Hôtel de Saint-Florentin

L’Hôtel de Saint-Florentin est un hôtel particulier situé au n°2 de la rue Saint-Florentin, près de la place de la Concorde. Il est également appelé l’hôtel de La Vrillière ou l’Hôtel de Talleyrand.

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Lorsqu’il dessina le plan d’ensemble de la place Louis XV (actuelle place de la Concorde), l’architecte Jacques-Ange Gabriel imagina d’édifier deux hôtels symétriques de chaque côté des deux vastes bâtiments à colonnades encadrant la rue Royale.

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Louis Phélypeaux, duc de la Vrillère, comte de Saint-Florentin, secrétaire d’Etat à la Maison du roi, acheta un terrain sur la future place au financier Samuel Bernard. Il confia la construction de son hôtel en 1767 à Jean-François Chalgrin ; l’architecte dut se conformer aux plans de Gabriel pour établir la façade sur la rue de Rivoli. Les travaux sont achevés en 1769.

Plaque_Talleyrand,_Hôtel_de_Saint-Florentin,_Paris_1A la mort du comte de Saint-Florentin, l’hôtel entra en possession du duc de Fitz James, puis en 1787 de la duchesse del Infantado. En 1793, on établit la manutention de salpêtre dans l’hôtel. L’ouverture de la rue de Rivoli l’ampute de son jardin. En 1812, l’hôtel est acheté à Joseph de Hervas par Charles Maurice de Talleyrand-Périgord pour la somme de 500 000 francs (70 000 francs en numéraire, le reste en remboursement d’anciennes créances). Il s’installa à l’entresol, tandis que la duchesse de Dino opta pour le deuxième étage. Talleyrand reçut dans le salon de l’Aigle entre 1813 et jusqu’à sa mort en 1838, tout le Gotha de France et d’Europe. Entre 1814-1815, l’hôtel de Saint-Florentin, mis à la disposition du tsar Alexandre 1er de Russie, fut le témoin des négociations menées par Talleyrand pour le retour des Bourbons. Après la mort de son oncle, la duchesse de Dino vendit l’hôtel au baron James de Rothschild pour la somme de 1,2 millions de francs. Il loua l’entresol à la princesse de Lieyen, Dorothea von Benckendorff, qui en fit un lieu important de la politique diplomatique. A la demande d’Alphonse de Rothschild, les architectes Petit et Léon Ohnet apportèrent d’importantes modifications à l’hôtel, entre 1860 et 1870. Par exemple, ils construisirent l’aile sur la rue du Mont-Thabor. Les boiseries sculptées par Métivier et Feuillet, pour le pavillon de Mme du Barry à Louveciennes, sont remontées dans l’hôtel par Claude Nicolas Ledoux. En 1940, l’État-major de la marine allemande fit relier l’hôtel aux bâtiments du ministère de la marine de l’autre côté de la rue Saint-Florentin par une passerelle au premier étage, surnommée le « pont des soupirs » en raison du passage de prisonniers. Après la Seconde Guerre mondiale, l’hôtel est acheté par l’ambassade des Etats-Unis qui y installa en 1949 le Georges C. Marshall Center destiné à gérer le plan Marshall pour la reconstruction de l’Europe. Les Etats-Unis finirent par acheter l’hôtel aux Rothschild le 14 novembre 1950. Entre 1979 et 1984, il est restauré par l’architecte Hugh Newell Jacobsen, assisté des décorateurs Barroux et Robert Carlhian. Les pièces de l’hôtel retrouvent leur utilisation d’origine. Ainsi l’étage noble de l’aile sud, baptisée aile Marshall en mémoire du général, présente une enfilade de pièces : antichambre, salle à manger, salle du dais, un grand cabinet, un arrière-cabinet et une chambre de parade. L’ambassade des Etats-Unis occupa les lieux jusqu’au printemps 2007. En septembre 2008, le cabinet d’avocats Jones Day se portait acquéreur de l’hôtel de Saint-Florentin. L’aile Marshall et des pièces du 2e étage restent affectées aux services gouvernementaux américains.

Hôtel_Saint-Florentin_(ancien),_Hôtel_de_Talleyrand,_Consulat_des_Etats-Unis_-_Grande_façade,_à_droite_de_la_rue_Royale_-_Paris_-_Médiath

Assujetti par les exigences de Gabriel, la créativité de l’architecte Chalgrin s’exprime sur la façade de la rue de Saint-Florentin. La sculpture a été réalisée sur des dessins de Nicolas Coustou (des groupes d’enfants avec les attributs des Arts et des Sciences) et par Etienne-Pierre-Adrien Gois (le couronnement de la porte de l’hôtel et les statues dans les niches de la cour). Le portail sur rue, légèrement en saillie, est encadré de colonnades à jour. Le tout forme trois parties distinctes. Au centre, une porte monumentale encadrée par deux colonnes toscanes et de chaque côté, un portique fermé de grilles sur un mur bas.

P1030437_Paris_Ier_rue_Saint-Florentin_n°2_Hôtel_de_Saint-Florentin_rwkDe chaque côté du portail, deux avant-corps s’élèvent dont le rez-de-chaussée et le premier étage forment un soubassement surmonté d’un entablement. Trois consoles soutiennent un balcon à balustrade de pierre. Au-dessus du deuxième étage, une corniche à modillons supporte une balustrade en pierre qui dissimule les combles. Dans la cour, les façades reprennent les mêmes principes, sauf que le soubassement est appareillé en bossage continu. A l’intérieur de l’hôtel, les murs de l’escalier d’honneur sont rythmés de niches et de pilastres ioniques. La coupole fut décorée par le peintre Simon Bethélemy ayant voulu célébrer les vertus du comte de Saint-Florentin : la Force, la Prudence et la Renommée portant à l’Immortalité le globe de la France. Les petits tendi décorant le dessus des portes du salon du premier étage sont également son œuvre.

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