L’église Saint-Leu-Saint-Gilles

L’église Saint-Leu-Saint-Gilles est une église du culte catholique, située au 92 de la rue Saint-Denis. Elle fait l’objet d’un classement au titre des Monuments historiques depuis le 20 mai 1915.

maison_ardoise_quartier_saint_denis-fd029Ses origines

Dédiée à saint Loup de Sens (qui donna saint Leu) et à saint Gilles (un ermite provençal), l’église fut fondée au XIVe siècle sur les ruines d’une chapelle élevée en 1235 par l’abbaye Saint-Magloire. Cette dernière avait quitté l’île de la Cité un siècle auparavant pour s’établir dans le bourg des Champeaux. L’édifice est bâti en 1319 dont ne subsiste que la nef voûtée d’ogives. Seules les six premières travées étaient voûtes, le reste du bâtiment était de charpente apparente. Les contreforts présentent la particularité d’être à l’intérieur de l’église ; modalité sans doute due à l’étroitesse de la parcelle.

Les bas-côtés sont construits au XVIe siècle et le chœur en 1611. Il est surélevé par rapport à la nef. Bien que son plan reste gothique, le décor quant à lui opte pour le style de la Renaissance. L’année 1727 marque un grand changement architectural. Les fenêtres sont agrandies et de fausses voûtes d’ogives en plâtre sont installées dans l’édifice. Les moulures des arcades sont retaillées afin de tomber sur des consoles polygonales.

En 1780, l’architecte Charles de Wailly aménage une crypte sous l’édifice, réservée aux chevaliers du Saint-Sépulcre de Jérusalem, obligeant ainsi la surélévation du chœur auquel on accède maintenant par un large escalier de pierre. En 1788, l’église est dotée d’un orgue, œuvre de François-Henri Clicquot. Il fut restauré en 1983. En 1793, l’église est convertie en dépôt de salaisons par les charcutiers du quartier.

Le culte de sainte Hélène

En 1819, les reliques de sainte Hélène sont transférées de l’abbaye d’Hautviller dans l’église de la rue Saint-Denis sur ordre des chevaliers de Saint-Sépulcre. La façade principale, déjà restaurée sous Louis XV et Louis-Philippe, est transformée en 1827. Le beffroi et la flèche de la tour gauche menaçant ruine, sont reportées par simple levage sur la tour de droite construite pour l’occasion. La tour de gauche est restaurée lors des travaux de 1849.

Le percement du boulevard de Sébastopol, de 1857 à 1861, amputa une partie de l’abside. Le déambulatoire est reconstruit en 1858 par l’architecte Victor Baltard qui supprima trois chapelles du chevet, les remplaçant par un mur plat de style néo-Renaissance. Il démolit l’ancienne chapelle de la Vierge au nord pour en reconstruire une autre au sud.

L’architecte coupa les colonnettes des piles à mi-hauteur pour y placer des têtes d’anges. En 1875, après la Commune de Paris, la châsse de Saint-Leu est ouverte afin d’établir l’authenticité des reliques. Monseigneur Richard, archevêque de Paris, pratique une sorte d’autopsie du corps humain, enfin de ce qu’il en reste (un tronc, sans tête, dont les membres ont été comprimés et aplatis). Authentifiées, les reliques sont alors placées en arrière du maître-autel, au pied d’un grand crucifix, suspendues entre deux piliers de l’abside, afin d’être vues de tous les fidèles. Le 16 octobre 1928, le cardinal Dubois, archevêque de Paris, célèbre une cérémonie de réintégration des chevaliers du Saint-Sépulcre. L’église devient ainsi le siège de la lieutenance de France de l’ordre équestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem ; les chevaliers obtenant la chapelle des fonts baptismaux pour leurs cérémonies. Le 17 mars 2000, les reliques de sainte Hélène sont translatées dans la crypte des chevaliers afin de faciliter les pèlerinages. La première liturgie orthodoxe, devant les reliques, est célébrée le 22 février 2003. La paroisse est actuellement confiée aux trinitaires. Outre ses activités de base et ses sessions spirituelles, elle porte particulièrement attention aux personnes sans domicile fixe du quartier des Halles. Le 17 septembre 2016, lors des Journées du Patrimoine, une fausse alerte d’attentat dans l’église provoque l’intervention de la BRI et une alerte SAIP.

Œuvres d’art

Le visiteur trouvera dans l’église Saint-Leu-Saint-Gilles quelques œuvres d’art intéressantes dont une statue de marbre de Jean Bullant, Sainte Anne et la Vierge, provenant du château d’Ecouen (XVIe siècle) ; deux tableaux, le Père éternel de Jean Jouvenet, et le Repas d’Emmaüs de Jean Restout. Dans la sacristie, une peinture sur toile, datée de 1772 raconte le sacrilège, la condamnation et le châtiment du soldat qui, au XVe siècle, avait mutilé une statue de la Vierge, rue aux Ours. La crypte abrite, outre le reliquaire, une statue, le Christ au tombeau, provenant de l’ancienne église du Saint-Sépulcre (XVIIIe siècle).

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