Statue de Jeanne d’Arc

Commandée par le gouvernement français de la IIIe République, au lendemain de la défaite de la guerre franco-prussienne de 1870, le monument à Jeanne d’Arc était destiné à redonner confiance à la nation humiliée. La statue, commandée à Emmanuel Frémiet, prenant pour modèle Aimée Girod, une jeune Lorraine de 18 ans, fut dressée sur la place des Pyramides en 1874, à l’emplacement où la jeune femme aurait été blessée lors de sa tentative ratée de prise de Paris. Le piédestal fut dessiné par l’architecte Paul Abadie ; la grille protectrice est une création de Gabriel Davioud. Cette statue en bronze doré provient de la fonderie Thiébaut Frères. A l’origine, cette effigie de la Pucelle d’Orléans fut pour chacun le symbole de la reconquête. Jeanne d’Arc, tête nue, portant une armure, chevauche un puissant cheval caparaçonné, tout en brandissant son étendard de la main droite.

1er jeanne

En 1889, Frémiet exécuta une autre version de cette statue pour la ville de Nancy (aujourd’hui sur la place Lafayette). Des critiques étant parvenues aux oreilles de l’artiste, celui-ci réduit la taille de l’animal, ajoute un chanfrein pour dissimuler sa tête et fait disparaitre le harnais autour de sa croupe. Dix ans plus tard, des réparations sur la place des Pyramides occasionnent le transfert temporaire du monument. Le sculpteur en profite pour remplacer le cheval de Paris par une copie de celui de Nancy, à l’insu de tous, et le recouvre d’une patine dorée pour camoufler l’échange. Ce geste lui vaudra de vives critiques de la part de ceux qui jugent qu’un artiste n’a pas le droit de modifier son œuvre une fois qu’elle est entrée dans le domaine public.

La nouvelle version de Jeanne d’Arc est pourtant reproduite en de nombreux exemplaires ; on la retrouve à Lille, Compiègne, la Nouvelle-Orléans, Philadelphie, Portland et Melbourne. A partir du XXe siècle, les partis traditionnalistes et les royalistes font de la place des Pyramides et de la statue un lieu de pèlerinage. En 1907 et 1908, la Ligue de la Rose-Blanche d’Achille Joinard vint y déposer des gerbes de roses blanches et de lys devant la statue. Cette tradition des ligues d’extrême-droite perdura, puisque le monument est devenu le lieu de rendez-vous du Front national chaque 1er mai.

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