Rue Louis-le-Grand

La rue Louis-le-Grand est percée en 1701 à la suite d’un arrêté du Conseil du roi signé à Marly le 3 juillet 1701. Elle est coupée en 1868 par le percement de la rue du Quatre Septembre (prolongement de la rue Réaumur), puis en 1876 par le percement de l’avenue de l’Opéra. La rue doit son nom au voisinage de la place Louis-le-Grand (l’actuelle place Vendôme). Sous la Révolution, la place fut renommée place des Piques ; la rue en fit de même (rue des Piques). La Restauration leur rendit leur nomination initiale. La rue Louis le Grand commence 16 rue Danielle Casanova et finit 31 boulevard des Italiens.

Immobilie

30 : maison de couture d’Emile Pingat, de 1860 à 1896. Il est considéré comme l’un des trois meilleurs stylistes français de la seconde moitié du XIXe siècle. Pour créer ses vêtements, il s’inspirait des cultures du monde entier.

28 : siège de la Revue des Colonies, recueil mensuel de la politique, de l’administration, de la justice, et des mœurs coloniales, dirigée par Cyrille Charles Auguste Bissette de juillet 1834 à l’été 1843. Autrefois située 46 rue Neuve-Saint-Eustache. Détail surprenant, la première année la revue précisait qu’elle était dirigée par des hommes de couleurs, mention qui disparaît les années suivantes. Curieux ? Non car le fondateur est un métis, né en Martinique d’un ancien esclave noir. Durant toute sa vie il se battra pour faire abolir l’esclavage dans les colonies.

25 : au début du XXe siècle, siège des éditions Gilquin qui firent paraître une revue La Ville lumière, en référence au nouvel éclairage de la capitale.

21-23 : Hôtel de Vatan construit avant 1722 pour le marquis de Vatan. Il fut habité par la veuve du maréchal de Boufflers. En 1755, il entra en possession du comte d’Egmont-Pignatelli. L’immeuble fut détruit vers 1876 lors du percement de l’avenue de l’Opéra.

23 : De 1862 à 1869, l’immeuble est occupé par l’atelier du photographe Antoine-René Trinquet. En 1879, Clément Ader participe à la création du premier réseau téléphonique (alors privé) de Paris avec Louis Breguet, Cornélius Roosevelt, François Rodde au sein de la Compagnie des Téléphones Gower. Devenue la Société générale des téléphones en 1880, la société lance en 1881 le théâtrophone. Des micros sont installés de chaque côté de la scène de l’Opéra Garnier et permettent d’écouter l’opéra en restant chez soi. Il s’agit de simples micros au carbone à simple phase, qui ne permettait pas un très bon rendu musical et acoustique.

Maison de couture d’Ernest Raudnitz. La première maison ouvrit ses portes au 13 rue de la Grande-Batalière. En 1883, Ernest quitta ses sœurs pour fonder sa propre maison dans la rue Louis le Grand. Sa modiste principale fut Marie Gerber (Callot) de 1886 à 1888. Ernest remporta le Grand prix de l’Exposition universelle de 1900. En 1901 la maison de couture fusionne avec Huet & Cheruit.

20 : domicile d’Alexandre Quarré de Verneuil, auteur de « Les couleurs de la France, ses enseignes, ses drapeaux », paru en 1876. Membre de la Société des saisons. Fondée en 1837 par Blanqui, Barbès et Martin Bernard, la Société se subdivisait en « semaines » qui regroupent 6 hommes et un chef. Quarré fut dimanche. Quatre semaines forment un « mois » de « 28 jours » (comptant donc 28 initiés et un chef). Quarré devint ensuite juillet. Trois « mois » constituent une « saison » et quatre « saisons » forment une « année ». Au moins trois « années » ont vu le jour. Le 12 mai 1839, la Société des saisons lance une insurrection visant à renverser le régime de la Monarchie de Juillet et à instaurer une République sociale.

19 : y vécut le préfet de police Piétri sous Napoléon III.

18 : La maison Braun & Cie fut une affaire familiale, d’une grande renommée qui lui valut de travailler dans les plus beaux musées français ainsi qu’à l’étranger, entre 1853 et 1969. Adolphe Braun parvint à s’imposer sur le marché en dépit de la forte concurrence. A l’origine dessinateur sur étoffes, il fut formé à Paris avant de s’installer à Mulhouse en 1843 pour travailler dans la firme de textile de Dollfus-Ausset. Il y expérimenta la daguerréotypie.

11 : le général Bertin de Vaux s’y fit construit un hôtel sous le Second Empire.

: Hôtel de Varignon de Villemarais. Le général marquis de Chasseloup-Laubat y vécut en 1780. Le périodique français l’Œuvre s’y installa de 1904 à 1940. L’Œuvre fut lancé le 13 mai 1904 par Gustave Téry, ancien rédacteur du Journal et du Matin. D’abord mensuel, ce périodique devint hebdomadaire en 1910, puis quotidien en 1915. Le journal affiche des idées radicales-socialistes et pacifistes. Pendant la Première Guerre mondiale et malgré la censure, y paraît Le Feu d’Henri Barbusse, publié en feuilleton sous le titre « Journal d’une escouade », rectifiant ainsi l’image de la guerre dans les tranchées. Lors de la conférence de paix, avec d’autres journaux de gauche, il soutient les Quatorze points de Wilson contre Clémenceau. Téry prend pour principal collaborateur le pamphlétaire Urbain Gohier. Téry et Gohier ont toujours fait montre d’un antisémitisme virulent. L’Œuvre est favorable au Cartel des gauches en 1924 et au Front populaire en 1936. Son slogan (Les imbéciles ne lisent pas l’Œuvre), ses manchettes accrocheuses et la forte personnalité de ses journalistes font son succès pendant l’entre-deux-guerres. Gustave Téry mourut en juin 1928 et fut remplacé par Henri Raud. Le 10 juin 1940, le journal quitta Paris pour Saint-Etienne, puis Clermont-Ferrand. Il réapparaît à Paris le 24 septembre 1940. Dirigé depuis le 5 juillet 1940 par Marcel Déat qui l’engagea dans la voie de la collaboration et de l’antisémitisme. Sa ligne éditoriale sous le régime de Vichy fut celle d’un collaborationnisme pronazi défendant les thèses du rassemblement national populaire (RNP), tout en manifestant un certain anti-pétainisme, trouvant le pouvoir établi à Vichy pas assez engagé dans la « collaboration européenne » et trop « réactionnaire ». A la suite de la loi n°46-994 du 11 mai 1946, le journal est placé sous séquestre judicaire.

De 1843 à 1847 vécut dans cet immeuble le musicien polonais Napoléon Orda. Il naquit le 11 février 1807 dans le village de Worocewicze l’actuelle Biélorussie). Il participa à l’Insurrection de Novembre contre la Russie, ce qui lui valut l’exil. Il voyagea dans plusieurs pays européens avant de s’installer à Paris en 1833. Il devint l’un des membres les plus actifs de la diaspora polonaise et ami de Frédéric Chopin, qui lui apprit le piano.

: Le 3 mai 1919, Saint-Granier et Gaston Gabaroche inaugurent un petit théâtre sous le vocable de Théâtre de la Potinière (en référence à l’établissement de Deauville). Les plans sont de l’architecte Bouteille et les décors de Mélano de Cassina. Le programme se veut spirituel et cancanier :  Danseront-ils ? de Saint-Granier et Abadie, Vas-y voir de Saint-Granier et Rip, et Mazout alors de Saint-Granier et Briquet avec Arletty dans le rôle-titre. Raoul Audier prend la direction du théâtre en 1920 et invente, avec son collaborateur Edouard Beaudu, Les Goûters à la Parisienne. Deux heures de spectacles avec thé-concert de 16h à 18h : Le Cordon bleu, comédie de Tristan Bernard ; L’Heure du mari, comédie de Georges Berr ; La Huitième femme de Barbe Bleue, comédie d’Alfred Savoir. Puis les directeurs se succèdent : Jean Charlot (1924), Maurice Suez (1926), Marguerite Bériza (1928), Raoul Audier (1929) et Camille Choisy, le fondateur du théâtre Saint-Georges (1933). En 1929 les comédiens Jules Berry et Suzy Prim entrent dans la troupe. Les décors des pièces jouées sont confiés à l’affichiste Paul Collin. En 1935, le théâtre est transformé en salle de cinéma.

151Trois ans plus tard, les frères Vincent et Emile Isola y présentent un spectacle de prestidigitation : Miracles et Illusions. Le théâtre prend le nom de Théâtre Isola. En septembre 1938, Max Danset, l’ancien administrateur de Raoul Audier, reprend les rênes du théâtre et le renomme Théâtre George VI (en référence au théâtre voisin Edouard VII). Le 10 juin 1940 le théâtre est fermé. Il rouvre ses portes le 6 juillet sous le nom de Théâtre Louis-le-Grand avec un spectacle de music-hall. En 1942, Jean de Turenne prend la direction du théâtre et lui redonne le nom de Théâtre de la Potinière. Martine de Breteuil lui succède en 1948, axant sa programmation sur des comédies et des vaudevilles. L’établissement ferme en 1959. Janvier 1961, réouverture sous le nom de Théâtre des Deux masques avec OSS 117, pièce de Jean Bruce, avec Claudine Coster. En 1962, le bâtiment reprend le nom de Théâtre de la Potinière. Denise Moreau Chantegris en prend la direction en 1966. Jusqu’en 1974, la programmation est axée sur les comédies. En 1975, après une fermeture de quelques mois, Pierre Sala s’installe aux commandes et rebaptise l’établissement Biothéâtre, jusqu’en 1978 où il reprend son nom initial. En 1980, le groupe musical Bratsch s’y produit. 1983 : Assassino, assassino, comédie de Jean-Yves Rogal avec Alice Saprich. Octobre 1984, l’émission de Philippe Bouvard sur Antenne 2, le Petit Théâtre de Bouvard, y est enregistré. 1985 : Double foyer, comédie de Philippe Bouvard ; En camarade, texte de Colette. 1987 : Journal d’un curé de campagne, d’après Georges Bernanos avec Thierry Fortineau ; la pièce reçoit le Grand prix de la Critique dramatique et le Prix Molière. En décembre 1993, Pierre Jacquemont prend la direction du théâtre qu’il appellera Pépinière Opéra pour mieux illustrer la nouvelle orientation musicale qu’il souhaite y donner. Les spectacles présentés sont régulièrement nominés et lauréats aux Molières. En janvier 2008, Antoine Coutrot, Emmanuel de Dietrich et Caroline Verdu-Sap reprennent la direction de l’établissement. En 2010, 50 théâtres parisiens privés, réunis au sein de l’Association pour le soutien du théâtre privé (ASTP) et du Syndicat national des directeurs et tourneurs du théâtre privé (SNDTP), décident d’unir leur force sous une enseigne commune : les Théâtres parisiens associés.  Peyran Lacroix et Jean-Laurent Cochet y donne des cours d’art dramatique. La salle contient 350 places.

En 1966, Jean-Laurent Cochet ouvre un cours d’Art Dramatique : le cours Cochet. Dès les premières promotions sortent des comédiens qui deviendront rapidement les vedettes du théâtre et du cinéma : Gérard Depardieu, Richard Berry, Isabelle Huppert, Daniel Auteuil, Carole Bouquet, Fabrice Luchini… En 2003, Jean-Laurent Cochet nomme Pierre Delavène professeur puis il lui confie la direction du cours en 2006.

3 : Mme de Montespan, favorite de Louis XIV y habita après sa disgrâce. Ce fut également la maison mortuaire de l’architecte Victor Louis, décédé en 1811. La façade, inscrite à l’inventaire supplémentaire des Monuments Historiques, se singularise par les faciès remarquables des mascarons. Le portail monumental du XIXe siècle a conservé ses heurtoirs d’origine. En 1888, s’installa le siège social de la société anonyme la Capitalisation, qui promulgue l’épargne et l’économie par la constitution de capitaux.

: le nom du peintre Hyacinthe Rigaud est immortalisé par une plaque apposée sur la façade de l’immeuble et par les illustres qu’il fit des hommes de son temps, tels Louis XIV, Louis XV ou Philippe V d’Espagne. Ce peintre du roi, directeur de l’Académie royale, avait installé son atelier dans cet immeuble, où de nombreux collaborateurs l’assistaient dans son œuvre, pour satisfaire une clientèle aisée de nobles et de bourgeois. Après une brillante carrière, Rigaud s’est éteint dans cette demeure en 1743.

Aujourd’hui, le rez-de-chaussée est occupé par le restaurant Cap Bourbon. Olivier Austruy propose depuis 10 ans aux Parisiens de découvrir les délices de la cuisine réunionnaise, dans un décor cosy et chaleureux.  Ses spécialités : rougail saucisses, bœuf massalé, carri de crevettes, flan coco caramélisé, duo de mousse coco et chocolat.

 

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