Maison de Clotilde

La maison se situe au n°5 de la rue Payenne, dans le 3e arrondissement.

Sur un terrain acheté en janvier 1642 à Henri de Guénégaud, François Mansart construisit sa propre maison où il demeura jusqu’à sa mort survenue le 23 septembre 1666. Célibataire, l’architecte vivait en compagnie de sa nièce, Marie Gaultier et de ses petits-neveux : Jules Hardouin-Mansart et Pierre Delisle, tous deux architectes.

Sur la façade, entre les deux fenêtres du premier étage, une niche ogivale abritait une peinture sur émail représentant une jeune femme, revêtue d’une robe blanche et ceinte d’une écharpe verte, qui tient dans ses bras un enfant. A la base de la niche, il subsiste le buste en bronze d’un homme d’âge mûr.

Au-dessus de la niche, se déploie la formule : L’Amour pour principe et l’Ordre pour base ; le Progrès pour but. Tout en haut de la façade, cette autre inscription est gravée en lettres de bronze : Religion de l’Humanité.

Cet étrange décor ornait la maison de Clotilde, c’est-à-dire de Clotilde de Vaux, l’inspiratrice d’Auguste Comte, fondateur du positivisme. En 1908, grâce à une souscription nationale, l’Eglise positiviste du Brésil acheta, à la famille de Clotilde de Vaux, l’immeuble que R. Teixeira Mendes, l’un des principaux disciples brésiliens de Comte, avait identifié lors d’un voyage à Paris. Nommé « légat positiviste occidental auprès de la très sainte ville de Paris », Mendes revint en février 1905, avec la mission de transformer l’ancienne demeure de Clotilde en « un résumé culturel de la Religion de l’Humanité ». Il fixa l’ornementation de la façade et créa, au premier étage, une « chapelle de l’Humanité », reproduction fidèle, à échelle réduite, du temple de l’Humanité, tel que l’avait conçu et explicitement décrit Auguste Comte. Cette chapelle fut inaugurée le « 13 Saint-Paul 51 » (2 juin 1905) par Teixeira Mendes, qu’entouraient des personnalités positivistes d’Europe et d’Amérique du sud. Mais si l’on excepte les quelques cérémonies du début, aucun culte positiviste n’a jamais été célébré dans la maison de Clotilde, qui demeure, depuis plus d’un demi-siècle, la maison du souvenir. Au 3e étage, en effet, se trouve « l’appartement sacré », celui où vécut et mourut, le 5 avril 1846, Clotilde de Vaux, à l’âge de 31 ans. Quelques objets d’époque meublent encore ces pièces froides et tristes. Dans l’alcôve occupant le fond de la chambre mortuaire, des mains pieuses ont posé des bouquets fanés et des cartes de visite jaunies. Au mur, est accrochée la reproduction d’un tableau que possède le temple de l’humanité de Rio de Janeiro. Auguste Comte, à genoux, voit mourir sa « tendre et immaculée inspiratrice ».  La maison de Clotilde est-elle un faux ? En 1930, M. l’Ambassadeur Paulo Carneiro démontra, en effet, preuves à l’appui, que Clotilde de Vaux n’avait pas vécu au 5, mais bien au 7 de la rue Payenne. Mais les positivistes de l’église du Brésil ne se laissèrent pas convaincre, et aujourd’hui encore, les défenseurs du 5 et ceux du 7 conservent d’inébranlables positions. Cependant depuis une douzaine d’années l’immeuble a été vendu en appartements et il ne subsiste au premier étage qu’une chapelle interdite au public.

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