Basilique Notre-Dame des Victoires

Notre-Dame-des-Victoires est une basilique de l’Eglise catholique romaine située place des Petits-Pères. Elle est l’une des quatre basiliques mineures de Paris (Sainte-Clotilde dans le 7e, le Sacré Cœur de Montmartre dans le 18e et Notre-Dame du Perpétuel Secours dans le 11e), élevée à ce rang le 23 février 1927. Elle fait l’objet d’un classement au titre des Monuments historiques depuis le 12 mai 1972. D’où lui vient ce nom ? Louis XIII finança les travaux à la condition que l’église commémore sa victoire à la bataille de la Rochelle contre les protestants.

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En 1614, le roi Louis XIII promet de construire une église à Paris sous le vocable de la Vierge s’il remporte une bataille contre les protestants. En 1628, les Augustins déchaussés réclament au roi de l’argent afin de financer la construction d’une chapelle pour leur couvent. Venant de remporter une victoire à la Rochelle, il y consent en échange de la promesse de dédier celle-ci à la Sainte Vierge et à ses victoires. Le samedi 8 décembre 1629, le premier archevêque de Paris, Jean-François de Gondi, bénit les fondations de l’église, tandis que le souverain pose la première pierre, le lendemain, en présence des seigneurs de la Cour et des magistrats de la ville. La construction ne s’achèvera que 110 ans plus tard (1629-1740). Le premier plan fut dessiné par l’architecte Pierre Le Muet, mais faute d’argent les travaux furent suspendus. La construction est reprise en 1656 sous la direction de Jacques Libéral Bruant, puis de Robert Boudin et Gabriel Le Duc. L’édifice est achevé en 1740 par Sylvain Cartault. A la Révolution, l’église est pillée et les religieux délogés. Le bâtiment devient le siège de la Loterie nationale puis de la Bourse des valeurs de 1796 à 1809. Elle ne sera rendue au culte qu’en 1810. En décembre 1836, le curé de Notre-Dame des Victoires, l’abbé Desgenettes, consacra la paroisse au Très Saint et Immaculé Cœur de Marie (la chapelle est aménagée dans le bras droit du transept) et devint le siège d’une archiconfrérie et lieu de pèlerinage comme en témoignent les milliers d’ex-voto qui tapissent les murs. Erigée en basilique par le pape Pie XI en 1927, Notre-Dame des Victoires reste aujourd’hui un centre de conversion et de mission universelle.

DSC_0121La façade sud fut réalisée par Sylvain Cartault, l’architecte du duc de Berry. Elle présente une superposition des ordres ioniques (au rez-de-chaussée) et corinthien (1er étage). Le premier niveau est percé de trois portes dont la centrale, inscrite dans une arcade en plein cintre, est surmontée d’une gloire entourée d’angelots. Le second niveau, plus étroit, est percé d’une fenêtre et encadré par deux consoles renversées amorties par deux obélisques. Un fronton triangulaire, surmonté d’une croix haute de deux mètres, coiffe le portail. Sur le tympan, les armes de France sont entourées de drapeaux, de palmes et de branches, avant d’être surmontées de la couronne royale et entourées du grand cordon du Saint-Esprit (œuvre de Charles Rebillé).

L’intérieur de l’église, peu éclairé par le jour, comporte une nef à quatre travées voûtées en berceau, bordée de chapelles communiquant entre elles. Le transept est peu saillant et le chœur profond est flanqué de chapelles et terminé par une abside à trois pans.

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L’attention du visiteur est surtout retenue par le mobilier. L’orgue fut réalisé par Lesclop, facteur du XVIIIe siècle, et le buffet par Louis Régnier, membre de l’Académie Saint-Luc et maître menuisier à Paris, en 1739. L’orgue fut entièrement refait en 1974 par Alfred Kern. Seul le buffet est protégé au titre des Monuments historiques depuis le 20 février 1905. Il fut taillé et décoré dans la masse. Il est constitué d’un grand corps à cinq tourelles et d’un dispositif de dos à trois tourelles. Sa décoration, faite de bas-reliefs et de ronde-bosse, représentent des trophées, des vases et des instruments de musique. La tourelle centrale est surmontée par un ange tenant sur les genoux un livre ouvert. Les culs de lampe des tourelles sont ornés de têtes de chérubins. Le compositeur François Roberday en fut durant un temps l’organiste.

Le chœur, aux boiseries sculptées par Bardou, abrite un ensemble unique de sept grands tableaux exécutés entre 1746 et 1755 par Carle Van Loo, pour cette église. Six de ces toiles retracent des scènes de la vie de saint Augustin, tandis que la septième, au centre, montre Louis XIII dédiant Notre-Dame des Victoires à la Vierge. Quant aux vitraux, ils sont l’œuvre du verrier Antoine Lusson.

La chapelle saint Jean-Baptiste abrite les vestiges du cénotaphe (1690) de Jean-Baptiste Lulli, sculpté par Michel Cotton, et un buste du musicien, dû à Jean Collignon.

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La chapelle de Sainte-Anne, autrefois dédiée à saint Nicolas de Tolentino, fut restaurée et consacrée en 1865. Elle fut ensuite reconstruite en 1879 par le curé M. Chevojon. Sur les murs, de nombreux ex voto des années 1870 sont visibles. Le bas-relief central, nommé L’Education de la Vierge, est encadré par deux colonnes de marbre rouge et surmonté d’un petit chapiteau et d’une croix. Les peintures illustrant des arabesques végétales, affichent au centre les initiales S.A. (soit sainte Anne).

Dans la chapelle Notre-Dame des Sept douleurs, admirez la Piéta en bas-relief, réalisée par Charles Gonthier en 1876.

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La chapelle de l’autel de l’archiconfrérie abrite la statue de Notre-Dame des Victoires. La sculpture en plâtre durci fut installée en 1809, pour remplacer celle volée en 1796. Elle fut couronnée par le pape Pie IX en 1853.

Louis Martin, père de sainte Thérèse de Lisieux, fit dire des messes à l’intention de sa fille lors de sa grave maladie en 1883. Guérie, la jeune femme y vint plus tard en pèlerinage avec son père, si bien que chaque année la basilique accueille les reliques de la sainte pour une neuvaine de prière en mémoire de son passage. Une chapelle, consacrée le 16 janvier 2012, est dédiée aux parents de sainte Thérèse. Le couple a été béatifié le 19 octobre 2008 par l’Eglise, qui les a canonisés le dimanche 18 octobre 2015.

L’association militaire de saint Maurice est créée en 1843. Depuis des décorations, des objets militaires sont régulièrement offerts à Notre-Dame des Victoires. Un registre tenu de 1913 à 1930 indique la liste des dons, souvent anonymes. Ce sont des témoignages de reconnaissance pour une vie préservée, la concrétisation d’une promesse, les décorations d’un fils ou d’un époux mort aux combats. De nombreuses guerres y sont représentées : Crimée, Mexique, Tonkin, mais surtout la Première Guerre mondiale. Ainsi, plusieurs centaines d’insignes de la Légion d’honneur, de la croix de chevalier, de la plaque de grand officier, des dizaines de médailles militaires, des croix de guerre, des médailles commémoratives sont visibles. L’inventaire de 1936 faisait part de 1 679 décorations, françaises et étrangères, plus des casoars de Saint-Cyriens, des épaulettes et des sabres. Tous ces souvenirs furent rassemblés dans des vitrines, placées dans le chœur, la nef et le transept de la basilique. Le 31 mai 2006, une plaque de bronze émaillée est accrochée sur l’un des murs afin rappeler ces hommages. Elle fut offerte par des associations militaires et bénie par l’évêque aux Armées

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