Cadran solaire de la rue Perrée

L’immeuble d’habitation en pierre de taille fut construit en 1908 par les architectes Raymond Barbaud et Edouard Bauhain et décoré par le sculpteur Jules Rispal. Ces trois artistes s’étaient déjà associés pour la construction en 1901 de l’immeuble du Syndicat de l’épicerie, rue du Renard, très représentatif de l’esprit Art nouveau et du style « métro » d’Hector Guimard. L’immeuble de la rue Perrée semble plutôt inspiré du castel Béranger, sans pourtant être aussi novateur dans le choix des matériaux.

Au-dessus d’un rez-de-chaussée et d’un entresol formant un soubassement à bossages, l’immeuble dresse cinq étages de façades mouvementées (balcons, bow-windows), décorées d’un discret motif floral. Sur la rue Perrée, une mince tourelle à poivrière s’étire démesurément du premier au cinquième étage.

L’élément le plus remarquable est un grand cadran solaire au milieu d’une composition sculptée qui s’inscrit dans une arcade occupant toute la hauteur du bâtiment. Au-dessus du cadran, une femme nue, l’Aurore, émerge triomphante au milieu de voiles ; les rayons dardent derrière des nuages.

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Plus bas, un second personnage féminin, le Crépuscule, se cache à-demi sous ses voiles. Ce personnage est en réalité un autoportrait féminisé du sculpter Rispal lui-même.

La scène est dominée par un masque sévère de vieillard (Chronos ?), tandis que dans la partie inférieure se détache un oiseau en plein vol, claire évocation du temps qui passe.

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C’est une composition équilibrée et d’une exécution vigoureuse, admirablement mise en valeur par une exposition au sud qui lui procure un éclairage changeant au fil des heures. Entre les deux allégories se trouve un cadran solaire vertical déclinant l’après-midi. La date et le nom de l’auteur sont inscrits dans le bas de la sculpture.

18 perrée 06Le cadran a à peu près la forme d’un écusson d’un mètre de côté. Son centre est souligné par deux demi-cercles. Les 13 lignes horaires, en traits pleins, partent du cercle intérieur et sont terminés par des flèches, sauf pour les heures du matin. Les chiffres X-XII-VIII sont romains ; les chiffres VIII et IX du matin ne sont pas inscrits. Le style polaire, sans jambe d’appui, est terminé par un petit disque percé en forme d’étoile. Beaucoup de touristes s’arrêtent devant la sculpture et les promeneurs du square du temple comparent l’heure de leur montre à celle du cadran solaire. Après de nombreuses restaurations, le panneau est en bon état et visible de la rue.

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