Eglise Sainte-Elisabeth-de-Hongrie

Edifice religieux datant des XVIIe et XIXe siècles. Tout d’abord chapelle du monastère des religieuses du Tiers-Ordre de saint François (de 1646 à 1792), puis église paroissiale catholique (depuis 1802) du quartier du Temple et église conventuelle de l’ordre souverain de Malte à Paris (depuis 1938).

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Monastère du Tiers-Ordre

C’est l’ancienne église conventuelle des religieuses tertiaires de saint François, communauté fondée par le père Vincent Mussart, connu pour avoir rétabli la règle du Tiers-Ordre au début du XVIIe siècle. Installées d’abord en province, les religieuses reçurent de Louis XIII, en janvier 1614, des lettres patentes leur permettant de s’établir à Paris. La construction de l’église est commencée en 1628 par le maître-maçon Louis Noblet et la reine Marie de Médicis pose la première pierre le 14 mai 1628. En 1643, Michel Villedo reprend les travaux qui ont été arrêtés en 1631, pour les terminer vers 1646. L’église est consacrée le 14 juillet 1646, sous la présidence de la reine Anne d’Autriche, par Jean-François Paul de Gondi, futur cardinal de Retz, et coadjuteur de l’archevêque de Paris. Elle est alors dédiée à sainte Elisabeth de Hongrie, la première tertiaire ayant prononcé des vœux solennels, et à Notre-Dame de Pitié. Le parrain et la marraine de la cloche sont le duc d’Angoulême, grand prieur de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem et Charlotte de Montmorency. La construction, tournée vers l’ouest contrairement à l’usage, ne comprenait qu’une nef de trois travées, flanquée au nord de trois chapelles et au sud du chœur des religieuses. Les bâtiments conventuels s’étendaient derrière l’église et le long de son flanc sud. Parmi les religieuses, il y eut les mesdemoiselles de Harlay, Trudaine, Berryer, Le Tellier, Voisin… Elles s’occupaient de l’éducation des jeunes filles ainsi que de personnes âgées.

La Révolution

Pendant la Révolution française, le 29 août 1792, les religieuses sont expulsées par les municipaux de la Commune de Paris. Le confesseur des Dames de Sainte-Elisabeth, l’abbé Georges Girault est arrêté et emprisonné au couvent des Carmes Déchaux. Assassiné le 2 septembre 1792, il devint le premier martyr des Carmes et fut déclaré bienheureux en 1926. Le père Elysée Guinain, chapelain des sœurs, est arrêté et emprisonné. La chapelle du couvent devient alors un dépôt de farine appelé « le magasin Elisabeth », ouvert jusqu’en 1802.

Eglise paroissiale

L’église est rendue au culte au début du XIXe siècle. C’est à cette époque qu’elle devient l’église paroissiale du quartier du Temple, l’église de la paroisse Sainte-Marie-du-Temple (qui se trouvait dans l’enclos du Temple, vers la rue Perrée) ayant été rasée en 1796 ou 1797. Les religieuses et leurs pensionnaires s’installent au 60 rue de Turenne. L’abbé Marc-Antoine de Plainpoint est curé de 1802 à 1813. En 1815, y est célébré une messe pour Louis XVI par Hyacinthe-Louis de Quélen, à la demande des baillis, commandeurs et chevaliers de l’ordre souverain de Malte. En 1829 fut construit le bas-côté sud, tandis que disparaissait le chœur des religieuses. En 1858, le percement de la rue de Turbigo supprima ce qu’il restait des bâtiments conventuels. C’est alors que l’architecte Etienne-Hippolyte Godde allongea la nef et construisit l’actuel chœur en hémicycle entouré d’un déambulatoire et deux grandes chapelles dans le bas-côté gauche. De 1923 à 1947, le curé de Sainte-Elisabeth est le chanoine et collectionneur d’art Albert Marcadé. L’église est classée au titre des monuments historiques en 1937 et devient l’église conventuelle de l’ordre souverain de Malte à Paris l’année suivante. Pendant la Seconde Guerre mondiale, elle servira de cachette à des familles juives du quartier. Dès 1985, une vaste campagne de restaurations sera effectuée par la ville de Paris.

Architecture

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Les ordres doriques et ioniques se superposent dans la façade où des pilastres cannelés alternent avec des fenêtres à fronton et des niches abritant des statues. Un entablement orné de triglyphes et d’une corniche à larmier sépare les deux étages. La partie supérieure est encadrée d’ailerons à enroulements terminées par des pots à feu, ornements que l’on retrouve à l’extrémité des rampants du frontin curviligne qui coiffe tout l’étage. Au centre du fronton, une guirlande sculptée entoure un chiffre où se lisent les lettres « SE » entrelacées.

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L’actuelle décoration sculptée date du XIXe siècle et nuit à l’aspect de la façade, pourtant harmonieuse et représentative du début du XVIIe siècle. Au tympan se trouve une Piéta (1860), œuvre de Joseph-Michel-Ange Pollet.

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Dans les niches de part et d’autre, les statues de saint Louis et sainte Eugénie (sainte patronne de l’épouse de Napoléon III) sont d’Anatole Célestin Calmels (1857). Dans les niches supérieures, on peut voir sainte Elisabeth par Emile Thomas et saint François d’Assise par Joseph Félon (1863).

La nef, voûtée d’arête, est rythmée de chaque côté par cinq arcades en plein cintre, séparées par des pilastres doriques. Sur la frise de l’entablement alternent triglyphes et métopes illustrant les instruments de la Passion et du culte. On peut y voir une statue de sainte Thérèse et de l’enfant Jésus.

Le chœur, voûté en cul-de-four, est séparé du déambulatoire par quatre colonnes. La demi-coupole est ornée d’une fresque représentant « la Glorification de sainte Elisabeth de Hongrie accueillie par les anges dans le ciel », peinte par Jean Alaux. Elisabeth a revêtu l’habit franciscain. Elle est saluée par les trois vertus théologales et les archanges saint Michel et saint Gabriel. Le maître-autel est décoré de peintures d’anges en adoration et d’un bas-relief de la Résurrection en bronze.

Dans le déambulatoire, en 1845, le curé Eloi Jousselin achète et fait installer les bois sculptés des stalles de l’abbaye bénédictine de Saint-Vaast d’Arras.

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Ces cent panneaux avaient été commandés à un atelier local par le Père Abbé en 1623. Ils représentent des scènes de l’Ancien et du Nouveau Testament. Ils portent la marque de la réforme issue du concile de Trente et reflètent la tendance théologique de l’époque 1623. Passés de mode, ils n’ont dû de subsister qu’à leur oubli dans un prieuré où ils avaient été déposés. Ils seront mis en place dans l’église parisienne par les soins de l’architecte Victor Baltard.

Dans le déambulatoire, on peut admirer aussi un triptyque en bois du XVIIe siècle illustrant le Christ en croix entouré de la Vierge et de saint Jean, quatre fresques du XIXe siècle (Les Béatitudes de Guermann Von Bohn, Les Sept sacrements de Paul Jourdy, le Jugement dernier d’Adolphe Roger et les Sept œuvres de Miséricorde de Jean-Louis Bézard).

Dans les bas-côtés se trouve la cuve baptismale provenant de l’église du Saint-Sauveur, rue Saint-Denis, détruite en 1787.

Le grand orgue est placé sur une grande tribune au fond de la nef. C’est le plus grand instrument de Louis Marie et Paul Louis Suret, inauguré en 1853. Après avoir été modifié profondément par la maison Gutschenritter, l’instrument finit par tomber en panne. Ayant perdu toute son intégrité, il est restauré en 1994-1999 par la manufacture Giroud, qui restitue la composition d’origine à l’exception de l’Euphone du grand orgue, qui est remplacé dans la composition actuelle par un Plein-jeu, et des jeux à anches libres, reconstitués à anches battantes. De plus, la pédale d’orage disparue est remplacée par un appel des jeux de 16 pieds du grand orgue. L’instrument est classé aux monuments historiques.

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