Passage de l’Ancre

Il prend naissance au 223 rue Saint-Martin, prolongeant ainsi la rue Chapon, et se termine 30 rue de Turbigo.

Au début du XVIIe siècle, le passage s’appelle « passage du Puits », puis il devient le « passage de l’Ancre Royale » en référence à l’enseigne d’une auberge qui s’y installe. Un homme va sentir la bonne affaire. A cette époque, à Paris, il existe une seule entreprise de chaises à bras à louer créée en 1617. Ainsi, si vous ne possédez pas de moyen de transport ou d’argent, et bien, il vous reste vos jambes. Vers 1637-1640, Nicolas Sauvage, facteur des maîtres de coches d’Amiens, décide d’établir des carrosses toujours attelés stationnant dans des quartiers désignés, à disposition du public. Il s’installe à l’Auberge du Grand Saint-Pierre, située à l’angle du passage de l’Ancre Royale et de la rue Saint-Martin. Dans la cour de celle-ci, il remise les vingt premiers attelages publics, les fiacres, ancêtres des taxis parisiens. Son entreprise fonctionne si bien que l’Etat décide de s’en emparer dès 1657 et crée ainsi un monopole des voitures de louage.

Après la Révolution française, entre 1792 et 1805, le passage porte le nom de « passage de l’Ancre nationale ». Il fait partie du réseau piéton déployé entre la rue Saint-Denis et la rue Saint-Martin, pendant parallèle, au sud, du passage Saucède ouvert en 1827, aujourd’hui disparu. Prolongement du passage du Bourg-l’Abbé, le passage de l’Ancre relie alors la rue Saint-Martin à la rue du Bourg-l’Abbé disparue de nos jours, absorbée par les grands travaux d’Haussmann. L’extrémité ouest du passage a été amputé lors du percement de la rue de Turbigo et du boulevard de Sébastopol en 1854-1855.

L’histoire du passage de l’Ancre est intimement liée à celle de la confection. Dans les années 1930, de nombreux artisans juifs y sont établis. En 1942, lors de la rafle du Vélodrome d’Hiver, tous ses occupants furent déportés. Le passage est alors laissé à l’abandon. Ce n’est qu’en 1998 qu’une soigneuse rénovation lui redonne vie. Ce passage quasi rectiligne, long de presque 70 mètres mais relativement étroit (2,5 m), abrite des boutiques aux façades colorées avec des enseignes pittoresques. Des ateliers de confection s’y réinstallent, une agence de communication et la singulière boutique Pep’s, dernier réparateur de parapluies de Paris (pep étant le mot d’argot auvergnat désignant cet accessoire fort utile sous nos climats pluvieux, assez proche du vocable parisien pébroc). Sur toute la longueur, le passage est agrémenté de plantes et de fleurs.

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s