La colonne Médicis

Adossée à la Bourse de Commerce, cette curieuse colonne creuse, demeure le seul vestige de l’hôtel de Soissons. Edifiée par Jean Bullant, en 1575, pour Catherine de Médicis, dans la cour de son hôtel. Première colonne isolée construite dans Paris, elle est haute de 31 mètres, large de 3 mètres, et contient un escalier intérieur de 147 marches qui mène à une plateforme surmontée d’une structure métallique. Elle communiquait directement avec les appartements de la reine par une petite porte aujourd’hui murée. La cage était autrefois recouverte de verrières. La fonction exacte de l’édifice reste un mystère, même si un grand nombre d’auteurs penchent pour un observatoire en raison des penchants de la reine pour l’astrologie. Elle aurait servi de point d’observation des astres à Cosimo Ruggieri, l’astrologue de la reine. Indice : les angles du chapiteau sont orientés vers les points cardinaux.

Elle avait peut-être une vocation commémorative, enfin c’est ce que laissent supposer le H et le C entrelacés, monogrammes du roi Henri II et de la reine Catherine de Médicis. Observez toutefois les monogrammes dont les lettres sont bien différenciées. Henri II apposait des C opposés compris dans le H qui formaient ainsi des D opposés, lettres de Diane de Poitiers, sa maîtresse. Outre les 18 cannelures en arêtes dentelées de son fût, la colonne est décorée d’un chapiteau toscan dont la base est ornée d’oves et de petites rosaces. Après la mort de Ruggieri, en 1615, la colonne tombe en désuétude. L’hôtel de Soissons, dont dépend la colonne, est démoli en 1748 ; par chance, la tour est rachetée par Louis Petit de Bachaumont, chroniqueur du XVIIIe siècle. En 1764, la colonne est dotée d’un cadran solaire (aujourd’hui disparu), réalisé à 16 mètres au-dessus de sa base par l’astronome Alexandre Guy Pingré et d’une fontaine, en 1812, dont seul l’ornement subsiste. On put y voir le blason de la Ville de Paris, ainsi qu’une inscription latine : « In basi turris hujus e regiarum ædium reliquiis exstantis quod insigne opus a Johanne Bullant architecto anno post JC 1572 ædificatum anno autem 1749 destructum ut in frumentarias nundinas conversum sit utilitati civium et hujusce fori ornamento præfectus et ædiles fontem instauravirunt anno MDCCCXII ».

En dépit des nombreux bouleversements du quartier, la tour demeure ; peut-être bénéficie-t-elle de pouvoirs magiques ? Une légende raconte que les soirs d’orage, on peut voir une longue silhouette noire apparaître dans la cage de fer, à la faveur des éclairs. La colonne est classée aux Monuments historiques par liste en 1862.

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