Hôtel de Saint-Aignan – Musée d’histoire du judaïsme

L’hôtel particulier se situe au n°71 de la rue du Temple, dans le 3e arrondissement.

A cet emplacement s’élevaient depuis le XVIe siècle quatre maisons particulières qui furent achetées par Claude de Mesmes, comte d’Avaux. Le comte d’Avaux, conseiller au Grand Conseil, maître des requêtes, puis surintendant des finances, était surtout excellent diplomate et s’illustra dans ses fonctions d’ambassadeur de Louis XIV. Tour à tour en Hollande, à Venise, en Angleterre ou en Suède, il fut, en 1648, l’un des signataires de la paix de Westphalie. C’est au talent de Pierre Le Muet qu’il fit appel pour édifier son hôtel de la rue du Temple, entre 1640 et 1646, somptueuse demeure dont il ne devait guère profiter, puisqu’il mourut dès la fin de 1650. En 1680, l’hôtel fut loué, puis vendu en 1687 à Paul de Beauvilliers, duc de Saint-Aignan, gendre de Colbert. Ministre d’Etat et chef du conseil des Finances, il avait été distingué par le roi pour être le gouverneur du duc de Bourgogne, grand dauphin de France. Mme de Beauvilliers, qui était une femme de goût, réaménagea les intérieurs de l’hôtel. A sa mort, l’hôtel échut à leur gendre Louis de Rochechouart, duc de Mortemart, général des armées du roi, habile homme de guerre mais dont la vie dissolue et les dettes entrainèrent la ruine. A la fin du XVIIIe siècle, l’hôtel devint le siège de la 7e municipalité (1795-1806), puis la mairie de l’ancien 7e arrondissement jusqu’en 1825. L’installation des services administratifs marqua les débuts d’un saccage qui s’aggrava tout au long du XIXe siècle. Il fut morcelé, découpé, déformé par une surélévation de trois étages afin d’en tirer le maximum de profits. La disgrâce ne fit que s’accentuer. La société de produits pharmaceutiques qui en était propriétaire y installa ses dépôts. Une trentaine de locataires s’y entassaient. L’ancien jardin était entièrement couvert de bâtisses. En 1962, la ville de Paris décida de l’acquérir pour le restaurer en l’affectant à ses archives trop à l’étroit dans leur immeuble du quai Henri-IV. Les travaux commencèrent par la restauration des anciens communs. En 1972, les trois étages ajoutés au bâtiment central ayant été abattus, il fut possible de retrouver la silhouette d’origine. La restitution dans l’état primitif est facilitée par une gravure très précise de Le Muet.

La façade sur rue est austère. De simples refends encadrent la porte monumentale. Son austérité, ses dimensions colossales évoquent, avec plus d’un siècle d’avance, l’art de Nicolas Ledoux. Sous un simple fronton curviligne, la porte présente quatre impressionnantes têtes d’Indien sculptés dans les compartiments des vantaux.

La vaste cour qui s’étend au-delà est un exemple magistral de l’ordre colossal. L’ordre colossal des pilastres corinthiens sépare chaque travée qui comprend un rez-de-chaussée en arcades et un étage percé de hautes fenêtres dominé par un entablement.

Une balustrade s’étendait devant le comble, rompue par un large décor héraldique sur la travée centrale. L’aile sud, de composition identique, n’est en fait qu’un décor plaqué, destiné à cacher un tronçon de l’enceinte de Philippe Auguste et à ménager une symétrie plus classique. On appelait alors « renard » ce type de construction en trompe-l’œil. Entre les arcades s’élancent des pilastres terminés par des chapiteaux corinthiens qui supportent une vigoureuse corniche.

Tout le pourtour de l’arcade centrale est décoré d’une frise d’entrelacs et son tympan s’orne d’amours et de cornes d’abondance. Dans l’aile, un passage, actuellement muré, conduisait à la basse-cour, c’est-à-dire à la cour des communs.

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