Le couvent des Capucines

louise lorraineL’ordre des Clarisses capucines fut introduit en France par la reine Louise de Lorraine-Vaudémont, veuve d’Henri III. Elle projeta la construction d’un couvent à Bourges afin d’y être inhumée. A sa mort, le 29 janvier 1601, elle légua à son frère, Philippe-Emmanuel de Lorraine, duc de Mercœur, une somme de 60 000 livres pour le construire, mais celui-ci mourut en février 1602. Par lettres patentes du 8 juin 1602, Henri IV autorisa sa veuve, Marie de Luxembourg, à construire un couvent des Capucines. Celui-ci sera installé à Paris au lieu de Bourges. Par une bulle de septembre 1603, le pape Paul V accrédite la création du couvent sous le nom des Filles de la Passion. Marie de Luxembourg décida d’installer les religieuses dans l’une de ses propriétés, l’hôtel du Perron, situé dans le faubourg Saint-Honoré. Les travaux de construction commencèrent le 29 juin 1604 ; la chapelle est inaugurée en juin 1606. Leur règle était très austère : les religieuses devaient observer la pauvreté absolue, ne vivre que d’aumônes, marcher pieds nus excepté à la cuisine et au jardin, ne jamais manger de viande ; aussi est-ce le seul couvent de cet ordre qui fut fondé en France. Des années plus tard, Louis XIV jeta son dévolu sur leur terrain afin de construire une place royale, l’actuelle place Vendôme. Pour ce faire, il fit démolir le couvent et fit reconstruire un nouvel établissement à ses frais, un peu plus loin, au bout de la rue Neuve des petits champs qui prit alors le nom de rue des Capucines. Le monastère était, parait-il, d’une grande beauté et d’une commodité rare.

couvent capucines

Il s’étendait des rues Louis le Grand, Danielle Casanova, Capucines et du boulevard des Capucines. Le plan de la façade de l’église fut demandé au premier architecte du roi Jules Hardouin-Mansart (plan fourni le 6 avril 1686). Les travaux furent menés par François II d’Orbay. Le premier plan est changé pour tenir compte de la perspective avec la nouvelle place et surtout avec le portail du couvent des feuillants qui se trouvait en vis-à-vis, de l’autre côté de la place. La première pierre est posée le 9 juillet 1686. Les Capucines s’y installèrent le 2 juillet 1688 et la nouvelle église fut consacrée à saint Louis le 27 août 1689.

couvent capucines 2

Pour reconstruire le nouveau couvent, François Michel Le Tellier, marquis de Louvois, exige de l’entrepreneur Maurice II Gabriel de réutiliser les matériaux de l’ancien édifice. En 1720, le portail de l’église était déjà grandement dégradé ; quelle idée de fonder un couvent sur des moellons de plâtre ! Le portail est reconstruit entre 1721 et 1722 sur les plans de Sébastien Antoine Slodtz, agrémenté des sculptures de François-Antoine Vassé. Les travaux décevant l’architecte Jacques-François Blondel, le portail est restauré en 1755.

capucines couvent

L’église détenait les reliques de saint Ovide, martyr à Rome, rapportées par l’ambassadeur Charles de Créqui. L’exposition devint plus tard l’occasion de la grande foire populaire de saint-Ovide, qui se tenait place Vendôme. Ses chapelles étaient enrichies par les sépultures de familles illustres, telles celles des Créqui, des Le Tellier. La marquise de Pompadour acquit une partie du caveau des La Trémoille et s’y fit inhumer à côté de sa fille, ce qui fit dire à la princesse de Talmont que « les grands os des La Trémoille devaient être bien étonnés de sentir près d’eux les arêtes des Poisson ». Après la suppression des ordres réguliers par l’Assemblée constituante de 1789, les sœurs quittent le couvent le 14 juin 1790. Par le décret du 7 septembre 1792, le couvent devient l’hôtel des Monnaies où sont imprimés 50 milliards d’assignats et abrite aussi la section des Piques. L’église est utilisée par le physicien Etienne-Gaspard Robertson pour y présenter des spectacles de fantasmagorie à l’aide d’une lanterne magique appelée fantascope. Elle est louée également à un fabricant de papiers peints. La galerie de recueillement, longue de 167 m, abrite un éditeur de caricatures grivoises le Musée du rire. Sur les six arpents du jardin s’ouvre une foire permanente, avec des jeux de toutes espèces.

capucines theatre 04Dans les allées ombragées viennent s’ébattre une bande de bateleurs, d’écuyers de cirque, de dresseurs de chiens et d’entrepreneurs de spectacles. L’un d’eux fait débuter sur ses tréteaux une très jeune actrice, Virginie Déjazet. En 1800, le cirque anglais d’Antonio Franconi occupe les lieux et divertit les Parisiens avec ses spectacles équestres. Le couvent disparait en 1806 lors de la percée de la rue Napoléon, rebaptisée rue de la Paix en 1814. Complétée par les rues Daunou et Volney.

 

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