Passerelle Léopold Sédar Senghor

La passerelle Léopold-Sédar-Senghor, anciennement pont Solferino, traverse la Seine pour relier le quai Anatole France (7e arrondissement) et celui des Tuileries (1er arrondissement), créant ainsi une connexion entre les musées d’Orsay, du Louvre et de Légion d’honneur. La passerelle est le 36e pont de Paris.

solferino

Ses origines

Le premier pont construit à cet endroit vit le jour entre 1858 et 1859 sur les plans des ingénieurs Paul Martin de La Gallisserie-Gallocher et de Jules Savarin. Il prend le nom de Solferino en hommage à la victoire de Napoléon III sur les Autrichiens. Les trois arches en fonte, de 40 mètres de large chacune, supportent un tablier de 144, 50 mètres. Entre les culées en maçonnerie sont ménagées des arches de halage. Côté décoration, des écussons en pierre sculptés du monogramme de Napoléon et de la couronne impériale ornent les piles. Le 23 juillet 1944, la jeune résistante Madeleine Riffaud tue de deux balles dans la tête un officier allemand. Elle est arrêtée, torturée, internée avant d’être échangée.

En 1959, les services techniques observent de nombreuses fissures et avaries. Le ministère des Travaux publics fait fermer le pont et ordonne sa reconstruction. Il est détruit en 1960 et remplacé par une passerelle piétonne provisoire l’année suivante. Le pont en acier, reposant sur deux piles de béton, est édifié une trentaine de mètres plus en amont. L’édifice provisoire perdura jusqu’en 1992.

2e-solferinoLe projet Mimram

Dès 1991, un concours d’architecture est lancé. Huit projets s’opposent et des conflits naissent entre l’Etat et la mairie sur le choix du candidat. Finalement le concours est remporté par l’architecte Marc Mimram. Dans le cahier, le vainqueur doit faire face à deux grosses difficultés : l’accessibilité des quais (hauts et bas) et le respect de l’environnement architectural. Côté rive droite, comment construire un pont menant aux quais sans gêner la voie express ? Côté rive gauche, comment sécuriser l’accès au quai bas en raison de la voie sur berge ? L’architecte opte pour une arche unique de métal soudé, longue de 140 mètres et large de 15 mètres. Deux arcs d’acier s’élancent depuis les quais hauts et les berges pour se rejoindre au-dessus du fleuve. Le tablier de cette passerelle métallique est couvert de 120 tonnes de bois exotique (de l’ipé, un bois brésilien). Ses deux niveaux se rejoignent au centre et desservent aussi bien les quais que les berges de la Seine. Les fondations, des piliers en béton armé, s’enfoncent de 15 mètres sous terre. Sa structure est un assemblage de six éléments de 150 tonnes fabriqués par les établissements Eiffel. Coût total des travaux : 81 millions de francs (environ 12 millions d’euros). Le nouveau pont Solferino est construit entre 1997 et 1999.

Le pont est inauguré le 14 décembre 1999 en présence la ministre de la Culture et de la Communication, Catherine Trautmann, de l’architecte Marc Mimram et de bien d’autres personnalités politiques. Seul le maire de Paris, Jean Tiberi, joue les absents. Pourquoi ? Un nouveau conflit entre l’Etat et la mairie. Les frais de construction furent pris entièrement à la charge de l’Etat mais l’entretien est laissé aux soins de la mairie, or le nouvel édifice connait déjà des difficultés. Certaines parties du plancher sont glissantes donc dangereuses pour les passants, elles doivent être sécurisées en urgence. Les participants (environ 400 ce jour-là) racontent que le pont tangue ou vibre. Conclusion, une semaine après son ouverture, le pont est fermé. Quatorze amortisseurs sont posés et un système antidérapant (comme à la bibliothèque François Mitterrand ; d’ailleurs il s’agit du même bois) est ajouté. Coût supplémentaire des travaux : 6 millions d’euros, à la charge de Tiberi cette fois. Le pont est rouvert le 12 novembre 2000, soit onze mois plus tard. Néanmoins, l’ingéniosité et l’élégance de la passerelle valurent en 1999 à son concepteur, Marc Mimram, le trophée de « l’Equerre d’argent », sorte de prix Goncourt pour les architectes.

La passerelle fut rebaptisée par le maire de Paris, Bertrand Delanoë, et le secrétaire général de la Francophonie, Abdou Diouf, du nom de Léopold-Sedar Senghor, le 9 octobre 2006 à l’occasion du 100e anniversaire de la naissance du chef d’Etat sénégalais. L’année 2011 fut prolifique. Le collectif Gainsbourg 20 ans tourna sur le pont le clip de la chanson Requiem pour un con, en hommage à Serge Gainsbourg. L’épisode 13 de la saison 1 de XIII, la série y fut tournée. Et surtout les cadenas d’amour ont envahi ses parapets.

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