Hôtel de Mondragon

Hôtel de Mondragon, confisqué en 1795, et qui devint la mairie de l’ancien 2e arrondissement de Paris jusqu’en 1833. Le mariage de Napoléon Bonaparte et Joséphine de Beauharnais y fut célébré en 1796. Le bâtiment, monument historique, est l’actuel siège de la banque Paribas.

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Prémices d’un hôtel

Un des premiers souvenirs qui s’attache à ce site, entre le mur de clôture de l’hôtel Vendôme et un marché aux chevaux, est celui d’un duel que se livrent le duc de Beaufort et son beau-frère le duc de Nemours en 1652, au cours duquel ce dernier perd la vie. C’est aussi à cet emplacement qu’est installé, en décembre 1692, un atelier temporaire pour fondre en une seule fois selon la technique de la fonte à la cire perdue, la monumentale statue équestre à l’antique de Louis XIV par François Girardon, destinée à la place Vendôme. Sa réplique réduite, une épreuve d’édition en bronze à patine du XIXe siècle, se trouve au centre de l’Orangerie de la banque.

3 rue antin 02

Mondragon

En 1713, le duc d’Antin fait tracer sur ces terres maraîchères la rue qui a gardé son nom, afin de faciliter l’accès à sa nouvelle demeure, l’hôtel La-Cour-Des-Chiens, qu’il vient d’acquérir. C’est le début de l’urbanisation du quartier et les hôtels particuliers s’élèvent le long de la nouvelle rue. Celui du n°3 est construit entre 1715 et 1725 par l’architecte Jean-Baptiste Leroux, pour Etienne Bourgeois de Boynes, parlementaire et trésorier de la Banque royale, créée en 1716 par Law. Son fils, Pierre-Etienne Bourgeois de Boynes, président du Parlement de Franche-Comté, puis ministre de la Marine, y demeure également avant de le vendre en 1754 à Louis Duval de l’Epinoy, conseiller secrétaire du roi Louis XV, qui le lègue à sa fille, marquise de Mondragon. Leroux, à la tête d’un des plus importants cabinets d’architecture parisien, fait appel à deux artistes renommés : l’architecte et sculpteur Nicolas Pineau et le peintre Sébastien II Clerc pour la décoration des pièces de réception, situées au premier étage en façade sur la rue d’Antin. Après avoir passé une dizaine d’années en Russie auprès du tsar Pierre le Grand, Nicolas Pineau, issu d’une remarquable dynastie d’artistes, est l’inventeur du « contraste dans les ornements » ou style rocaille, qui fait fureur à Paris. Cette mode revêt les murs de boiseries sculptées en plein bois où foisonnent courbes et motifs harmonieusement combinés.

Hôtel de ville

Saisi comme bien national à la Révolution, l’hôtel est mis en adjudication puis loué à la mairie du 2e arrondissement dès 1795. La majorité des glaces de l’hôtel sont transférées au château de Saint-Cloud. Le 9 mars 1796 y fut célébré le mariage de Napoléon Bonaparte et Joséphine de Beauharnais. Celle-ci rejoint la mairie vers 20 heures, attendue par ses deux témoins, Barras et Tallien, ainsi que Calmelet, le premier témoin de Bonaparte. Le marié arriva deux heures plus tard avec son second témoin, Le Marois. Ce délai explique sans doute le remplacement de l’officier d’état civil chargé de la cérémonie, Charles Leclerq, par un commissaire du Directoire, Collin-Lacombe, dont le nom ne figure pas sur l’acte de mariage. La lecture du document est d’ailleurs un régal d’erreurs. 1. Bonaparte est né le 5 février 1768 au lieu du 15 août 1769. 2. Il est général en chef de l’armée de l’Intérieur alors que depuis le 2 mars il est général en chef de l’armée d’Italie. 3. Il est domicilié rue d’Antin alors qu’à cette date il demeure rue Neuve des Capucins. Joséphine n’est pas en restes. 4. Elle a rajeuni de quatre ans. 5. Le capitaine Le Marois n’a pas l’âge requis pour être témoin. Y furent célébrés également les mariages du maréchal de Marmont en 1798 avec Hortense Perrégaux, fille du banquier associé de Jacques Laffitte et régent de la banque de France, et des parents de George Sand en 1804. En 1815, l’hôtel est restitué à la famille Mondragon, tout en gardant ses fonctions d’Hôtel de ville jusqu’en 1835 (moyennant un loyer payé par la ville à son propriétaire).

BNP Paribas

Acquis en 1869 par la Banque de Paris, l’hôtel devient le siège social de la Banque de Paris et des Pays-Bas en 1872, puis le siège opérationnel de BNP Paribas en 2000. Face à l’accroissement de l’activité et du personnel, la banque achète en 1875 l’hôtel mitoyen du n°5, bâti par Ange-Jacques Gabriel. Les façades et la porte cochère sont depuis lors ornées de son blason alliant les armes de Paris et celles des Pays-Bas. Puis, progressivement, la banque s’étend sur l’îlot d’Antin, quadrilatère délimité par l’avenue de l’Opéra et les rues Louis le Grand, Danielle Casanova et d’Antin, qu’elle possède en totalité en 1914. Des travaux importants augmentent les surfaces au cours des années, relient les différents édifices entre eux et adaptent les locaux aux besoins de la banque, tout en préservant les éléments historiques de ce patrimoine architectural. A la fin des années 1950, Jean Reyre, directeur général puis président de la banque de 1948 à 1969, a l’idée de réaliser une « orangerie » à l’emplacement de l’ancienne cour intérieure, couronnée depuis 1880 par une verrière abritant le service des coupons et ses guichets d’acajou. Au premier étage, l’Orangerie, que surplombe un plafond lumineux imaginé par le décorateur Jansen, donne accès aux bureaux de la direction générale et aux salons de réception, ordonnés le long d’une grande galerie. Aujourd’hui, l’Orangerie sert de cadre à l’annonce des résultats de la banque, ainsi qu’à des manifestations artistiques et culturelles.

 

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