Synagogue Nazareth

Le Consistoire central israélite de France nomme d’habitude les synagogues par le nom de la rue où elle se situe. Par exemple : la synagogue de la Victoire, 44 rue de la Victoire dans le 9e arrondissement ; ou la synagogue Buffault, 28 rue Buffault dans le 9e arrondissement. Exceptionnellement, en raison du caractère chrétien du nom de la rue, cette synagogue n’est pas dénommée synagogue Notre-Dame-de-Nazareth, mais plus simplement synagogue Nazareth. Le bâtiment fait l’objet d’une inscription au titre des monuments historiques depuis 1986.

Premier édifice

En 1810, les Juifs parisiens de rite allemand (Ashkénaze) possédaient deux synagogues, l’une située rue Sainte-Avoye (actuelle rue du Temple) et une autre rue du Chaume (actuelle rue des Archives). Expulsée de la rue Sainte-Avoye par son propriétaire en 1818, la communauté fait l’acquisition en 1819 d’un terrain situé entre le 14 rue Neuve-Saint-Laurent (actuelle rue du Vertbois) et le 15 rue Notre-Dame-de-Nazareth. Après autorisation obtenue du roi Louis XVIII par ordonnance du 29 juin 1819, le Consistoire israélite de Paris, fait construire une synagogue selon les plans de l’architecte Sandrie de Jouy. Elle sera inaugurée en 1822. Elle peut accueillir plusieurs centaines de fidèles et possède des galeries pour les femmes. La synagogue de la rue du Chaume quant à elle, a été fermée l’année précédente. Très rapidement des anomalies sont constatées dans la construction, et en 1848, le bâtiment menace de s’écrouler. La police le ferme en 1850.

Deuxième édifice

Détruite, une nouvelle synagogue est reconstruite sur place d’après les plans de l’architecte Alexandre Thierry, grâce aux dons du baron James de Rothschild. La nouvelle synagogue est inaugurée le 1er avril 1852. Le compositeur Jacques Offenbach, à son arrivée à Paris, a été chargé, avec son frère, « de la formation et de la direction du chœur « durant six mois à partir du 1er décembre 1833. Le rite est alsacien et elle sera la résidence des Grands-Rabbins de France et de Paris jusqu’à la construction de la Grande-synagogue (rue de la Victoire) en 1875. Pendant la Seconde Guerre mondiale, la synagogue sera victime d’un attentat en octobre 1941 par des collaborateurs français, qui ne causera que quelques dégâts matériels. Le Grand-Rabbin de la synagogue, Joseph Saks et son épouse seront arrêtés et périront en déportation. En raison de l’afflux de Juifs originaires d’Afrique du Nord qui se sont installés dans le quartier, la synagogue est dédiée au rite séfarade.

Architecture

L’architecte a dû faire face à plusieurs contraintes lors de la conception des plans de l’édifice : exiguïté de la parcelle, nécessitée d’y place une assistance nombreuse, définir un style architectural (style qui servira de modèle aux futurs lieux de culte israélite). Souvent qualifié de romano-byzantin, le style de cette synagogue présente, en effet, un aspect roman fortement teinté d’orientalisme.

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La façade sur rue n’est en fait qu’un mur fermant la cour qui précède l’édifice proprement dit. La façade de la hauteur d’un étage comprend une travée centrale avec une grande porte, surmontée d’un fronton plat crénelé, et deux travées latérales avec une porte plus étroite, mais sans fronton. Sur le pourtour extérieur de cette porte est gravée la devise de la République française : « Liberté, Egalité, Fraternité ».

Derrière, on aperçoit le pignon de la salle de prière, avec une horloge où les chiffres ont été remplacés par les signes du zodiaque. Les aiguilles de l’horloge ont été arrachées lors de la tempête de 1999, et doivent normalement être bientôt réinstallées. Une rosace avec une étoile de David en son centre orne la façade, en dessous de l’horloge.

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En entrant dans la synagogue, on trouve fixées au mur de la salle située à gauche du péristyle, deux plaques de pierre noire avec inscription en lettres d’or, l’une avec le texte de l’ordonnance royale et préfectorale autorisant la construction de la première synagogue de 1822 et sur la seconde, la liste des membres du Consistoire de Paris de l’époque. Le nom de tous les membres de la communauté massacrés par les nazis pendant la Seconde Guerre mondiale est indiqué sur des plaques fixées dans le péristyle.

Les deux escaliers qui mènent aux tribunes ont été construits hors-d’œuvre et forment deux tourelles hexagonales de chaque côté de l’entrée.

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La nef est divisée de chaque côté par six arcades qui forment les bas-côtés ; les douze fenêtres symbolisent les douze tribus d’Israël. Avec ses deux rangées de tribunes superposées, la synagogue peut recevoir 1 200 fidèles.

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Celles-ci ne sont utilisées que pendant les grandes fêtes. Pendant la semaine où le nombre de fidèles se situe entre 30 et 50, ou les chabbat où le nombre de fidèles avoisinent 150 personnes, les hommes et les femmes se répartissent à gauche et à droite au rez-de-chaussée. Les arcs retombent sur des colonnes de fonte, matériau qui réduit leur encombrement.

Au fond de la nef, le sanctuaire est voûté en cul-de-four. On accède à la téba – autel sur lequel se fait la lecture des textes sacrés – par quatre marches, et au tabernacle par six autres marches de marbre blanc. Des symboles et caractères hébraïques peints constituent l’essentiel de la décoration avec les lustres et les candélabres. Le bâtiment, les peintures intérieures et les vitraux ont été rénovés à l’identique en 2000.

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