Hôtel du Grand Veneur

l’hôtel particulier se situe au n°60 de la rue de Turenne, dans le 3e arrondissement.

Le terrain est vendu en 1636 à Mme de Mastel. Elle fit appel à l’entrepreneur Michel Villedo pour y faire construire un hôtel formé d’un bâtiment bas percé d’un portail sur la rue, d’un logis principal avec deux cabinets latéraux sur le jardin et deux ailes. Dix ans plus tard, elle vendra l’hôtel à Claude de Guénégaud qui le fera agrandir et décorer. Ses travaux d’embellissement ont laissé peu de traces. Toutefois l’orangerie qu’il avait fait bâtir dans son jardin, au fond du 11 rue des Arquebusiers, existe encore. Claude de Guénégaud connut des problèmes financiers et ses créanciers mirent ses biens en vente. C’est le chancelier Boucherat, habitant l’hôtel voisin au 62 rue de Turenne, qui achètera l’ensemble du domaine en 1686. Devenu propriétaire du 60, il fera percer des ouvertures dans les murs mitoyens et abattre les murs des jardins. Entre la cour et la rue, il augmenta le bâtiment bas d’un étage couvert d’un comble et y fit percer le portail à voussure existant encore aujourd’hui. La façade principale sur le jardin fut élargie. En 1733, Augustin-Vincent Hennequin, marquis d’Ecquevilly en devient propriétaire et fait exécuter dès l’année suivante, un certain nombre de transformations sur des dessins de l’architecte Jean-Baptiste Beausire. La famille d’Ecquevilly possédant une des charges de la Vénerie du roi (Vincent était chargé d’organiser les chasses à courre du roi), c’est d’elle que l’hôtel tient son nom d’hôtel du Grand Veneur. Confisqué à la Révolution, l’hôtel est acheté en 1823 par les dames franciscaines de Sainte-Elisabeth qui l’occupèrent jusqu’en 1901. Le bâtiment devint un pensionnat et se dota de salles de classe, de cours de récréation, de dortoirs et d’une chapelle. Elles vendent vers 1880 les boiseries qui décoraient les appartements. Après le départ des religieuses, en 1905, l’hôtel devient la centrale d’achat et le dépôt de la Société anonyme des Magasins Réunis, fondée par Eugène Corbin. Elle achève le travail de dénaturation des lieux. Il est acquis ensuite par une compagnie d’assurances qui le rénove et en fait la vitrine de luxe des établissements Jacob Delafon, fabricant de salles de bain, jusqu’en 2007. En 2010, il est acquis par un groupe d’investisseurs pour la somme de 28 millions d’euros. Ayant conscience du magnifique patrimoine en leurs mains, le groupe a le projet de réhabiliter les lieux en effectuant des travaux considérables : ravalement de façades, réparation des toitures en ardoises, remplacement des planchers… Une fois rénové, l’immeuble est partagé entre logements (2 216 m²) et commerces (212 m²). En 2014, le galeriste Emmanuel Perrotin s’établit dans l’hôtel. Le bâtiment fait l’objet d’une inscription au titre des monuments historiques depuis le 17 mars 1927.

L’entrée de l’hôtel est marquée par une grande arcade à refends avec une clef de voûte décorée et surmontée d’un fronton triangulaire reposant sur deux consoles. Entre elles, un cartouche rappelle le nom de l’hôtel et la date des grandes transformations. Le tympan curviligne de la porte est marqué d’une hure de sanglier encadrée de deux têtes de chien. Sous le porche, des bas-reliefs cynégétiques décorent les murs.

Le revers du bâtiment sur rue présente au rez-de-chaussée cinq arcades. Celle du centre, en anse de panier, marque l’entrée cochère. Le premier étage présente quatre baies. La partie centrale de cette façade est surmontée d’un fronton triangulaire. Le corps de logis entre cour et jardin est en pierre de taille. La façade est divisée en quatre travées dont les deux du centre sont englobées dans un avant-corps. Au rez-de-chaussée s’ouvrent quatre portes-fenêtres encadrées d’un chambranle rectangulaire non mouluré et décorées de clefs sculptées. Le premier étage est éclairé par de hautes fenêtres de mêmes proportions et munies de belles ferronneries.  Au-dessus s’élève un fronton et le comble d’ardoise est percé de lucarnes. A droite et à gauche s’élèvent deux ailes de quatre travées percées d’arcades au rez-de-chaussée et terminées par deux faux pavillons, en légère saillie, de deux travées chacun.

Celui de droite offre un perron conduisant à une grande porte vitrée, flanquée de deux colonnes doriques, qui ouvre sur le grand escalier dont la rampe, de style Louis XIV, est en fer forgé avec des parties en bronze. Le dessin est agrémenté de hures de sanglier alternant avec des têtes de chien courant et les armes symboliques du chasseur. Les motifs centraux sont décorés d’un « H » fleuronné soulignant le nom d’Hennequin d’Ecquevilly.

La façade côté jardin est remarquable par son balcon, bel exemple de l’architecture du XVIIIe siècle. Il surplombe les deux portes vitrées du rez-de-chaussée décorées de têtes sculptées formant clefs. Entre ces portes s’attache le support central du balcon : une hure de sanglier très décorative, soutenue à ses extrémités par deux grandes consoles. Les ferronneries se développent en une courbe gracieuse. Le trumeau entre les fenêtres de l’étage est orné d’un trophée de jardinier.

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