Avenue de l’Opéra (suite)

Après nous être promenés dans la partie du 1er arrondissement, poursuivons notre expédition dans le 2e arrondissement. Celui-ci cache des commerces et des histoires tout aussi surprenants.

28 : dans cet immeuble eut lieu du 10 avril au 11 mai 1879, la 4e exposition des Impressionnistes, organisée par M. Bracquemond. Il présentait des œuvres de Monet, Cassat, Degas, Forain, Lebourg, Pissarro, en tout 15 exposants.

28 av opéra 01

30 : le rez-de-chaussée est occupé par la boutique du chocolatier Foucher, ouvert à cette adresse depuis 1819. A l’étage se trouvaient les ateliers de la modiste Mme Carlier dont on retrouva des robes entièrement brodées en dentelle irlandaise, datant des années 1890. Celles-ci pouvaient se transformer en robe de bal ou de promenade en ajoutant une sorte de chemisier. Mme Carlier était connue dans le monde entier et ses chapeaux furent exposés à l’Exposition universelle de Chicago en 1893. Elle déménage rue de la Paix en 1897.

31 : le rez-de-chaussée de cet immeuble était occupé autrefois par la brasserie universelle, au moment de l’Exposition universelle de 1900. Plutôt sympa et original le support publicitaire de l’époque.

32 : se situait la boutique du chemiser David, maison fondée en 1879. En 1925, le chemisier remporte un grand prix des Arts Décoratifs à Paris.

32 av opera 02

33 : France 2 Cinéma. Investit dans une offre plurielle de films français et européens. Fait appel à des réalisateurs confirmés comme à des jeunes talents. La directrice générale, Valérie Boyer, reçoit plus de 350 scénarii par an parmi lesquels elle sélectionne une trentaine de projets. 1/3 des films coproduits sont des œuvres orientées vers un large public (Les Femmes du 6e étage de Philippe Le Guay, La vérité si je mens 3 de Thomas Gilou). A côté de ces films, France 2 Cinéma s’engage dans des films d’auteurs. Parmi les films coproduits se trouvent des films engagés traitant de problématiques actuelles (Capital de Costa-Gavras, Jeune et Jolie de François Ozon) ainsi que des films destinés à un public familial (Les saveurs du palais de Christian Vincent), des films ambitieux d’auteurs reconnus (De rouille et d’os de Jacques Audiard, Quai d’Orsay de Bertrand Tavernier). Depuis sa création, France 2 Cinéma a coproduit 819 films pour un investissement de 293 millions d’euros.

34 : se trouvait à la fin du XIXe siècle un magasin de porcelaine, faïence et cristal, A la Paix. La vaisselle de Géo Rouard peut s’acquérir lors de vente aux enchères. Pour un simple service à thé comptez 60 000 euros. L’immeuble vient d’être entièrement restauré par l’architecte Axel Schoenert qui a su allier modernité et classicisme, transparence du verre et jeux de couleur.

35 : Dans les années 1930, à l’étage se trouvait la Maison Bernard et Cie qui organisait déjà des défilés de mode pour présenter ses créations. Une des échoppes du rez-de-chaussée servait d’écrin au bijoutier Leroy, ex-horloger du Roy. Le 20 avril 1966, les éditions musicales Cirta emménagent dans cet immeuble. Elles réalisèrent les disques d’artistes comme Enrico Macias. Aujourd’hui leur siège est dans le 19e arrondissement, rue Clavel.

36 : Le 26 janvier 2017, la star américaine Pamela Anderson profite d’un séjour dans la capitale pour faire son shopping. Emeute dans le magasin Serge Blanco des fans qui veulent acheter les mêmes articles que leur vedette.

36bis : Dans les années 1950 se trouvait la librairie Flammarion. Plus connu aujourd’hui comme maison d’édition, Flammarion fut avant tout un libraire et cela pendant 140 ans.  Remplacé par une maroquinerie spécialisée dans les sacs en cuir de voyage et pour automobile.

36bis av opera 01

37 : fondée en 1895, la librairie américaine Brentano’s a rouvert ses portes en 2010, après avoir fermé en juin 2009. Dans un espace de 200 m², elle propose un large choix de livres en anglais avec des nouveautés, des best-sellers en vente simultanément aux Etats-Unis, des guides touristiques… La librairie propose également des ouvrages spécialisés dans le patchwork, la spiritualité, le développement personnel, le sport, le management, l’art… Depuis sa réouverture, l’établissement diversifie son offre en vendant des articles de papeterie, des cartes, des articles d’encadrement, des tableaux et des objets décoratifs.

39 : hôtel Edouard VII. Albert Edouard de Saxe-Cobourg-Gotha, fils de la reine Victoria et du prince Albert, est né le 9 novembre 1841 au palais de Buckingham. Lorsque la reine Victoria mourut le 22 janvier 1901, Albert Edouard choisit de régner sous le nom d’Edouard VII. Grand amoureux de Paris, le prince de Galles fait de l’hôtel Edouard VII sa demeure parisienne pour explorer la ville et admirait surtout la vue imprenable sur l’Opéra Garnier où il aimait s’évader. Homme raffiné et élégant, nous lui devons le costume trois pièces qui fut créé à Paris à sa demande. Edouard VII vouait une admiration sans fin aux actrices. Parmi ses nombreuses conquêtes, les plus célèbres sont Sarah Bernhardt, Melba Helen Mitchell et Alice Keppel, qui fut invitée sur son lit de mort par sa femme Alexandra.

L’hôtel Edouard VII construit en 1877 dans le plus pur style haussmannien, rend ainsi hommage à son illustre hôte. La décoration de l’hôtel a fait l’objet d’une démarche conceptuelle unique dans le monde hôtelier. Chaque lieu est pensé comme une silhouette à habiller. Les décors proviennent de la rencontre entre Edouard VII et la créatrice en chapeau, Marina Bessé. Le comptoir arrondi de la réception se voit comme le chapeau haut de forme du prince de Galles. Les murs sont son manteau, le bar est sa ceinture. En 2012, Christophe Daudré poursuit la métamorphose de l’hôtel, unique hôtel 4 étoiles avenue de l’Opéra, avec une nouvelle collection de chambres mêlant élégance française et esprit britannique. Les meubles modernes se mélangent aux tapisseries XIXe.

La cuisine du restaurant E7 propose une cuisine inventive et subtile dans un cadre contemporain et lumineux. La carte signée par Remy Fourmeaux évolue au fil des saisons et des produits frais. Hélas l’hôtel connut des heures plus sombres, surtout durant la Seconde Guerre mondiale où il fut réquisitionné par la police secrète aux armées allemandes, dirigée par Walter Fatzer qui y menait ses interrogatoires musclés.

38-40 et 47-49 : l’unité architecturale de la place de l’Opéra est achevée avec les immeubles construits par Blondel en 1873 aux n°1 et 2 de la place, qui se prolongent aux n°38-40 et 47-49 de l’avenue. Les deux rotondes d’angle et les façades haussmanniennes, rigoureusement identiques, scandées par des pilastres corinthiens, s’alignent symétriquement le long de cette artère. Leur ordonnance, proche de celle des immeubles édifiés par Rohault de Fleury autour de la place, contribue à l’harmonie de l’ensemble.

104

49 : Le 4 octobre 1887, James Gordon Bennett Jr fonda l’édition européenne du New York Herald qui devint ensuite l’International Herald Tribune. Durant l’été 1943, le Comité des banques ouvre clandestinement un bureau de recrutement d’officiers pour l’armée d’Afrique, branche de l’ORA, dirigée par le général Henri Giraud, jugé comme concurrent du général De Gaulle. Le rez-de-chaussée est investi depuis 1989 par la pâtisserie La Cure gourmande qui propose des gâteaux divins, produits dans des ateliers français.

49 av opera 01

Anecdotes : durant le mois d’avril 2017, la capitale parisienne dont l’avenue de l’Opéra fut mise à rude épreuve avec le tournage du film Mission Impossible 6. L’acteur américain Tom Cruise s’est aimablement prêté au jeu des photographes et a offert aux badauds de spectaculaires cascades.

Bijouterie Maty (4 place de l’Opéra) : Les devantures de boutiques du XIXe siècle, si élégamment décorées, se font rares de nos jours. La devanture en granit noir de Maty, rehaussée de motifs en bronze doré, était à l’origine celle de la bijouterie Bourguignon, établie à cet emplacement en 1875. Lors de son aménagement sous le Second Empire, le quartier était prédestiné à séduire l’élite de la bourgeoisie. Avec l’implantation des grands hôtels, vers lesquels affluait une clientèle aisée et cosmopolite, il devint la vitrine du luxe parisien. Les commerces de luxe, notamment les joailliers, fleurissaient ainsi aux alentours de la rue de la Paix, non loin de la place Vendôme.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s