristocrates qui aimaient à se retrouver dans une « salle nue, sans draperies, sans peintures, sans bas-reliefs, mais élégante et haute, ornée de grandes glaces encastrées dans des panneaux de bois orangé d’un beau vernis avec des chambranles bleu céleste, éclairée par des lampes de cristal de roche ». Le 15 janvier 1798, des contre-royalistes envahissent le café, brisant les glaces et les lustres, assommant le marquis de Rochechouart et blessant un colonel, aide de camp du général Augereau, ce qui motiva le lendemain une interpellation au Conseil des Cent-Cents. Garchi quitta alors cet établissement pour le 108 de la même rue au coin du boulevard, où il installa le célèbre établissement Frascati.

Aux 28 et 28bis se trouvait l’ancien Hôtel meublé de Londres. Cette très belle façade construite vers 1835-1840, avec son décor mudéjar fouillé d’arabesques et ses arcs polylobés, fait figure d’exception en ces années où la mode orientaliste ne fait que débuter à Paris, et qu’elle ne s’intéresse encore que très peu à l’immeuble de rapport. Alimentés par les dessins d’ornemanistes, ces décors, destinés à l’origine à des matériaux plus souples, le plâtre ou le bois, ne se laissaient que difficilement transposer dans la pierre parisienne. La façade et les balcons sont classés aux Monuments historiques depuis 1975.

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Au 31 siégeait la Ligue nationale contre l’athéisme à la fin du XIXe siècle. Tandis qu’au 32 se dresse un hôtel particulier de quatre étages construit sous Louis XIV. Postérieurement, deux étages sous combles sont ajoutés. Des sociétaires de la Comédie-Française y furent logés aux XXe et XXIe siècles.

L’entrepreneur du roi, Michel Villedo, s’intéressa dès 1649 à l’arasement des buttes Saint-Roch et des Moulins. Après avoir acquis les deux buttes vers 1660, il les aplanit, puis lotit ce terrain sur lequel il éleva des maisons entre 1660 et 1670. L’hôtel du n°39 tient son nom de Jacques Bazin, comte de Bezons, maréchal de France sous Louis XIV, qui pourtant jamais ne l’habita, et fut reconstruit au XVIIIe siècle. Le 31 juillet 1784, Diderot vint y mourir 12 jours après son installation ; il fut inhumé à Saint-Roch en dépit de l’opposition du curé. En 1868, le serrurier d’art Eugène Bricard, acheta l’ancien hôtel de Bezons. Il aménagea la cour intérieure pour ses magasins, mais garda intacts les luxueux salons où ses descendants installèrent un véritable musée de la serrurerie d’art ancienne et moderne.

Pendant douze ans, le dramaturge Molière habita quatre demeures successives dans le quartier, avant de s’établir au n°40, le 26 juillet 1672. Il y décéda peu de temps après, le 17 février 1673, après avoir joué le Malade imaginaire. L’édifice a été reconstruit en 1767-1769 par l’architecte Perrard de Montreuil.

43_rue_de_richelieuAu 43 est mort le réformateur de l’artillerie française Jean-Baptiste de Gribeauval en 1789.

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Au 47 se trouvait un restaurant réservé aux Dames vers 1900.

L’immeuble du 50 fut édifié en 1738 par Jacques Hardouin-Mansart de Sagonne pour sa mère, Louise madeleine de la Motte. C’est ici que grandit Antoinette Poisson, la future Madame de Pompadour.

1341507242-TP-1079L’immeuble d’angle du 56 est le dernier de ceux construits sur le domaine du cardinal de Richelieu, vers 1655-1660. Du XIXe aux années 1970, il abrita un hôtel.

 

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