Le pont du Carrousel

Le pont du Carrousel traverse la Seine entre le quai des Tuileries, 1er arrondissement, et le quai Voltaire, 7e arrondissement. Il est également appelé pont des Saints-Pères ou pont du Louvre, en raison de la rue des Saints Pères et le palais du Louvre.

Histoire

Une ordonnance royale du 11 octobre 1831 autorisa la construction du pont en déclarant concessionnaire Monsieur Rangot, puis Monsieur Borde. Le droit de péage était prévu pour 34 ans et 10 mois à partir du 1er janvier 1833. Pour vous faciliter les calculs, elle devait durer jusqu’au 1er novembre 1867. Entre 1833 et 1834, Antoine Rémy Polonceau construisit un pont de trois arches, bien que la tendance soit aux ponts suspendus. La structure métallique était décorée de cercles de fer que les Parisiens comparaient à des ronds de serviettes.

Aux angles se dressaient quatre statues, œuvres du sculpteur Louis Petitot, représentant l’Abondance, l’Industrie, la Seine et la Ville de Paris. Le pont mesurait alors 169,5 mètres de long pour 11,85 mètres de large. Le 28 décembre 1949, la ville de Paris rachète le péage pour 1 766 656 francs, payables par annuité partielles entre le 1er septembre 1850 et le 1er novembre 1867. Sous le Second Empire, le pont voit sa circulation augmenter, en raison de la création des gares de Montparnasse et Saint-Lazare. Le préfet Haussmann décide de refaire le pont, mais en le déplaçant dans l’axe des guichets du Louvre. Projet avorté par le déclenchement de la guerre de 1870. En 1883, le pont est fermé à la circulation, pendant six mois, le temps de remplacer quelques poutres et traverses. En 1906, le platelage du tablier en bois est remplacé par du fer martelé. Hélas le pont reste étroit et bancal. En 1930, la hauteur du pont est jugée insuffisante pour la navigation fluviale. La mairie décide le détruire et de le remplacer par un nouvel ouvrage, face aux guichets du Louvre. Un avant-projet est présenté en 1932. Il est l’œuvre collaborative des ingénieurs Henri Lang et Jacques Morane et des architectes Gustave Umbdenstock et Tourry.

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Le nouveau pont se compose de trois arches en béton armé. Afin de rester dans le style de ses voisins (Louvre, Institut) l’ouvrage est recouvert d’un parement en pierre de taille. Les travaux débutent en 1935, en aval de l’ancien pont. Le début de la Seconde Guerre mondiale stoppe le chantier côté rive gauche, qui prendra fin en 1943. Les quatre allégories de Petitot retrouvent leur place.

L’éclairage est confié au sculpteur ferronnier Raymond Subes. En 1946, il met en place un système ingénieux de réverbères télescopiques. Les lampes s’élèvent de 12 mètres le jour et de 20 mètres la nuit afin d’éclairer le tablier dans sa totalité.  Le mécanisme tomba en panne peu de temps après sa mise en service ; il fut restauré en 1999.

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Le 1er mai 1995, Brahim Bouarram, un jeune marocain de 29 ans, est jeté dans la Seine depuis le pont du Carrousel par une bande de skinheads lors d’une manifestation du Front National. Ne sachant pas nagé, l’homme se noie et laisse ainsi deux orphelins. L’accusé, âgé de 19 ans, écope de huit ans de prison ferme, le 15 mai. En 2003, Bertrand Delanoë, maire de Paris, honore sa mémoire et appose une plaque en mémoire de toutes les victimes du racisme, côté rive droite.

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