Boulevard de Sébastopol

Il commence 12 avenue Victoria et se termine 9 boulevard Saint-Denis.

Histoire

Long de 1 332 mètres et large de 30 mètres, il est d’abord une voie de grande circulation pourvue de trois voies automobiles et un couloir de bus. Son nom perpétue le souvenir di siège de Sébastopol, durant la guerre de Crimée. Le boulevard de Sébastopol est l’une des voies percées par Haussmann lors des travaux de transformation de la capitale. Son percement est déclaré d’utilité publique en 1854. Tout d’abord nommé « boulevard du Centre », il est renommé « boulevard de Sébastopol », quelques jours après la victoire remportée le 8 septembre 1855 par les troupes de Napoléon III. Le boulevard est inauguré en 1858.

Immobilier

141 : ancien immeuble Félix Potin, actuellement occupé par un magasin de l’enseigne Monoprix. Félix Potin monte à Paris en 1836 où il est commis épicier pendant huit ans. Il s’installe à son compte en 1844. A de fortes marges sur des produits vendus en faible nombre, il préfère vendre beaucoup à bon marché. Il affiche les prix, qui sont fixes, et la vente se fait au comptant. Pour fidéliser la clientèle, Potin vend certains produits de base (sucre, huile) à prix coûtant, faisant son bénéfice sur d’autres produits plus luxueux. En 1860, il ouvre une nouvelle épicerie boulevard Sébastopol. Dix ans plus tard, la Maison propose à sa clientèle un service de livraison à domicile. Lors du siège de Paris en 1870, Potin refuse de participer à la spéculation sur les produits alimentaires et maintien des prix bas dans son magasin où il organise le rationnement et met la nourriture (5 000 kg de riz) à disposition des cantines nationales. Félix meurt en juillet 1871 et la Maison est alors repris par sa veuve. Dans les années 1880, elle accueillera un jeune homme très prometteur, Auguste Fauchon. La Maison ouvre tout au long du siècle des magasins sur le boulevard. La crise de 1929 n’épargne pas l’enseigne qui connaît alors des difficultés financières. Elle va passer de main en mains jusqu’à sa dissolution en mars 2009.

141 sebastopol 01

135 : le passage Lemoine est un petit raccourci entre la rue Saint-Denis et le boulevard Sébastopol, formant une sorte d’allée ponctuée de petites cours.  Cette ruelle prend le nom d’Etienne Houssaie après que celui-ci eut acquis une maison dans cette allée le 22 mai 1658. En 1714, la présence de l’étroite venelle est enfin répertoriée sur un plan, sous le nom de rue de la Houssaie. Au cours du XIXe siècle, le passage prend le nom d’un autre propriétaire des lieux, un certain Lemoine dont la veuve et les héritiers ont quelques démêlés avec leurs créanciers à la suite d’hypothèques contractées sur les portions indivises. L’immeuble du passage est vendu en 1830 puis en 1833 pour régler les dettes de la famille. Les grands travaux haussmanniens amputent le passage d’une partie à l’est et le dotent en façade sur le boulevard, d’un immeuble classique en pierre de taille. En 1870, Eugène Pottier, dessinateur d’étoffe et son épouse, qui tient alors un établissement de bain, y demeurent. Celui-ci, membre actif de la Commune de Paris, rédige en 1871 un poème à la gloire de l’Internationale ouvrière dont les mots mis en musique deviendront les paroles du célèbre chant révolutionnaire.

131 : Ce bel hôtel construit en 1734 par l’architecte Jacques Hardouin-Mansart de Sagonne, petit-fils de Jules Hardouin-Mansart, résulte de la commande d’une communauté religieuse voisine. La porte principale de l’hôtel est frappée d’un écusson encadré de deux consoles soutenant un superbe balcon en fer forgé ouvragé. Un corridor permet de traverser le bâtiment pour gagner une nouvelle cour et admirer la seconde façade, plus en rondeurs. A la clef, une œuvre de Nicolas Pineau représente un visage féminin d’une grande finesse.

127 : cette boutique où se succéda divers commerçants fut le témoin d’événements illustres. En octobre 1906, la foule parisienne se pressa sur les trottoirs afin de regarder passer le cortège de Lord-Maire de Londres, soit le « maire » de la Cité de Londres. Il est le prometteur et porte-parole des entreprises de la Cité de Londres (en majorité des sociétés financières). Il passe près de 100 jours par an à l’étranger ; il a parcouru 22 pays en 2012 et prononcé 800 discours. En 1914, les époux Duchenaud sont contraints de fermer leur boutique de mode située au rez-de-chaussée. Ils sont rapidement remplacés par Monsieur Salamander qui y vend des chaussures allemandes. En ce début de conflit, les Parisiens ne tolèrent pas cette « impertinence » et saccage le magasin.

123 : ici se dresse un hôtel dédié au 7e Art, le 123 Sébastopol. Toute la décoration est signée par l’architecte Philippe Maidenberg en collaboration avec de célèbres artistes tels que Jean-Paul Belmondo, Claude Lelouch, Danièle Thompson, Elsa Zylberstein ou encore Ennio Morricone. Dès le hall d’entrée, vous êtes accueillis par un guichet de cinéma américain. Cet hôtel 4 étoiles n’en oublient pas pour autant le confort et propose à ses clients des services haut de gamme. Ces derniers disposent d’une salle de restaurant, d’une salle de sport et d’une salle de cinéma (of course).

119 : passage du Ponceau. Ce modeste passage fut construit en 1826 et ne connut jamais un grand succès. Des vagues successives de travaux d’aménagement ont peu à peu dénaturé les lieux, l’amputant de son décor d’inspiration néo-classique. Conçu afin de prolonger le tracé du passage du Caire, le passage du Ponceau relie, lors de sa construction, la rue Saint-Denis à la rue Saint-Martin. Le passage prend le nom d’une rue voisine, qui le devait d’un petit pont qui permettait de traverser un égout à ciel ouvert. Destiné à devenir une galerie marchande, le passage étroit (2,5 m de large) n’attira pas les commerçants. Le 26 novembre 1827, Arsène Chevalier, belle jeune femme, refuse d’épouser Jean-François Julien. Celui-ci blessé dans son amour-propre la poignarde. L’homme est condamné aux travaux forcés à perpétuité. En 1835, il n’y avait qu’une charbonnière et un marchand de vin.  Le passage est tronqué en 1854 lors du percement du boulevard de Sébastopol. Haussmann dote l’immeuble d’une nouvelle façade avec une entrée monumentale dont le porche est orné d’un cartouche.

113 : atelier de fabrication de vues stéréoscopiques à la fin du second Empire, Maison Ferrier Père et Fils et Soulier. La stéréoscopie est l’ensemble des techniques mises en œuvre pour reproduire une perception du relief à partir de deux images planes. La désignation récente de « film en 3D » est employée par anglicisme et par méconnaissance de la terminologie correcte : film stéréoscopique ou film en stéréoscopie.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s