Musée des Arts et Métiers

Le musée fut nationalisé en novembre 1789. Les collections du musée comptent actuellement près de 46 000 numéros d’inventaire. Cela regroupe environ 80 000 objets (dont 20 000 photographies) et 15 000 dessins et plans techniques formant le « portefeuille industriel ». Seuls environ 6 000 objets sont présentés dans les galeries du musée ; le reste étant conservés dans des locaux spécialement aménagés et répondant aux normes de conservation préventive, à Saint-Denis. Le musée comprend en particulier les grandes machines textiles, les machines-outils et les automates.

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Les collections

Les premières collections sont réunies à l’initiative du mécanicien français Jacques de Vaucanson (1709-1782). En 1752, ce dernier installe à l’hôtel de Mortagne, 51 rue de Charonne (11e arrdt), un cabinet de mécanique où il fait des démonstrations, notamment avec les objets qu’il a conçus et construits, comme les automates. Certains d’entre eux, comme le moulin à organiser la soie ou le métier à tisser les étoffes façonnées, sont parmi les plus anciens des collections du musée. Afin de favoriser la diffusion des savoirs techniques autrefois réservés à une élite et diffusés par le biais des corporations et métiers, la Révolution va chercher à mettre à la disposition de tous les citoyens des collections scientifiques et techniques. Claude Pierre Molard, qui avait été démonstrateur puis conservateur du prestigieux cabinet de Vaucanson, légué au roi en 1782, devient le premier administrateur du conservatoire.

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Les galeries du musée ouvrent leurs portes en mai 1802. Conformément à l’idée de l’abbé Grégoire, des démonstrateurs expliquent aux visiteurs le fonctionnement des machines. La collection va régulièrement s’enrichir, entre autres par le biais des expositions nationales des produits de l’industrie ou encore des expositions universelles, où le Conservatoire est généralement présent. La création d’un laboratoire expérimental de mécanique, au milieu des années 1850, l’installation d’une « salle des machines en mouvement » dans l’ancienne église prieurale et le développement de chaires d’enseignement technique donneront à l’institution l’occasion d’élargir le champ de ses collections. Aux instruments de mesure, toujours plus précis, s’ajouteront des modèles illustrant les perfectionnements industriels (papeterie, textile, arts du feu, génie civil, imprimerie, photographie, cinématographie, télégraphie, radiodiffusion, électricité, chemins de fer, aéronautique…). L’institution héberge, au début du XXe siècle, un musée de la prévention des risques au travail ainsi que l’Office national de la propriété industrielle, à l’origine de l’INPI. Transformé en « musée national des techniques », à la fin des années 1950, sous l’impulsion de l’historien des techniques Maurice Daumas, le musée des Arts et Métiers illustre par l’objet tous les bouleversements industriels des XIXe et XXe siècles. Tombé dans une certaine indifférence, le musée fait l’objet d’une profonde rénovation entre 1992 et 2000 pendant laquelle sera initié un immense chantier des collections (reprises de l’inventaire et étude des œuvres) alors que les bâtiments sont restaurés et réaménagés par Andrea Bruno et Luciano Pia. Les anciennes réserves, situées dans les combles du musée, sont installées dans un bâtiment moderne de François Deslaugiers à Saint-Denis (93).

Le musée

L’exposition permanente du musée est organisée en sept collections thématiques elles-mêmes subdivisées en quatre périodes chronologiques (avant 1750, 1750-1850, 1850-1950 et après 1950) : instruments scientifiques, matériaux, construction, communication, énergie, mécanique et transports. Des présentations complémentaires insistent sur des points particuliers : le laboratoire de Lavoisier, le théâtre des automates, les maquettes d’enseignement de Mme de Genlis. L’ancienne église présente, entre autre, l’expérience de la rotation de la Terre à l’aide du Pendule de Foucault.

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Les instruments scientifiques sont représentés par les collections des cabinets de physique de Jacques Charles ou de l’abbé Nollet auxquelles viennent s’ajouter le laboratoire d’Antoine Laurent de Lavoisier, les machines à calculer de Blaise Pascal, les horloges de précision de Ferdinand Berthoud, les instruments utilisés par Léon Foucault pour mesurer la vitesse de la lumière, le cyclotron de Frédéric Joliot-Curie au Collège de France ou encore plusieurs objets illustrant les progrès de la robotique. C’est pour aider son père dans ses comptes que Blaise Pascal, âgé de 19 ans, conçoit en 1642 cette machine effectuant les additions, les soustractions ainsi que les multiplications.

Les techniques de construction et de fabrication des matériaux sont représentées par la fabrication des textiles, de Vaucanson à la mécanisation de la fin du XIXe siècle en passant par Jacquard, les arts du feu (verreries d’Emile Gallé et céramiques de la manufacture de Sèvres et des verreries de Murano), le développement de la métallurgie, la mise au point de procédés de production à grande échelle (comme la galvanoplaste), l’élaboration de matériaux synthétiques… Les éléments mécaniques et d’automatismes sont présentés dans des vitrines du XIXe siècle. Côté construction, on retrouve les outils (charpentier, maçon, tailleur de pierre) et les maquettes d’architecture (charpentes en bois, fermes métalliques, immeubles civils, ponts). L’évolution de l’énergie est présentée par la machine de Marly, la machine de Watt, la pile de Volta et les premiers moteurs thermiques, le Diesel et le nucléaire.

L’évolution des transports et communications est exposée du Fardier (1770), curieux chariot à vapeur, de Nicolas-Joseph Cugnot jusqu’à la Ford T, de la locomotive de Stephenson au TGV, mais aussi avec la presse à bras et les satellites, avec le développement de l’imprimerie de masse, la radiodiffusion et la télévision, la photographie et le cinématographe, la téléphonie mobile ou encore Internet. Vous pourrez voir le premier cinématographe de Louis Lumière. Le Fardier était un engin destiné à transporter les lourdes pièces d’artillerie sur les champs de bataille. Il pouvait rouler à 4 km/h. Dépourvu de freins, le Fardier avait percuté un mur, provoquant le premier accident de l’histoire de l’automobile, mettant ainsi fin à une carrière prometteuse.

Dans l’ancienne église sont présentés les objets de grand volume comme le pendule de Foucault, les avions de Blériot et de Breguet ou encore la machine à vapeur de Scott. Clément Ader donna en 1903 au musée son aéroplane dit Avion 3, qu’il avait mis au point de 1893 à 1897. Cet avion avait parcouru quelques centaines de mètres, pris de la vitesse et quitté sporadiquement le sol. En raison des conditions météorologiques déplorables, il avait atterri brutalement, brisant ses ailes, roues et hélice. Découragé, Ader abandonna ses recherches.

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Le musée des Arts et Métiers dispose d’un centre de documentation de référence sur l’histoire des techniques, proposant un fonds d’environ 10 000 monographies et 150 abonnements à des périodiques spécialisés. Des collections de catalogues de constructeurs y sont également conservées, formant un fonds original en partie numérisé et accessible via le conservatoire numérique des Arts et métiers.

La photothèque du musée conserve, gère et diffuse un fonds photographique de référence en histoire des sciences et des techniques. Constitué et enrichi depuis le début du XXe siècle, ce fonds est la mémoire du développement des sciences et des techniques, du XVIe siècle à nos jours. Il est également le témoin photographique de l’histoire des lieux, des événements et des manifestations scientifiques. On peut découvrir dans les archives, les collections d’instruments scientifiques, de mécanique, matériaux, communication, constructions, transports et dessins du portefeuille industriel, ainsi que les lieux d’expositions.

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