Théâtre des Bouffes Parisiens

En 1826, le prestidigitateur et ventriloque Louis Comte vint s’établir passage Choiseul où il fit construire sur les plans de Bruneton et Allard, une salle de spectacle, dont la façade donnait sur la rue Monsigny. L’inauguration du théâtre des Jeunes élèves eut lieu le 23 janvier 1827 et la vogue ne tarda pas à s’attacher à ce théâtre de jeunes acteurs où familles et écoles amenaient les enfants sages. En 1846, un décret ministériel défend à tous les directeurs de théâtre d’engager des enfants en-dessous de 15 ans. Ce fut la fin de cette entreprise, reprise par sieur Lefebvre qui tenta vainement d’y donner quelques spectacles.

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En 1855, Jacques Offenbach, qui venait d’inaugurer son théâtre des Bouffes-Parisiens dans la salle Lacaze, au Carré Marigny sur les Champs-Elysées (un bâtiment en planches construit par Hittorff et utilisable seulement aux beaux jours) cherchait une salle susceptible de l’accueillir en hiver. Il racheta alors le bail du théâtre des Jeunes élèves et choisit un jeune architecte, Léon Lechmann, pour y mener à bien d’importants travaux de rénovation. Le 29 décembre 1855, Jacques Offenbach put enfin lancer la saison d’hiver de ce nouveau théâtre des Bouffes d’hiver (la salle des Champs-Elysées devenant les Bouffes d’été) en dirigeant sa célèbre chinoiserie musicale Ba Ta Clan, dont il avait composé la musique sur un livret de Ludovic Halévy. Première d’une série d’opéras bouffes qui allaient asseoir durablement son prestige. Offenbach s’entoura d’une troupe géniale dont Hortense Schneider et Pradeau étaient les chefs de file. Lorsqu’Offenbach abandonne la salle Lacaze en 1859, la salle du passage Choiseul prend définitivement le nom de théâtre des Bouffes-Parisiens. Durant sept ans, le public se pressa nombreux pour assister à Orphée aux Enfers, aux Deux Vieilles gardes, aux Dames des halles, à M. Champfleury restera chez lui

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En 1862, Offenbach doit céder pour des raisons juridiques la direction à son chef d’orchestre Alphonse Varney. Celui-ci fait raser la salle pour en reconstruire une plus spacieuse, sur les plans de l’architecte Théodore Ballu. Voué à l’opérette, le théâtre s’ouvrit également au vaudeville et à la comédie. Après quoi, les Bouffes passèrent de main en main. Edouard Prévost lui succède en 1864 mais ne pouvant plus exploiter le répertoire léger qui a fait la renommée du théâtre, il passe la main en 1867 à Charles Comte, qui est entre temps devenu le gendre d’Offenbach en épousant sa fille Berthe. Associé au dramaturge Jules Noriac, Comte renoue avec le succès en créant plusieurs œuvres de son illustre beau-père comme l’Ile de Tulipatan ou la Princesse de Trébizonde.

Mais la guerre de 1870 porte un coup très dur à tous les théâtres parisiens : la plupart ferment leur porte, en attendant des jours meilleurs. Le théâtre des Bouffes entrouvre les siennes le 16 septembre 1871 avec un succès déjà éprouvé la Timbale d’argent, composé par Léon Vasseur sur un livret d’Adolphe Jaime et Jules Noriac, interprétée par Mme Judic. Jusqu’au début du XXe siècle, la salle de la rue Monsigny, vouée à l’opérette poursuivit une existence paisible. En 1877, Louis Cautin prend la direction du théâtre. On lui doit L’Etoile de Chabrier (1877), la création en 1880 des Mousquetaires au couvent de Louis Varney (le fils d’Alphonse), et de La Mascotte d’Edmond Audran. La fin du XIXe siècle et le début du XXe siècle voient l’apparition de nouveaux talents tels que Gaston Serpette, Claude Terrasse, Robert de Flers et Gaston Arman de Caillavet. En 1907, la comédienne Cora Laparcerie oriente la programmation vers le théâtre en affichant Paul Gavault, Alfred Capus et Maurice Hennequin. Gustave Quinson, déjà directeur du théâtre du Palais-Royal, du Gymnase et du Vaudeville, lui succède en 1913. Il crée plusieurs pièces d’Henri Bernstein et de Sacha Guitry, et lance surtout la mode d’un nouveau genre d’opérette « légère » qui va connaître un grand succès pour les deux décennies à venir, avec notamment Phi-Phi (1918), Dédé en 1921 et Là-Haut en 1923, toutes dues au tandem Albert Willemetz et Henri Christiné, avec Maurice Chevalier, Dranem, Alice Cocéa… La première de Phi-Phi eut lieu le 12 novembre 1918 ; la pièce sera jouée pendant quatre ans. C’est à cette époque en 1913 que fut réalisé par Auguste Bluysen le large bow-window qui donne toute sa singularité à la façade du théâtre.

Edmond Roze puis Albert Willemetz secondent Quinson à la direction. De 1929 à 1958, Albert Willemetz préside seul aux destinées du théâtre, continuant sa collaboration avec Henri Christiné, mais aussi avec d’autres compositeurs comme Raoul Moretti (Trois jeunes filles nues en 1925, Un soir de réveillon en 1932), Joseph Szulc (Flossie en 1929), Arthur Honegger (Les aventures du roi Pausole en 1930), Gaston Gabaroche (Azor en 1932). En février 1934, tandis qu’on se battait place de la Concorde, les Bouffes donnaient le Bonheur-Mesdames, toujours de Willemetz et Christiné. C’était une reprise d’un succès des variétés joué en 1905, qu’on avait dépoussiéré et où le rôle créé par Lavallière était tenu par une comédienne aussi percutante : Melle Arletty, « dont le comique glacé » disait un critique « convient si bien au rôle de la marquise des Arromanches ». Un an après, Toi c’est moi, opérette de Duvernois et Moyses Simons, confirmait le succès de deux jeunes chanteurs, Pils et Tabet, à qui tout Paris devait de fredonner depuis quelques mois « Couchés dans le foin », charmante et spirituelle chanson dont les auteurs étaient Mireille et Jean Nohain. Eugénie Mondovi lui succède en janvier 1958, suivie d’Hélène Martini qui revient aux comédies de boulevard, notamment celles de Barillet et Grédy jouées par des spécialistes du genre tels que Maria Pacôme, Sophie Desmarets et Jean Poiret (Fleur de cactus en 1964), Robert Hirsch, Pierre Mondy, Jean Le Poulain, Marthe Mercadier ou Jacqueline Maillan qui y crée Folle Amanda en 1971. Hélène Martini quitte la direction en 1974 pour s’occuper à plein temps des Folies Bergères. De 1986 à 2007, les Bouffes-Parisiens sont dirigés par Jean-Claude Brialy, remplacé depuis sa mort par son compagnon et collaborateur Bruno Finck. Celui-ci s’associe avec Dominique Dumond, directeur de la société Polyfolies, avant de lui céder la direction en septembre 2013. Dominique Dumond est rejoint par Alain Sachs en 2014.

 

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