Passage des Princes

Le passage des Princes s’étend du 5 boulevard des Italiens au 97-99 rue de Richelieu.

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Le passage

Abrité d’une verrière aux gracieux arceaux de métal, le passage des Princes, le cadet des passages parisiens, fut créé en 1860, à une époque où la vogue des galeries couvertes était passée, reléguée à l’arrière-plan par l’urbanisme haussmannien de plus grande envergure. Le passage portait à son ouverture le nom de son entrepreneur, Jules Mirès, brillant homme d’affaires, qui bâtit sa fortune sur les journaux et la finance. En 1859, la banque Mirès et Cie acquit l’ancien Grand Hôtel des Princes et de l’Europe, un palace édifié en 1807, dont l’entrée se trouvait au 97 rue de Richelieu. L’achat d’un autre immeuble sur le boulevard des Italiens permit de percer le passage, qui offrait un raccourci aux piétons et bénéficiait à sa création d’une situation privilégiée (entre grands boulevards chics et temple de la finance). La disgrâce de Mirès, condamné peu après, en 1861, à 5 ans de prison, fut à l’origine du nouveau nom attribué au passage. Celui-ci abritait notamment un restaurant renommé, le Peter’s, dont l’ambiance est restituée par Alfred Delvau dans les Plaisirs de Paris. Dès 1866, le passage est racheté par la Compagnie d’assurances générale sur la vie (AGF), dont on peut encore lire le nom au-dessus de la traditionnelle horloge qui surmonte la loge du concierge, dans la rotonde.

Entre 1879 et 1883 est ouvert à l’angle du passage, côté boulevard des Italiens, la galerie de La Vie moderne, fondée par Georges Charpentier où exposèrent la plupart des impressionnistes. Le passager fut détruit en 1985 pour une opération immobilière mais fut reconstruit à l’identique entre 1990 et 1995 par les architectes A. Georgel et A. Mrowiec, au frais d’AGF en collaboration avec les Monuments historiques. Divers éléments du décor d’origine sont alors réemployés, telle la coupole des années 1930 en verre coloré de roses.

Au centre d’une cour, les maîtres d’ouvrage et les architectes ont eu l’heureuse idée d’installer un grand bassin rectangulaire. Disposition unique à Paris, la lame d’eau horizontale ruisselle sur les épais vitrages qui éclairent le patio du sous-sol.

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Les commerces

Occupé il y a encore peu de temps par une dizaine de boutiques, dont une parfumerie, deux cafés et un coiffeur, le lieu devint quasiment désertique. Il abrita notamment le bureau de la Revue fantaisiste fondée par Catulle Mendès, où les poètes aimaient à se réunir. Cet échec commercial résulte de la combinaison peu favorable des loyers trop élevés et d’une clientèle trop rare. Les enseignes déménagent au passage du Havre, dans le 9e arrondissement. Le passage désanimé se remplit de vitrines blanchies et de portes closes, empruntés par des piétons pressés. En 1999, le passage est fermé et le restera pendant trois longues années. Le 16 septembre 2002, les 12 boutiques et leurs 2 000 m² de commerce sont acquises par une grande marque de jouet. 

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La direction de JouéClub investit dans le passage pour y créer un village. Chaque boutique est un thème : jeux éducatifs, tout-petits, jeux de société & puzzles, poupées, Légo, modélisme, collectionneurs… En face, un centre de jeux électroniques, La Tête dans les nuages, qui s’élève aujourd’hui sur le boulevard, apporte un peu d’animation. Avec une superficie de 1500 m², ce magasin est le plus grand de France dans son domaine. L’espace des jeux se déploie surtout au sous-sol, éclairé par un grand puits de lumière aménagé dans la cour du passage. Il signe ainsi l’alliance de l’architecture passéiste et de la modernité.

L’immeuble

Cet immeuble où s’ouvre l’entrée du passage des Princes, fut achevé en 1994. Il constitue un exemple relativement rare d’architecture moderne réalisé dans le 2e arrondissement. Il appartient lui aussi à AGF, qui obtint le permis de restructurer l’ilot, et dut en contrepartie rénover le passage et organiser un concours pour la façade s’élevant sur le boulevard. Le lauréat, Christian Devilliers, a tenu compte de l’environnement architectural : les volumes attribués à chaque niveau correspondent approximativement à ceux de l’immeuble mitoyen, construit au XVIIIe siècle. Le verre, la pierre rosée et le bois qui se partagent la façade, dédoublée et rythmée selon une formule différente à chaque étage, relèvent quant à eux d’un parti pris moderne.

 

 

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