Hôtel Elisabeth Vigée-Lebrun

19 cléry 04

L’hôtel de Lubert ou Poquelin fut bâti au XVIIe siècle. Robert Poquelin, prêtre et docteur en Sorbonne, est propriétaire de l’hôtel. A l’arrière de l’hôtel, le jardin se prolonge jusqu’à la rue du Gros Chenet (l’actuelle rue du Sentier). En 1700, Poquelin fait donation de son hôtel à Louis de Lubert, qui lui donne aussitôt son nom. Il est divisé en plusieurs appartements loué au marquis de Pezay, au peintre Ménageot et au marchand de tableaux Pierre Lebrun.

19 cléry 02En 1775, la portraitiste Elisabeth Vigée s’installe dans l’hôtel avec sa mère, son frère et son beau-père. Elle y fait la connaissance de Lebrun qui lui fait découvrir sa galerie d’art. Le 11 janvier 1776, elle l’épouse dans l’intimité et se fait désormais appeler Elisabeth Vigée-Lebrun. Le couple achète deux ans plus tard l’hôtel de Lubert aux héritiers. Ils font agrandir l’hôtel entre 1784-1785 et confient les travaux à l’architecte Jean-Arnaud Raymond. Il accueille une salle destinée à la vente de tableaux. L’hôtel est relié par un escalier à une salle circulaire couverte d’une coupole et disposant d’un éclairage zénithal. A l’intérieur, la salle est entourée de gradins. Au-dessus de ces derniers, des arcades en plein cintre surmontées de rideaux forment un véritable décor de théâtre à l’antique.

Sous la Révolution, l’église Notre-Dame de Bonne-Nouvelle étant fermée, la salle Lebrun est réquisitionnée pour la célébration de mariages et de baptêmes. Puis elle sert de salle de concert et disparaît finalement au cours du XIXe siècle. Plus aucune trace ne subsiste aujourd’hui.  Un second hôtel est construit au fond du jardin qui prendra le nom d’hôtel Lebrun. Sur la rue du Sentier, la façade est entièrement appareillée à refends. Un étage d’attique couronne la façade au-dessus d’une corniche saillante. Sur le jardin, la façade présente une grande originalité : elle forme un demi-cercle.

19 cléry 03

Elle est sobrement animée de refends au rez-de-chaussée, de niches où prennent place des statues au 1er étage et d’un long bas-relief au niveau de l’attique sous la corniche. Le toit est plat et agrémenté d’une balustrade. A l’intérieur, l’entresol est destiné à la location. Le 1er étage abrite deux appartements destinés aux époux Lebrun. Au 2e étage, une grande galerie de 28 m de longueur accueille la bibliothèque et les tableaux de la collection Lebrun. Elle sert également d’atelier de peinture à Mme Vigée-Lebrun car elle bénéficie d’un éclairage zénithal. Aujourd’hui, l’hôtel existe toujours mais ses façades ont été dénaturées. La couple y vivra jusqu’en 1789. Très critiquée sous la royauté pour sa proximité avec la famille royale, Elizabeth Vigée-Lebrun est très impopulaire au point que son hôtel est saccagé et manque d’être incendié au début de la Révolution.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s