hôtel de Montmor

L’hôtel se situe au n°79 de la rue du Temple, dans le 3e arrondissement.

Sur l’emplacement de quatre maisons et d’un jeu de paume acquis vers 1623, Jean Habert de Montmor se fit bâtir un hôtel luxueux, conforme à ses ambitions. Très représentatif de cette nouvelle classe de financiers qui commençait à s’installer au Marais. Montmor devait remplir successivement les fonctions de trésorier général des guerres, puis de trésorier de l’épargne. Il s’était considérablement enrichi par des moyens jugés peu honnêtes par Tallemant des Réaux qui le nomme « Montmor le Riche ». L’hôtel échut en 1643 à Henri-Louis Habert de Montmor, son fils, qui l’habitait déjà avec sa famille. Cultivé, amateur d’art et homme de lettres, il fut reçu dès 1634 dans la toute jeune Académie française. La fréquentation quotidienne de Gassendi fut probablement à l’origine de la passion d’Henri-Louis de Montmor pour les sciences. Tous les samedis se réunissait chez lui l’élite scientifique de l’époque : Chapelain, Ménage, Patin, Roberval, Huyghens, constituant l’Académie montmorienne, embryon de la future Académie des sciences qui verra le jour en 1667. L’hôtel fut vendu en 1751 par les descendants de Montmor à Laurent Charron, receveur général des Domaines. C’est son fils, également prénommé Laurent, qui fit entièrement remanier le vieil hôtel devenu caduc et démodé. En 1809, il appartenait à Marc-Edme Grandjean-Belisle qui le revendit en 1838 à Louis-Adolphe de Milly, inventeur des bougies stéariques qu’il fabriqua et commercialisa en ces lieux. En 1840, il fit remodeler les pavillons sur rue et percer le passage permettant de gagner la seconde cour.

La cour s’ouvre par un porche monumental à bossages dont l’archivolte repose sur quatre consoles moulurées. Le mascaron sculpté à la clef figure une tête de jeune homme, casquée et empanachée.

Au revers, le tympan est frappé d’un médaillon à l’effigie de Mme de Charron, donc postérieur à 1751. Les ailes latérales, portées chacune sur quatre arcades cintrées, se terminent sur la rue en pavillons qui font retour vers la cour en s’arrondissant, disposition inusitée mais élégante qui doit dater des travaux de M. de Milly. L’ensemble de l’édifice est élevé de deux étages au-dessus du rez-de-chaussée. Les fenêtres du premier sont à bandeaux plats moulurés, celles du second légèrement cintré.

Dans le comble brisé des ailes, subsistent, en vis-à-vis, deux pittoresques lucarnes à foin. Le corps de logis central est dénaturé par le percement de l’arcade centrale qui a remplacé par un passage pour voitures l’ancien vestibule. Celui-ci devait être grandiose, si l’on en juge par le magnifique escalier qui y prenait naissance et sa somptueuse rampe en fer forgé qui s’enroule jusqu’au second étage.

La travée du milieu est traitée en frontispice : au-dessus de l’arcade soulignée de refends et ornée à sa clef d’une tête d’Hercule, la fenêtre du premier étage (la seule en plein cintre) s’ouvre sur un balcon dont la ferronnerie est d’une superbe qualité. Deux pilastres l’encadrent et soutiennent un fronton droit, décoré au centre d’un amour tenant un miroir, entouré d’attributs scientifiques : compas, sphère, chouette (l’oiseau d’Athéna), qui évoquent l’intérêt passionné d’Henri-Louis Habert de Montmor pour les sciences. Toute la construction est d’une grande élégance.

Une méridienne verticale indiquant le temps moyen est gravée sur la façade méridionale de la première cour, à droite en entrant, sous le toit, entre deux fenêtres, à environ 10 mètres de hauteur. Elle date peut-être de la restauration de l’hôtel, mais n’est pas antérieure à 1730, année de l’invention de la courbe en 8. Les CCC de l’inscription qui se devine au-dessus du cadran peuvent laisser entendre qu’elle est du XIXe siècle. Gravée dans la pierre, elle a une forme quadrangulaire de 2,30 mètres de haut sur 1,10 mètre de large environ. Elle est délimitée, en bas, par l’arc du solstice d’été, en haut, par celui du solstice d’hiver, sur les côtés, par des lignes horaires XI et I. Son centre est inaccessible. Les trois lignes horaires sont en traits pleins. Les deux lignes des demi-heures, ainsi que les quatre lignes des quarts d’heure sont en pointillé et relient, comme les lignes horaires, les arcs des solstices. L‘équatoriale est ascendante. Les six autres arcs des signes sont en traits pleins et vont de la ligne XI à celle de 1h. Les arcs des décans, en pointillé, entre les lignes XI h ¾ et XII h ¼, divisent, tous les dix jours, l’intervalle entre les arcs des signes. Il n’y a que onze arcs des décans de tracés, le 12e près du solstice d’hiver, ne l’a pas été par manque de place. Une courbe en 8 entoure la ligne de midi. Les chiffres ne sont pas inscrits. Le style est un disque perforé, soutenu par un tripode prenant appui sur le mur au-dessus du cadran. Ce cadran est visible depuis la rue.

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