Théâtre de la Michodière

Le théâtre a remplacé la porte Gaillon et l’hôtel particulier de Lorge.

Porte Gaillon

Il s’agit d’une ancienne porte de l’enceinte de Louis XIII dite des Fossés jaunes, bâtie vers 1633. Elle fut abattue en 1690.

Hôtel de Lorge

L’hôtel était constitué de deux maisons contiguës, construites en 1672. Nicolas de Frémont avait acheté le terrain en août 1669 et fit construire son bien par l’architecte Antoine Lepautre pour la somme de 134 065 écus 17 sols 6 deniers. Guy de Durasfort, comte de Lorge, s’était particulièrement illustré après la mort de son oncle Turenne en commandant la retraite d’Altenheim. Cette action lui valut enfin d’être fait maréchal de France, le 21 février 1676. Obtenant ainsi une rente de 12 000 écus. Fort de sa nouvelle nomination, le comte conclut un bien avantageux mariage, le 19 mars de la même année, avec la fille de Nicolas de Frémont, possédant une dot de 600 000 écus et un « collier de perles, diamants et autres joyaux » estimé à 40 000 écus. Un contrat de mariage fut rédigé sous le sceau du secret. M. et Mme de Frémont promirent aux époux de les loger pendant 10 ans et de leur offrir le train de vie correspondant à leur situation (domestiques, équipage…). A la fin de la décennie, la demeure devait leur revenir, sinon les beaux-parents devaient verser au couple une compensation de 150 000 écus. Ces derniers avaient également l’obligation de fournir vivres et rente annuelle de 12 000 écus à chacun des époux. Dès le 28 mars 1676, les époux de Lorge emménagèrent dans l’une des maisons de la rue Michodière. Les Frémont ne vinrent occuper la 2e maison que dans les mois suivants. Le 9 avril 1687 les Frémont cédèrent la maison au maréchal mais conservèrent l’usufruit en viager de leur partie. Dès lors celui-ci entrepris de gros travaux de restructuration du bâtiment. Travaux permis par la démolition de la porte Gaillon en 1690.

lorge jardin

Il acquit les différentes parcelles entourant son domaine afin d’grandir celui-ci. Les travaux furent confiés au maître maçon François Durand et à l’architecte Mansart, assisté du jeune Jacques Gabriel. Le 27 juillet 1691, la maréchale, devenue procuratrice des comptes de son mari, ordonna la construction d’une chapelle et la rénovation de ses appartements. Coût estimé à 2 650 écus. Les travaux sont achevés le 8 septembre 1692.

Le ministre Chamillart y logea entre 1705 et 1710, la veuve du prince de Conti le loua en 1713 puis l’acheta. En 1739, elle le légua à son petit-neveu, duc de la Vallière. Il fut acheté en 1767 par Christian, duc de Deux-Ponts. Il fut loti en 1778 et la rue de la Michodière est à son emplacement.

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Le théâtre

L’architecte Auguste Bluysen édifie en 1923 un théâtre dans le style Art déco. Décorée par Jacques-Emile Ruhlmann, la salle aux fleurs rouges sur fond or, pouvait accueillir 800 spectateurs, mais la mise en conformité aux normes de sécurité lui fait perdre une centaine de places au XXIe siècle. Le dessus de scène est l’œuvre du sculpteur Henri Edouard Navarre. Le théâtre est inauguré le 16 novembre 1925 sous la direction de Gustave Quinson (le créateur des abonnements au théâtre), avec la pièce L’infidèle éperdue de Jacques Natanson. En 1927, Victor Boucher prend la direction du théâtre et s’associe à l’écrivain Edouard Bourdet. Les acteurs Yvonne Printemps et Pierre Fresnay s’associent au duo précédent. Y seront joués des œuvres d’Edouard Bourdet, André Roussin, Jean Anouilh, Marcel Achard et Françoise Dorin. Avec Anouilh, les dialogues deviennent corrosifs, provocants et empreints d’un humour grinçant. Les comédies de mœurs caricaturent la bourgeoisie française et bousculent les interdits. Avec Roussin, les pièces redeviennent plus légères, offrant une balade comique entre le mari, la femme et l’amant. Cette salle s’est spécialisée dans les pièces de boulevard comme en témoignent les anciennes affiches accrochées sur les murs. En 1975, Pierre Fresnay décède ; deux ans plus tard, Yvonne Printemps quitte à son tour la Michodière. Le théâtre sombre. En 1981, Jacques Crépineau, secrétaire général, animateur et directeur artistique de nombreux théâtres, reprend la direction de la Michodière. Les lieux sont entièrement rénovés. Poiret et Dabadie sont les nouveaux maîtres de la scène. Toutefois, le public se montre réticent et l’établissement s’essouffle. Jacques Crépineau adapte les pièces de Feydeau : succès ! En 2008, le théâtre est épinglé pour l’absence d’ascenseur ou d’accès pour les personnes handicapées. En 2010, il entre dans la société des Théâtres parisiens associés. Le théâtre de la Michodière est racheté quatre ans plus tard par le site vente-privée.com, fondé par Jacques Antoine Granjon.

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