Hôtel Le Lièvre ou La Grange

L’hôtel se situe aux n°4 et 6 de la rue de Braque, dans le 3e arrondissement.

En 1673, deux maisons contiguës de la rue de Braque furent vendues par leurs propriétaires, Jean Galland, conseiller d’Etat, et Jacques et Marie-Anne Galland, à Anne Faure, épouse de Thomas Le Lièvre, marquis de La Grange, conseiller du roi et maître des requêtes, descendant d’une illustre famille d’Ile-de-France. La propriété fut divisée entre ses petits-enfants. Le n°6 entra en possession de la marquise Marie-Madeleine le Lièvre de la Grange à partir de 1740, épouse de Joly de Fleury, lequel a succédé à d’Aguesseau comme procureur général au Parlement. Le n°4 revient à François-Joseph Le Lièvre, marquis de la Grange, maréchal de camp, gouverneur de Brie-Comte-Robert. Il s’illustra dans une brillante carrière militaire, s’attirant la protection de Louis XV et l’amitié du prince de Condé. La famille le Lièvre de la Grange resta propriétaire jusqu’en 1819. Blanche de Caulaincourt, veuve du duc de Vicence acheta l’hôtel en 1827.

Les deux bâtiments, construits par l’architecte Victor-Thierry Dailly et le maître maçon Pierre Caqué, sont pratiquement identiques. Ils sont remarquables par leur somptueux décor rocaille des façades. L’hôtel se présente comme deux grandes maisons jumelles accolées, élevées de deux étages au-dessus du rez-de-chaussée et de l’entresol. L’ordonnance de la façade serait modeste sans les grands balcons chantournés qui dominent les deux portes cochères.

Ornés d’une ferronnerie de belle qualité, ils sont portés sur d’admirables consoles sculptées, d’une inscription originale et exubérante. Au n°4 sont représentées deux têtes de vieillard à longue barbe, coiffées de conques marines (divinités ?), et qui encadrent une tête de femme couronnée d’une tour.

Au n°6, le masque d’un vieil homme orne la clef du cintre tandis que deux impressionnantes têtes de bélier sont sculptées dans les consoles. La menuiserie des portes est un très beau travail de style également rocaille.

Le passage cocher du n°4 a conservé ses arcades ornées de mascarons et séparées par des pilastres. De là, on accède à un splendide vestibule dont les grandes arcades aveugles présentent une foisonnante décoration de stuc. Deux bancs de pierre y subsistent, face au grand escalier à rampe de fer forgé. Les façades des bâtiments sur cour (deux ailes prolongeaient le bâtiment central), sont animées au rez-de-chaussée d’arcades, séparées par des pilastres, qui ont toutes gardé leurs mascarons.

On remarquera particulièrement ceux qui sont sculptés au-dessus des passages cochers : à droite une tête de femme accompagnée d’un carquois garni de flèches et d’un chien couché ; à gauche, une autre tête féminine, entourée d’instruments de musique. On peut y voir des représentations de Diane et Euterpe. Les lambris d’un des salons ont été remontés dans le château de Nerville-la-Forêt dans le Val-d’Oise. Quant aux plafonds peints dont un représentant la Justice par Charles Lebrun, ils ont disparu. L’hôtel est inscrit sur la liste des monuments historiques depuis le 18 novembre 1953.

La gardienne est une femme adorable qui vous laissera aimablement entrer dans la cour et observez le somptueux décor. Par contre, il est interdit de faire des photos. J’ai pris les miennes en douce.

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