église Saint-Denys-du-Saint-Sacrement

L’édifice religieux se situe au n°68 bis de la rue de Turenne, dans le 3e arrondissement.

L’origine du nom de l’église est assez trouble. Certains historiens pensent que Saint-Denys fait référence au premier évêque de Paris, saint Denis mais avec une graphie ancienne (le saint était nommé « Dionysius » en latin). D’autres y voient un lien avec le maréchal de Turenne qui fut enterré dans la basilique Saint-Denis. Sa tombe fut profanée pendant la Révolution et son corps exposé au jardin des Plantes. Découvert par Bonaparte, celui-ci est transféré aux Invalides. Pour le Saint-Sacrement, deux hypothèses encore. Un rappel des bénédictines du Saint-Sacrement qui s’étaient installées là à l’époque de la contre-réforme catholique. Ou un lien, encore, avec Turenne qui s’était converti au catholicisme en 1668 suite à l’influence de Bossuet et son livre « Histoire des variations des Eglises protestantes » traitant de la question de l’eucharistie.

Le couvent fut réuni au domaine de l’Etat en 1790, puis supprimé par la tourmente révolutionnaire. La ville de Paris l’acheta avec son terrain en 1823. Après la démolition des bâtiments, l’architecte Etienne-Hippolyte Godde fut chargé de construire une église. La première pierre est posée le 15 septembre 1826 ; une médaille du graveur Ursin Vatinelle, portant l’effigie de Charles X et le dessin de la façade projeté, commémore l’événement. Le gros œuvre de l’édifice est achevé en 1835. L’église a été classée aux monuments historiques par arrêté du 28 février 2014.

L’architecture néoclassique et la décoration sont typiques du début du XIXe siècle et fort similaires à Saint-Pierre-du-Gros-Caillou, œuvre du même architecte. Les murs correspondant aux bas-côtés ont un soubassement à refends et une corniche de couronnement surmontée d’un attique. Les figures des apôtres Pierre et Paul, œuvres de Jean-François Legendre-Héral et Jean Hartun, occupent des niches rectangulaires et datent de 1849.

Le porche est précédé de trois marches et d’un péristyle à jour formé de quatre colonnes ioniques supportant un entablement surmonté d’un fronton triangulaire, dont le tympan est occupé par un bas-relief représentant les trois vertus théologales. Elles sont l’œuvre de Jean-Jacques Feuchère. Au centre, la Foi qui élève le calice et l’hostie (le saint Sacrement). A gauche, l’Espérance appuie l’ancre sur des tables rappelant le Chema Israël. Et à droite, la Charité protège un enfant et tend un cœur brûlant vers le livre où se lit une phrase de l’hymne à la charité de saint Paul. Le plafond de cette partie de l’église est à caissons ornés d’une rosace.

La porte d’entrée est décorée d’une corniche supportée par deux consoles et surmontée d’un tympan semi-circulaire orné d’un cadran d’horloge et de deux flambeaux reliés par des guirlandes. De chaque côté de ce motif, deux niches abritent quatre figures en haut relief : à gauche la Force et la Justice, à droite, la Prudence et la Tempérance. Les trois premières sont signées Noémie Constant et la dernière Claude Vignon.

Les façades latérales offrent la même disposition architecturale avec, dans la partie supérieure, sept baies en plein cintre. Le chevet est percé de trois fenêtres également en plein cintre. Le clocher est de forme carrée, encadré de pilastres d’angle d’ordre dorique surmontés d’une corniche. Chaque face possède une baie en plein cintre.

A l’intérieur, l’église est de plan rectangulaire. La nef est précédée d’un vestibule. Deux colonnes et deux pilastres d’angle les séparent. Les colonnes supportent un entablement servant d’appui aux retombées d’un arc en plein cintre abritant le buffet de l’orgue. Neuf travées composent la nef. Elles sont séparées par des colonnes d’ordre ionique avec un entablement peint décoré de croix grecques. Une voûte percée de châssis vitrés recouvre la nef. Chaque travée des bas-côtés est éclairée par une fenêtre en plein cintre avec archivolte. Le chœur est un hémicycle avec voûte en cul-de-four décorée de figures du Père éternel, du Christ et de la Vierge, œuvre d’Alexandre de Pujol. A gauche du chœur, dans la chapelle Saint-Denis, les Disciples d’Emmaüs par Picot (1840).

Dans la chapelle Sainte-Geneviève est le plus beau décor de l’église, la Piéta de Delacroix, peinture murale à la cire réalisée en 17 jours (1844). Dans une composition très étudiée (le visage de la Vierge est exactement au centre), la douleur s’y exprime par la violence des couleurs (pourpre, violet, cramoisi) et le rythme pathétique des formes.

L’église a la chance de posséder deux orgues. Le grand orgue de tribune en façade ouest fut l’un des premiers construits par la Maison Daublaine Callinet en 1839 sous la direction artistique de Félix Danjou. Avant d’être acquis par la paroisse Saint-Denys-du-Saint-Sacrement, il avait figuré à l’Exposition de l’industrie. C’était un instrument de transition assez caractéristique de cette période dite de transition, alliant les héritages du classicisme aux nouveautés de l’époque. L’orgue disposait initialement de 31 jeux répartis sur trois claviers et pédalier. L’instrument a ensuite été restauré à plusieurs reprises. Il possède désormais 38 jeux ainsi qu’un bel exemple de soufflet (électrifié en 1970). L’orgue de chœur a été construit par Cavaillé-Coll en 1869.

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