Restaurant « Chez Jenny »

39 bd temple 03

Sur l’ancien rempart devenu, par la volonté de Louis XIV, une promenade plantée d’arbres pour le plaisir des Parisiens, on vit éclore dès le XVIIIe siècle nombre de guinguettes et bals champêtres. On peut imaginer que Chez Jenny trouve son origine dans un de ces anciens établissements, car c’est une authentique construction du XVIIIe siècle avec sa porte charretière en pierre de taille, les fenêtres de l’étage légèrement cintrées dont les rebords sont de belle pierre moulurée. Restaurant russe en 1906, bal Victor de 1918 à 1913, l’histoire de la brasserie débute après 1930 lorsque Robert Jenny, Alsacien venu vendre bière et choucroute à l’Exposition coloniale, décide d’établir à Paris un restaurant typiquement régional. Après lui, Jean-Baptiste Fleck, président des hôteliers alsaciens, reprend et agrandit la maison. En 1939, Charles Bayer, œnologue réputé, donne une impulsion nouvelle à l’établissement qui restera dirigé par la famille jusqu’en 1980.

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Dès 1930, Robert Jenny s’était adressé au marqueteur Charles Spindler (1865-1939) déjà célèbre pour sa décoration du Queen Mary. La grande salle du restaurant comporte une série de tableaux de grande taille, en marqueterie de bois d’une finesse stupéfiante, dans une palette de coloris incroyablement nuancés, allant du presque blanc au noir, déclinant tous les tons de beige, de roux et de brun qui donnent une ambiance extrêmement chaleureuse.

Des centaines d’essences d’arbres sont nécessaires pour obtenir une telle variété de teintes et de textures, répondant aux exigences de l’artiste. Entre 1935 et 1937 fut exécuté au premier étage le beau salon Spindler sur les murs duquel la marqueterie est appliquée sans interruption, comme une fresque.

Les sujets s’inspirent essentiellement des scènes traditionnelles alsaciennes. A la même époque fut sculptée la grande statue de bois au bas de l’escalier : une Alsacienne en costume offrant les produits de son terroir. Paul-Louis Spindler (1906-1980) est alors le collaborateur de son père et poursuivra l’œuvre de ce dernier après sa mort. Actuellement son fils Jean-Charles perpétue la tradition familiale.

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Entre 1956 et 1958, la décoration est complétée par Jean-Jacques et Albert Erny, sculpteurs sur bois, issu eux aussi d’une longue tradition alsacienne. Ils ont composé de grands panneaux de boiserie figuratifs : la salle des Métiers au rez-de-chaussée ; au premier étage, la salle des Quatre-Saisons, la salle des Provinces, la salle de Colmar. En 1980, la nouvelle direction a entrepris des rénovations d’un goût douteux (monstrueuses lanternes « de style », division de la salle du bas en compartiments, façon pub anglais), mais l’essentiel demeure et ce cadre est unique en son genre à Paris.

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