Rue Montorgueil

La rue doit son nom à la butte située au nord-est du quartier Bonne-Nouvelle, dénommée au XVe siècle « Mont Orgueil », vers laquelle elle conduit toujours.

Histoire

montorgueil 01C’est une importante artère marchande depuis l’implantation des Halles au XIIe siècle au cœur de Paris. Elle constitua longtemps l’une des dernières escales de la marée en provenance des portes du Nord, dont elle écoulait la pêche. Un marché aux huîtres était notamment implanté à hauteur de l’actuelle rue Etienne Marcel, et ce jusqu’au percement de cette voie. Les cabarets des environs, qui tiraient profit du voisinage de ces commerces, étaient réputés pour l’excellence de leurs fruits de mer. La rue Montorgueil est aujourd’hui l’axe principal et le plus animé du quartier piétonnier et aménagé en 1994. Les commerces de bouche ont investi quasiment l’intégralité des boutiques.

Immobilier

78 : l’histoire du « Rocher de Cancale » remonte au début du XIXe siècle. En 1804, Alexis Balaine ouvrit un modeste cabaret, où l’on pouvait déguster des huîtres. Il comptait parmi sa clientèle les membres de la société littéraire et bachique du Caveau, amateurs de bon vin. Pour bonifier son affaire, Balaine assortit aux saveurs gastronomiques un décor raffiné, et sut faire de son restaurant « le rendez-vous de la meilleure société de Paris », selon les termes de Balzac, qui évoque souvent le lieu dans la Comédie humaine. D’autres écrivains, tels Eugène Sue, Théophile Gauthier ou Alexandre Dumas, ont aussi fréquenté le « Rocher de Cancale » et l’ont immortalisé dans leurs œuvres. Après la fermeture de ce premier restaurant en 1845, un autre propriétaire ouvrit son établissement en 1850 sous la même enseigne, qui se maintient aujourd’hui. La façade actuelle date de cette époque, et des vestiges de la décoration de la fin du XIXe siècle ornent toujours la salle du premier étage.

Rocher-de-cancale

Ces panneaux peints, attribués à Gavarni, illustrent sur un ton humoristique de joyeuses ripailles. La vieille enseigne, ornée d’un rocher tapissé d’huîtres et de moules, demeure toujours à l’angle des rues Montorgueil et Greneta. Longtemps, cet établissement fut occupé par un magasin de confection avant de retrouver son activité originelle de restaurant et d’être entièrement restauré.

51 : la pâtisserie Stohrer conserve elle aussi son décor raffiné du XIXe siècle, plafond peint exécuté par l’atelier Thivet et panneaux décoratifs représentant des Renommées sous les traits de femmes vaporeuses, dus au peintre Paul Baudry, l’éminent peintre des plafonds du grand foyer de l’Opéra Garnier, en 1864.

Mais la boulangerie est plus ancienne : elle fut fondée en 1730 par l’ancien pâtissier de la cour de Lorraine, Stohrer, dont Marie Leszczynska désira la présence en France lors de son mariage avec Louis XV, en 1725. Stohrer innova en proposant à sa clientèle un nouveau gâteau, l’ali-baba, d’après une recette polonaise.

De cette époque, datent aussi l’immeuble et la porte. Celle-ci est surmontée d’un trophée entremêlant les attributs de la science et de l’architecture. Vestiges du cabinet de l’architecte Rohault de Fleury qui construisit en 1830 les serres du Jardin des Plantes.

51 montorgeuil 08

 

 

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