Antoine-Marie Chamans de Lavalette

 

Antoine Marie Chamans de Lavalette épousa le 22 avril 1798 Emilie de Beauharnais, nièce de l’impératrice et ce, sur les conseils de Bonaparte. Conseil avisé puisque les deux époux s’aimèrent tendrement. En dépit du retour de Louis XVIII sur le trône et l’exil de Napoléon à Sainte-Hélène, Lavalette refusa de s’enfuir. Le 18 juillet 1815, il est arrêté chez lui et conduit à la Conciergerie pour conspiration contre l’Etat et usurpation de fonction (il a signé le passeport du comte Ferrand, ministre des postes, à sa place). Le comte est mis au secret, sans droit de visite, jusqu’à l’ouverture de son procès. Sa seule compagne aurait été la flûte du maréchal Ney, détenu au-dessus de lui. Le procès fut des plus agités : multiplication des faux témoignages et manipulation des jurés. Lavalette fut condamné à la peine capitale le 21 novembre 1815. Son épouse tentait chaque jour d’obtenir sa libération, ou au moins une remise de peine, auprès du roi, des ministres, ou d’une personne influente.  Le pourvoi en cassation fut rejeté.

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Le 19 décembre, veille de son exécution, elle et sa fille rendirent visite au prisonnier : « Il paraît trop certain que nous n’avons plus rien à espérer. Il faut donc, mon ami, prendre un parti : à huit heures, vous sortirez couvert de mes vêtements, vous monterez dans ma chaise à porteurs, qui vous conduira jusqu’à un cabriolet que monsieur Baudus vous tiendra prêt… Point d’objections : je meurs si vous mourrez ». Le comte, guère enjoué par ce plan, céda aux suppliques de sa femme. Il revêtit les affaires de son épouse, puis quitta la cellule au bras de sa fille. Il dissimula son visage dans un mouchoir, en passant devant le greffier, feignant d’être chagriné, monta les escaliers et sortit de la Conciergerie. Le cabriolet d’Amable de Baudus l’attendait et le conduisit au ministère des Affaires étrangères, dirigé par un complice le duc de Richelieu. Lavalette se cacha dans l’appartement de fonction de Bresson, le chef de la division des fonds et de la comptabilité.

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Le 8 janvier 1816, il quitta Paris avec la complicité de trois officiers anglais (Bruce, Hutchinson et le général Robert Wilson), déguisé en colonel, sous le faux nom de Lossack. Il gagna Mons en Belgique, puis la Bavière, siège de la famille Beauharnais. Gracié en 1822, Lavalette revint dans la capitale française et retrouva son épouse. Hélas, celle-ci, enfermée dans le cachot de Ney, fut maltraitée, menacée, terrorisée. Après l’accouchement de son enfant mort-né, elle perdit complètement la raison, et c’est dans cet état que son mari la retrouva.

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