Portail de l’hôtel d’Alméras

L’hôtel particulier se situe au n°30 de la rue des Francs-Bourgeois, dans le 3e arrondissement.

En 1602, Jean d’Alméras, notaire et secrétaire du roi, associé à ses deux gendres, acheta un grand terrain dont il fit trois lots, clos de murs. En 1611, l’un de ces lots passa à son fils Pierre, conseiller et secrétaire du roi Henri IV, qui fit bâtir, probablement entre 1611 et 1613 par l’architecte Louis Métezeau. En 1625, il achète une bande de terrain sur laquelle est aménagée une basse-cour. Il fait élargir la façade sur jardin avec un second pavillon. Pierre d’Alméras mourut célibataire en 1637. Son frère René d’Alméras, baron de Valgrand, maître des Comptes, hérita de l’hôtel qu’il habita. Il le vendit en 1655 à Louis Bertauld, président à la Chambre des Comptes. A ce dernier on doit probablement certaines modifications : ferronneries des fenêtres, construction du grand escalier dans l’aile. En 1699, l’hôtel passa à Pierre Langlois, sieur de Dammartin et de la Fortelle, qui sera président à la Chambre des Comptes, puis en 1723 à son fils Robert Langlois de La Fortelle, pourvu des mêmes charges, à qui l’on doit le décor de la porte cochère et du passage. Paul Barras résida dans l’hôtel à son retour d’exil de 1814 à 1815. Au XIXe siècle, comme beaucoup d’hôtels du quartier, l’hôtel d’Almeras fut occupé par des artisans, notamment par une tannerie et une lustrerie. Classe au titre des monuments historiques le 18 juillet 1978, il est ensuite restauré en 1983.

Rare spécimen d’édifice privé construit en brique et pierre à Paris, l’hôtel d’Alméras mérite une attention particulière. Le bâtiment sur rue n’est élevé que d’un entresol et un étage dans le toit. Des panneaux de brique occupent l’espace entre les fenêtres de l’entresol. Cette élévation modeste contraste avec la hauteur presque exagéré du portail, d’une composition extrêmement compliquée.

Le cintre surhaussé de l’arcade est accusé par les claveaux saillants, en gradins, et surmonté d’un fronton curviligne interrompu, au milieu duquel s’inscrit une haute niche ovale. Au tympan sont sculptés deux boutons et des serviettes drapées.

Des ailerons à enroulement encadrent toute la composition, eux-mêmes supportés par des consoles à têtes de bélier, aux cornes desquels sont accrochées des guirlandes.

L’auteur de cette composition originale, souvent qualifiée de maniériste, reste inconnu, mais les analogies avec plusieurs dessins de Salomon de Brosse sont évidentes. Entre les piédroits à bossages, la belle menuiserie de la porte est de style Régence ; au tympan, deux animaux fantastiques encadrent un motif de ferronnerie ajouré dessinant le chiffre « RL », celui de Robert Langlois.

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s