Rue de la Paix, nombres pairs

La rue de la Paix fait la jonction entre la place Vendôme et l’Opéra Garnier. Située dans un quartier prestigieux et aisé de la capitale, elle comprend surtout des maisons de haute joaillerie comme Cartier, Van Cleef & Arpels ou Mellerio, des magasins de luxe, des grands hôtels et palaces comme l’hôtel Westminster et le Park Hyatt. Sa situation lui valut d’être la rue la plus chère du jeu de société, Monopoly, et ce depuis sa conception en 1935. Réputation non usurpée car en 2017 le m² était estimé en moyenne à 14 077 euros.

rue paix1

Le décret du 19 février 1806 approuve l’ouverture de la rue de la Paix, entre la place Vendôme et le boulevard des Capucines, sous le nom de rue Napoléon. La rue prend son nom actuel le 30 mai 1814 pour célébrer la nouvelle paix négociée en Europe. Le couvent des Capucines doit donc être détruit. Or, certains personnages célèbres y furent enterrés ; parmi eux, on comptait François Michel Le Tellier de Louvois, Louise de Lorraine, veuve de Henri II, Gilbert Colbert de Saint-Pouange, la marquise de Pompadour et le duc de Créquy. Les ossements mis au jour sont transférés le 29 mars 1804 aux catacombes de Paris. La reine Louise de Lorraine, fondatrice du couvent, est déplacée au cimetière du Père-Lachaise en 1806, puis dans la basilique Saint-Denis en 1817. La rue est terminée sous le règne de Louis-Philippe. Le réaménagement du quartier de l’Opéra à partir de 1861 va faire de cette rue un lieu du commerce de luxe. Au XIXe siècle, elle devient le lieu de prédilection de l’élégance parisienne. Bien qu’elle s’anime dès la Restauration, son heure de gloire sonne principalement sous le Second Empire et la IIIe République, sous lesquels les commerces prodiguent à la société tout le nécessaire au luxe et à l’apparat. De nos jours, la rue de la Paix a un peu perdu de son prestige. Les grands couturiers n’y ont plus pignon sur rue depuis quelques décennies. Ils lui ont préféré d’autres lieux, comme la place des Victoires.

rue paix 1871 côté vendome

22 : en 1860 l’immeuble fut occupé par l’hôtel meublé des îles britanniques. En 1947, les lieux sont achetés par la maison Repetto, créée par Rosa Repetto, spécialiste des chaussons de danse. Elle y est toujours aujourd’hui.

20 : se trouvait le magasin de nouveautés A la belle anglaise ouvert en 1824. Magasin de mercerie bonneterie tenu par une Anglaise renommée pour sa beauté. L’immeuble devint ensuite l’hôtel meublé de Hollande, puis la maison de parfums Isabey en 1920 puis Richard Hudnut.

: L’immeuble date de 1867. Sous le règne de Louis-Philippe et le Second Empire, il fut un hôtel meublé et le magasin de l’éditeur Amyot. En 1927, le parfumeur Roger & Gallet fit édifier sa devanture en Lap (ciment alumineux).

: L’orfèvre Louis Aucoc ouvre sa boutique en 1821. Aucoc fut l’apprenti de René Lalique de 1874 à 1876. La boutique est mentionnée dans La Dame aux Camélias d’Alexandre Dumas fils. L’étage fut occupé par la maison de couture Magdeleine des Hayes au début du XXe siècle.

4 : L’immeuble fut construit par l’architecte Pierre Manguin vers 1860. Les voluptueuses cariatides sont l’œuvre du sculpteur Aimé-Jules Dalou. Dans une biographie sur l’artiste écrite par Maurice Dreyfous, on apprend que ce dernier détestait cette œuvre de jeunesse : « il ne passait plus jamais rue de la Paix, par crainte de revoir ces deux enfants de sa prime jeunesse. Jamais il n’en soufflait mot à personne ; ses élèves n’en soupçonnaient point l’existence. Un jour pourtant, rentrant à l’atelier, il raconta comme un accident désagréable que, par la maladresse innocente d’un cocher, il s’était trouvé en face d’eux : ce n’est pas bon ! c’est même trop mauvais ». L’architecte décorateur Louis Süe réalisa avec André Mare le magasin du joaillier-orfèvre Robert Linzeler en 1923. Aujourd’hui il abrite les bureaux de la maison de vente aux enchères britannique Bonhams. C’est la 3e plus grosse maison après Sotheby’s et Christie’s. Bonhams a été fondé en 1793 lorsque Thomas Dodd, un marchand de gravures anciennes, et Walter Bonham, un spécialiste du livre, se sont associés. La société se développe dans les années 1850, elle propose à la vente toutes sortes d’antiquités incluant la joaillerie, la porcelaine, le mobilier, les armes ainsi que les vins. Après la Seconde Guerre mondiale, au début des années 1950, la famille Bonham achète un terrain à Knightsbridge, un quartier de luxe du centre de Londres, et fait construire une salle des ventes sur Montpelier Street. En 2000, Bonhams devient Bonhams & Brooks lorsque Robert Brooks et sa maison de ventes achète Bonhams. Brooks Auction avait été fondée en 1989 par cet ancien directeur du département d’automobiles de Christie’s et sa maison s’était spécialisée dans la vente de voitures de collection. En 2001, Bonhams & Brooks fusionne avec Philipps Son & Neale pour former une société anglaise qui porterait dorénavant le nom de Bonhams. L’année suivante, le groupe rachète Butterfield, la plus grande maison de ventes de la côte Ouest des Etats-Unis. La société s’agrandit en Europe avec l’ouverture d’un bureau à Paris en juin 2005, avec comme commissaire-priseur habilité maître Giuseppi. Cette même année, le groupe lance un magazine trimestriel axé sur l’art. En 2013, Bonhams employait 800 personnes et avait réalisé un chiffre d’affaire de 947 millions de dollars.

: Le vendredi 4 octobre 2013, la bijouterie Vacheron Constantin s’est fait dérober pour 1,1 millions d’euros de bijoux. En fin de matinée, deux hommes vêtus en costume entrent dans la bijouterie, spécialisée dans les montres de luxe et mettent en joue le personnel. Ils sont rejoints par une dizaine d’individus munies de masses, de battes de baseball et de haches. Ils explosent les vitrines avant de s’emparer de leur butin. Lors de cette action, une vendeuse est légèrement blessée par les éclats de verre. Pour couvrir leur fuite, les malfaiteurs projettent des fumigènes et jettent le matériel, gants et massues dans des poubelles. Deux d’entre eux, âgés de 17 et 24 ans, de nationalité roumaine et moldave, ont été interpellés peu après par la BAC. La brigade de répression du banditisme s’est saisie de l’affaire. Les malfaiteurs ont été placés mercredi en détention provisoire. Les cinq hommes appréhendés ont été mis en examen pour « vol avec arme en bande organisée et association de malfaiteurs en vue de commettre un crime ».

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