La rue du Louvre

La rue du Louvre fut créée en 1853 et se situe entre le 1er et le 2e arrondissement de Paris. Large d’une vingtaine de mètres, elle s’étend sur 700 mètres. Cette rue a surtout la chance de posséder quelques magnifiques bâtiments.

La Cour des Fermes

L’entrée du n°15 se fait par un double portail monumental encadré de deux larges bustes d’atlantes (non symétriques) montés sur des consoles à guirlandes, soutenant à leur tour une balustrade. Celle-ci est en pierre sur les trois travées centrales. Le comble forme une sorte de fronton percé d’une lucarne soutenue par un double groupe sculpté représentant des enfants debout. Sur le reste de la façade, les balustrades sont en fer forgé et chaque fenêtre est encadré par des pilastres corinthiens. Franchissez le portail pour pénétrer dans la Cour des Fermes qui abritait autrefois l’hôtel des Fermes, siège de la ferme Générale chargée de récolter les impôts sous l’Ancien Régime. L’architecte Henri Blondel signe ici un de ses derniers chantiers parisiens, en 1889.

La Semeuse

L’immeuble de la Semeuse au n°16 est construit par l’architecte Frantz Jourdain en 1912 (le papa du magasin 2 de la Samaritaine) pour un certain Monsieur Cognacq (le fondateur des magasins La Samaritaine). Il montre son goût pour l’Art nouveau en employant des bow-windows, des formes arrondies et un décor floral. Les ébrasements supérieurs des fenêtres de l’entresol sont ornés de plaques de lave émaillée à décor floral multicolore.

Caisse d’Epargne

Au n°19 se trouvait l’ancien siège de la Caisse d’Epargne. L’hôtel aurait été reconstruit, ou tout du moins remanié, en 1735 par l’architecte François Debias-Aubry pour le riche fermier général Thoinard de Vougy. Il remplaça l’ancien hôtel de Noël de Bullion. Après avoir été occupé par deux banques, l’hôtel devient en 1865, le siège de la Caisse d’Epargne de Paris. Le portail est surmonté d’un écusson porté par un lion, dont la tête, gueule ouverte, domine les armes, en compagnie d’un aigle. L’accès au corps central de l’hôtel se fait par deux perrons d’angle dont les portes s’ouvrent vers l’intérieur. La façade se divise en cinq travées dont celle du centre forme un léger avant-corps. L’arcade du rez-de-chaussée est surmontée d’un mascaron, et la fenêtre de l’étage supporte un fronton triangulaire orné d’une horloge portée par un angelot assis.

L’industrie des Saints

Alors que l’industrie du jute est le monopole des Britanniques, la matière première vient des Indes. Les frères Pierre, François et Aimable Saints implantèrent une filature de jute à Beauval, près d’Amiens, au début du XIXe siècle. Leur entreprise devenant florissante, ils s’exportèrent à Paris, 32 rue du Louvre. Le magasin est construit selon la tradition architecturale commerciale de ce siècle : de grandes baies vitrées montées sur une ossature métallique (œuvre de Pinget et Vivinis). Pourtant, on y voit une nouveauté : une dalle de ciment armé en guise de plancher (un procédé de Piketty). L’entreprise des frères Saint s’enrichit grâce à la guerre de Crimée en 1855 qui priva l’Europe du chanvre russe et grâce à la guerre de Sécession qui fit monter le prix du coton dès 1861.

Henri Blondel

Pendant qu’il rénovait l’ancienne Halle aux blés pour la Chambre du commerce, Henri Blondel obtint la concession d’immeubles élevés autour de la Halle par Le Camus, situés rue des Viarmes et 40-42 rue du Louvre. Il fit tout abattre. Les nouveaux bâtiments devaient abriter un hôtel et des logements locatifs. Côté rue des Viarmes, les fenêtres du rez-de-chaussée et de l’entresol sont dissimulées par une galerie, tandis que celles du 1er et du 2e étage sont encadrées par des pilastres néo-corinthiens. Une balustrade de pierre en continue, fait le tour des deux immeubles. Observez l’impressionnante marquise en fer forgé de la rue du Louvre.

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Centrale Gutenberg

L’immeuble du 46 bis de la rue du Louvre fut bâti par l’architecte Boussard, en 1891, pour le central téléphonique de Paris. L’ancienne Centrale Gutenberg forme une curieuse rotonde en forme de tour, dont le parement est constitué de briques vernissées bleu pâle. Le rez-de-chaussée est percé d’arcades à chainage de pierre. Il est surmonté de deux étages dont les ouvertures sont encadrées de pilastres ioniques. Les deux étages suivants en encorbellement sont soutenus par des consoles en pierre. L’immeuble fut détruit en 1908 et reconstruit pratiquement à l’identique.

La Poste

5990125c17ae150c54499eaae7c1472d4b5c176bL’hôtel des Postes, situé entre le 48 et le 52 de la rue du Louvre, fut construit entre 1880 et 1886, par l’architecte Jules Guadet. L’homme s’était fait connaître en manifestant contre l’enseignement de Viollet-le-Duc à l’Ecole des Beaux-arts en 1863. La façade est encadrée par deux avant-corps légèrement saillants. Un petit soubassement de quatre marches permet d’accéder aux neuf arcades bombées du rez-de-chaussée, formant un portique ouvert, donnant accès aux bureaux. D’épais contreforts rythment jusqu’à l’attique, les neuf travées qui s’ouvrent au premier étage par de larges fenêtres. Derrière la pierre se dissimule une ossature métallique. En février 1935, un sac postal contenant 1,5 million de francs disparaît mystérieusement entre la chambre forte de la poste centrale et le fourgon des convoyeurs de fonds.

Le Figaro

Au n°37 se situent les anciens bureaux  du journal Paris-Soir, puis du Figaro, construits en 1934 par Jean Prouvost.

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