Café du Croissant

Café où fut assassiné Jean Jaurès le 31 juillet 1914.

22 croissant 01

Soirée orageuse, le 31 juillet 1914. La guerre menace. Vers 21h40, Jean Jaurès et les rédacteurs de l’Humanité s’attablent au café du Croissant. Un consommateur, Raoul Villain, demande au serveur Raymond Vélut : « C’est bien Jaurès ? ». Le garçon acquiesce sans s’étonner car de nombreux curieux font le détour pour entrevoir le tribun. L’étudiant nationaliste Villain sort. Jaurès, attablé le dos à la rue, devant une fenêtre ouverte, grignote une tarte aux fraises. Un journaliste lui montre une photo de sa fille. « Quel âge a-t-elle ? » demande Jaurès. Une main pointant un revolver écarte le rideau. Deux coups de feu. Jaurès s’effondre, frappé en plein tête. La balle qui a traversé le cerceau, a provoqué une hémorragie mortelle. Un cri s’élève : « Ils ont tué Jaurès ! ». L’assassin, le monarchiste Villain, a tué le seul homme politique d’envergure qui refusait la guerre. Dirigeant socialiste et directeur fondateur de l’Humanité, Jean Jaurès tombait, victime d’une violente campagne de presse qui le désignait comme un « traitre au service de l’Allemagne ». Un certain Maurice de Walette avait écrit « le caporal qui dans les circonstances présentes dirait à ses hommes de coller au mur le citoyen Jaurès ne ferait que son devoir ».

Le 1er août 1914, le gouvernement ordonne la mobilisation générale des armées françaises. Villain, jugé en mars 1919, est acquitté ! A la même période, l’anarchiste Cottin, qui avait légèrement blessé Clémenceau, est condamné à mort. La comparaison entre les deux verdict indigne. Villain réfugié en Espagne tombera sous les balles des républicains en 1936. Cottin, gracié et libéré s’engagera dans les bridages internationales et mourra en combattant les franquistes.

L’assassinat de Jean Jaurès est commémoré par une plaque. A l’intérieur de l’établissement une vitrine contient le numéro de l’Humanité du 1er août 1914 dont la première page est barrée par un titre sur 8 colonnes : « JAURES ASSASSINE ». Elle présente aussi un portrait de la victime dans un cadre noir, de nombreuses coupures de journaux de l’époque relatives au crime, plusieurs photos prises peu après, un fragment de la banquette sur laquelle Jaurès fut tué et le chapeau-claque du leader socialiste. Une inscription au sol précise l’endroit de l’assassinat.

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