Théâtre de la Gaîté-Lyrique

La Gaîté-Lyrique, anciennement théâtre de la gaîté, est une salle de spectacle reconvertie en centre culturel consacré aux arts numériques et aux musiques actuelles depuis 2011.

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Origine

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En 1759, Jean-Baptiste Nicolet installe sur le boulevard du Temple un spectacle dans la tradition du théâtre de la foire, qui attire un public grandissant malgré les plaintes de la Comédie-Italienne, officiellement protégée par privilège. En 1772, la troupe de Nicolet obtient la dénomination royale de « théâtre des Grands Danseurs du Roi », rebaptisé en 1789 « théâtre de la Gaîté et Grands Danseurs », puis simplement « théâtre de la Gaîté » en 1792. En 1795, Nicolet passe la main à Louis-François Ribié qui crée le « théâtre d’Emulation » mais jette l’éponge quatre ans plus tard. Redevenue Gaîté et dédiée au mélodrame, la salle est entièrement reconstruite en 1808 par l’architecte Antoine Peyre et dotée désormais d’une capacité de 1 800 places. Le dramaturge René-Charles Guilbert de Pixerécourt, à qui la salle doit en grande partie son succès, en prend la direction de 1825 à 1830. Détruite par un incendie en 1835 pendant une répétition générale, elle est immédiatement reconstruite d’après les plans d’Alexandre Bourlat. Montigny, Horace Meyer, Hippolyte Hostein et Alfred Harmant se succèdent à la tête de la salle. Frédérick Lemaître y joue Paillasse en 1850 et Joseph Fauveau en 1854. Fréquenté par toute la bonne société du second Empire, il accueille Napoléon III et son épouse. Cette notoriété lui vaut, lors de son expropriation en 1862 pour permettre le percement de la place de la République, d’être aussitôt transféré dans une salle édifiée presque à l’identique par l’architecte Alphonse Cusin, square des Arts-et-Métiers.

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Temple de l’opérette

Succédant à Louis Dumaine, Victor Koning et Pierre Grivot, Jacques Offenbach, qui prend la direction de la Gaîté en juin 1873 et la consacre dès lors à l’art lyrique. La scène était équipée des derniers perfectionnements techniques qui permettaient des effets à sensation. Conçue pour 1 800 spectateurs, la salle circulaire et couverte en coupole était luxueusement aménagée. L’éclairage en était assuré, non plus par les lustres classiques, mais par une rosace de verre, au centre de la coupole, et à la base par des arcades elles aussi garnies de verre en facettes qui diffusaient la lumière. Le vestibule et le foyer furent décorés avec l’opulence un peu lourde, habituelle aux bâtiments du second Empire. Le plafond du grand foyer divisé en quatre compartiments s’ornait d’allégories de la Peinture, la Musique, la Sculpture et l’Architecture peintes par Jobbé-Duval. A chaque extrémité de la pièce, deux cheminées étaient surmontées de représentations de la Tragédie antique et de la Musique peintes par le même artiste. Albert Vizentini, son chef d’orchestre, lui succède en 1875. Entre le 5 mai 1876 et le 2 janvier 1878, sous l’appellation « théâtre Lyrique National », il crée plusieurs opéras tels Paul et Virginie de Victor Masse ou Le Timbre d’argent de Camille Saint-Saëns. Il est baptisé « théâtre municipal de la Gaîté-Lyrique » en 1907. En 1921 et 1924, la troupe des ballets russes de Serge Diaghilev s’y représentent avec un immense succès, Le sacre du printemps d’Igor Stravinski et Parade d’Erik Satie. Dans les années 1930, Le Pays du sourire y est créé avec Willy Thunis. Après la Seconde Guerre mondiale, Henri Montjoye, puis son épouse Germaine Roger prennent la direction du théâtre. On renoue avec le succès grâce, entre autres, aux mélodrames chantés, à l’instar de la Chanson Gitane, interprété par le couple de scène André Dassary et Marina Hotine Andalousie, Chevalier du ciel, ou Visa pour l’amour de Francis Lopez avec Luis Mariano et Annie Cordy, Collorado avec Michel Dens, Minnie Moustache avec les Compagnons de la chanson. Le théâtre ferme en 1963 pour cause de déficit.

Période creuse

Le théâtre nécessite d’importants travaux que la ville de Paris n’est pas disposée à financer et reste à l’abandon. A partir de 1967, il ouvre épisodiquement. En 1973, le théâtre rouvre pour accueillir le TNP dont la salle au palais de Chaillot est alors en travaux. En 1974, le Carré Silvia-Monfort et la première école de cirque s’y installent pour quatre ans. Le service de sécurité de la Direction des domaines de la Ville de Paris interdit l’usage de la salle à l’italienne. Pour séparer la scène de la salle, un grand mur en béton est alors construit dans l’ancienne salle à l’italienne. En lieu et place de la scène, une nouvelle salle est réalisée. Au vu des risques d’incendies, six pompiers sont de service les premiers soirs de représentations. Pour créer une deuxième salle plus petite, l’installation d’un plancher condamne le hall et l’escalier de marbre. Le théâtre est dans un triste état et a un besoin essentiel de restauration pour ne pas sombrer. Jacques Chirac, maire de Paris, débloque les fonds pour réaliser les travaux tant attendus en 1977. Ils sont d’abord remis à plus tard et n’auront jamais lieu. Le site est laissé à l’abandon. Au début des années 1980, le dôme magistral de la salle menace de s’effondrer et une portion de la grande salle est bétonnée faute de mieux. En 1984, le théâtre est classé à l’inventaire des monuments historiques.

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Planète magique

En 1985, la ville concède le théâtre au groupe DIC (Diffusion Information Communication) fondé par Jean Chalopin et connu comme principal producteur de dessins animés pour la télévision. L’objectif est la création d’un grand centre d’attraction pour enfants, dont le projet a été conçu par l’architecte Pierre-Alexis Kobakhidzé. En décembre 1989, le théâtre est inauguré sous le nom « Planète Magique ». La façade, le foyer de l’impératrice Eugénie et le hall d’entrée sont rénovés. Par contre, la grande salle à l’italienne est détruite. Le nouveau projet qui a transfiguré le théâtre est un échec. Deux mois plus tard, la société dépose le bilan. En 1991, le théâtre ferme de nouveau.

Ere du numérique

En 2001, sous l’impulsion de Bertrand Delanoë, la ville de Paris prend la décision d’y créer un centre culturel consacré aux arts numériques et aux musiques électroniques contemporaines. Prévu à l’origine pour ouvrir en 2005, le projet architectural définitif n’est validé qu’en juillet 2006. Les travaux débutent en août 2007, la délégation de service public étant confiée à l’architecte Manuelle Gautrand. Les travaux s’achevèrent en janvier 2011 ; l’inauguration de ce nouvel établissement a lieu le 1er mars 2011 et son ouverture au public le 2 mars. Jérôme Delormas est alors chargé de la gestion, de la direction et de la direction artistique. Des fonctions qui incombent, depuis 2016 à Marc Dondey. Bien que la rénovation du bâtiment soit conséquente, le projet veut respecter les parties historiques du bâtiment. Ainsi, la Gaîté-Lyrique se présente comme un « bâtiment outil » au service des artistes et des thématiques mises en place chaque année. Il se présente comme un endroit pour comprendre les relations entre les progrès techniques et l’évolution des formes artistiques en permettant la rencontre de la culture, de l’histoire et de la modernité. Il témoigne ainsi de l’hybridation des médias propre à l’expression artistique du XXIe siècle. Cet établissement culturel de la Ville de Paris est géré, en délégation de service public, par un groupe financier composé de la maison de disques Naïve, et la société Ineo. Le budget annuel de fonctionnement était en 2011 de 9,5 millions d’euros, dont 5,45 de subventions municipales.

Architecture extérieure

La façade mesure 18 mètres de long. Elle présente au rez-de-chaussée cinq arcades à bossages dominées par une loggia dont les cinq arcs retombent sur des colonnes de marbre rouge à chapiteau de bronze. Elle est cantonnée de part et d’autre de pilastres contre lesquels sont adossés deux statues de 2,30 mètres : à droite, le Drame sous les traits de Hamlet de Shakespeare (œuvre d’Eugène-Louis Godin), et à gauche, la Comédie personnifiée par Scapin de Molière (statue d’Amédée Doublemard). La construction se termine par trois groupes de fenêtres géminées, cintrées, séparées par des pilastres cannelés. Les allégories de l’Art lyrique, la Comédie et la Poésie qui avaient été sculptées par Dubray au sommet de la corniche ont disparu.

Architecture intérieure

Le vestibule et le foyer de l’impératrice Eugénie ont perdu de leur superbe ; la salle à l’italienne a été morcelée et réduite en plusieurs salles et amphis destinés aux expositions et aux concerts. C’est un espace de création et de diffusion d’une surface de 11 000 m² sur cinq niveaux accessibles au public et deux niveaux privatifs. Il propose : la grande salle (300 places assises ou 750 debout), la petite salle (70 places assises ou 150 debout), la chambre sonore (6 à 8 places), l’auditorium (130 places assises), le plateau média (espace de programmation en libre-service qui propose des rencontres, tables rondes, diffusés en direct sur internet), 1 000 m² d’espaces d’exposition, l’espace jeux vidéo (accès libre à une sélection de jeux actuels et anciens), le centre de ressources (2 000 ouvrages autour des cultures numériques), le foyer historique, un studio de répétition, un studio d’enregistrement, un studio d’enregistrement, trois studios multimédia, la boutique, un café et un espace de création.

 

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