Centre d’Accueil et de Recherche et des Archives Nationales

Projet et conception

Les Archives nationales disposaient de plusieurs salles de lecture, dispersées sur tout le site, et qui avaient été mises en service au fur et à mesure de l’accroissement du lectorat (250% en 20 ans). Cette situation était peu satisfaisante et certaines salles ne présentaient pas les garanties de confort et de sécurité requises. Dès sa nomination comme directeur général des Archives de France en 1975, Jean Favier décida de créer un espace unique pour la consultation des documents, à l’exception des cartes et plans. Dès 1976, Claude Aureau (architecte des Archives nationales de 1978 à 1986) élabora un projet pour la construction de ce nouveau bâtiment. Il consistait à prolonger la façade de l’hôtel dit de Boisgelin en ouvrant les services du public sur les jardins de Rohan. Mais il fallut attendre six ans avant que ce projet soit mis en œuvre. En 1982, le ministre de la Culture Jack Lang accepta le projet de création du CARAN. Celui-ci devait bien sûr répondre à un certain nombre de contraintes. Tout d’abord, les Archives nationales s’élèvent dans le secteur sauvegardé du Marais. Il fallait donc construire sur la rue des Quatre-Fils une façade capable de s’intégrer entre l’hôtel dit de Boisgelin et l’alignement des Grands dépôts datant de Napoléon III. L’accès des visiteurs vers le jardin de Rohan devait respecter la sécurité des Archives. Le concours d’architecte fut ouvert en 1983. Claude Aureau, écarté de la compétition, présida le jury qui retint en mai trois candidats : Stanislas Fiszer, Daniel Kahane et Fernand Pouillon. A l’issu de la phase d’affinage du projet, le projet du professeur à l’Ecole d’architecture de Nancy, Stanislas Fiszer, fut retenu.

Chantier

La conduite du chantier fut complexe. Il fallut démolir de vieux édifices et construire un réseau de galeries souterraines qui relieraient le CARAN aux magasins d’archives. Au niveau du premier sous-sol, un réseau de galeries souterraines relia ainsi l’ensemble des dépôts. Une fois les démolitions achevées, la construction du nouveau bâtiment fut lancée en mars 1986 et dura deux ans. Le bâtiment fut inauguré le 23 mars 1988 par François Léotard, alors ministre de la Culture.

Le CARAN se compose d’un bâtiment principal, le « grand CARAN », proche des Grands dépôts, comprenant les équipements collectifs, et d’un bâtiment annexe le « petit CARAN », relié au principal au niveau du premier étage et réservé aux services spécialisés. A l’extérieur, Fiszer harmonisa le CARAN avec la couleur de la pierre des bâtiments voisins. En avant de la façade sur le jardin, pour témoigner de l’histoire du site, une ancienne porte monumentale du hangar des machines de l’imprimerie nationale fut installée.

A l’intérieur, le CARAN comporte deux niveaux principaux de sept mètres de hauteur, recoupés de manière asymétrique par des mezzanines et formant ainsi quatre niveaux et deux sous-sols. Le hall d’accueil est éclairé par les larges baies donnant sur le jardin de Rohan. Dans la conception d’origine, une salle des inventaires, située au niveau de la mezzanine, permettait de mettre à la disposition des chercheurs les instruments de recherche des Archives nationales, des services publics d’archives français, voire de services d’archives étrangers. La salle de lecture au premier étage offrait plus de 300 places pour la consultation des documents d’archives. Toute la circulation des documents s’effectue ainsi de manière rationnelle entre les dépôts et la salle de lecture dans les meilleures conditions de sécurité. Au 3e étage, la salle des microfilms offrait l’accès à 120 appareils de lecture. Le petit CARAN abritait la salle de consultation des sceaux, le Centre d’onomastique et l’unité de recherche du CNRS consacrée à la topographie parisienne.

Rénovations

Le CARAN fit l’objet de nouveaux travaux de réaménagement des espaces d’accueil et de communication de 2001 à 2005. Ces travaux visaient à développer la surface de stockage des documents en instance de communication, à élargir le guichet de délivrance des documents et à moderniser les infrastructures de la salle de lecture. Depuis 2013, mais surtout depuis le transfert d’une partie des documents du site parisien des Archives nationales vers le nouveau site de Pierrefitte-sur-Seine, la consultation des inventaires s’effectue au second étage, dans le même espace que la consultation des documents originaux. Les trois centres de sigillographie, onomastique et topographie parisienne accueillent leurs chercheurs au premier étage.

Œuvres d’art

1% du coût des travaux de rénovation fut consacré à la commande d’œuvres d’art spécialement conçues pour être intégrées au bâtiment. Ivan Theimer a conçu le relief en bronze des Quatre-Fils, encastré dans la façade, dans la rue éponyme.

Adalberto Mecarelli, sculpteur et spécialiste des jeux de lumière, a créé une pyramide très élancée, placée sous la rotonde d’entrée de telle sorte que les ombres portées prolongent dans l’espace la signification du volume. Pierre Gaucher, ferronnier d’art, a travaillé sur les quatre grilles donnant sur la rue et sur le jardin de Rohan. De fabrication industrielle, elles ont été modifiées par des assemblages de barreaux et de nœuds en fer plat. Maxime Old a conçu le prototype des sièges en bois massif de la salle de lecture.

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