François Médaille

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Certains divorces ne se passent pas toujours bien. Les époux se déchirent, s’insultent, se battent. Le couple Médaille n’y échappe pas. Ils se séparent après 26 ans de mariage. En 1889, François Médaille, âgé de 24 ans, épouse une jeune et belle ouvrière culottière, en dépit d’une sombre réputation. La jeune femme est accusée de mœurs légères. François s’en moque ; elle doit sa mauvaise éducation à ses parents : une mère cartomancienne et un père cuisinier de paquebot. Les années passent et la famille s’agrandit avec la naissance de trois enfants, dont deux, hélas, mourront en bas âge. A 45 ans, en 1910, François est devenu un petit homme chauve. Ancien lithographe, il est devenu artiste peintre et jouit des revenus locatifs de ses propriétés. Il a tout pour être heureux, dans sa maison rue de Belzunce. Tout ? Non.

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Depuis dix ans, il soupçonne sa femme d’adultère. En cette année 1910, les époux décident de divorcer. Leur demande est refusée par la cour d’appel ; Mme Médaille réintègre le domicile conjugal. Hors de question pour François de reprendre cette « pêcheresse » ! Il présente un recours en cassation et une nouvelle demande de divorce. Le 22 juillet, la demande est cette fois acceptée et la garde de l’unique enfant, Jeanne, confiée à la mère. Pour faire plaisir à sa fille, M. Médaille décide de l’emmener à Nice passer les congés d’août. Il se présente le 3 août au domicile de Madame et se heurte à un mur. La jeune fille ne veut pas descendre. Il est certain que sa femme bourre le crâne de Jeanne avec des mensonges éhontés. Furieux, François lance une procédure de référé, explique le 6 août au juge ses soupçons. Sa fille et lui s’entendent parfaitement bien. Pour preuve, ils sont récemment allés voir « Le secret de Polichinelle » au théâtre du Vaudeville.

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Lors de l’audience, Jeanne justifie sa décision en accusant son père de violence physique. François est indigné ! En attendant les résultats de l’enquête, la garde exclusive de l’enfant est confiée à la mère. C’est impossible ! s’écrie M. Médaille. Il refuse l’idée de ne plus voir sa fille. L’audience est terminée et la salle se vide. Mme Médaille sort avec son avocat, suivie de Monsieur avec le sien.

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Ils traversent la salle des pas perdus lorsque François sort un revolver de sa poche et décharge l’arme sur sa femme. Celle-ci s’écroule, morte. Un nouveau procès s’ouvre, aux assises, cette fois. Pour excuse, François déclare être devenu fou par la décision du juge. Jeanne maintient ses accusations de violences et l’affirmation prend du poids en raison des derniers événements. Maître Albert Clemenceau, face à l’avocat général Peyssonnié, va défendre son client avec émotion, jouant sur ses douleurs. La cour d’assises compatit. François Médaille est acquitté du meurtre de sa femme et condamné à un mois d’emprisonnement, ainsi qu’à verser 16 francs d’amende pour port d’arme dans un lieu public.

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