Place Gaillon

La place se situe au croisement des rues de la Michodière, Port-Mahon et Saint-Augustin. Elle est de forme légèrement trapézoïdale d’environ 25 mètres de long sur 15 mètres de large. Son nom provient du voisinage de la rue Gaillon. De 1700 à 1778, cette place qui n’était que l’intersection des rues Saint-Augustin et Gaillon était appelée carrefour Gaillon. La place a reçu son nom actuel en 1936. Aujourd’hui, si la place est célèbre, c’est grâce à l’attribution du prix littéraire Goncourt délivré chaque année au mois de novembre au restaurant Drouant et la fontaine Visconti.

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 A la place de l’actuelle fontaine se dressait en 1707 la fontaine Louis le Grand, adossée au mur de l’hôtel de Lorge, réalisée par l’architecte Jean Beausire, alimentée par la pompe du pont Notre-Dame. Elle est également connue sous le nom de fontaine d’Antin ou fontaine Chamillart. Elle disparut avec l’hôtel et fut remplacée en 1828 par celle visible aujourd’hui, œuvre de l’architecte Louis Visconti et des sculpteurs François Perré et Combette. Elle occupe le centre du pan coupé du restaurant La Fontaine Gaillon.  Elle fut plusieurs fois restaurée : 1898, 1900 et en 1971 par l’architecte Oberdoerffer. Bien que de dimension modeste, la fontaine n’en est pas moins intéressante par sa richesse architecturale.

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Elle est inscrite sous un entablement et une frise ornée de sujets marins en bas-relief, entablement soutenu par deux colonnes corinthiennes engagées. Une niche en plein cintre et en cul-de-four est décorée de plantes aquatiques, de dauphins et de cornes d’abondance. Dans l’espace restreint de cette niche, Visconti a placé une double vasque ornée dans le style Renaissance. La vasque inférieure, qui règne sur toute la largeur, reçoit l’eau d’un élément plus petit inscrit dans la niche par trois gargouilles à masques de lions. Cette seconde vasque est portée par un piètement octogonal entièrement sculpté en faible relief. Un triton à cheval sur un dauphin, armé d’un trident, œuvre de Georges Jacquot, surmonte la vasque supérieure.

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Autour de cette fontaine se trouve deux restaurants : la fontaine Gaillon et l’écaille de la fontaine. Le Chef Laurent Audiot s’associa à un acteur français très connu : Gérard Depardieu, un habitué et propriétaire des lieux, pour remodeler le restaurant. Projet qui vit le jour en juillet 2003. La Fontaine vous propose cinq salons (Port-Mahon, Cocteau, Empire, Michodière et Victorien) au décor aussi raffiné que sa cuisine : queue de bœuf aux blancs de poireau, cochon de lait farci aux herbes et rôti à la broche, filet de bœuf à la ficelle, nage de petite marée au safran, crumble aux abricots et amandes, millefeuille à la vanille. La carte change au fil des saisons et des arrivages journaliers. A l’écaille vous pourrez déguster de délicieux plateaux de fruits de mer ou les emporter.

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Passage de Choiseul

Le passage de Choiseul est un passage couvert, situé entre la rue des Petits-Champs (n°40) et la rue Saint-Augustin (n°23).

Le deuxième quart du XIXe siècle constitue la grande époque de la construction des passages, véritable innovation parisienne que Maurice Bedel décrivait comme « la poésie de la verrière et de la vitrine ». Le succès s’explique aisément par l’aspect pratique qu’elles offraient aux piétons qu’elles protégeaient de la pluie à une époque où les trottoirs n’existaient pas. Le passage fut édifié entre 1825 et 1827 à proximité des Grands Boulevards, alors très fréquentés, à l’initiative des banquiers Mallet, héritiers de nombreux terrains circonscrits entre les rues Gaillon, Saint-Augustin, Sainte-Anne et des Petits-Champs, sur lesquels s’élevaient jadis quatre hôtels. Le projet initial prévoyait de leur substituer une rue bordée de deux passages couverts afin de faciliter la circulation encombrée de la rue de Richelieu. Ce projet fut modifié et la rue Monsigny écourtée, en raison de la construction de la salle Ventadour. Le 2e passage, la galerie de l’Opéra-Comique, dont un seul tronçon fut construit, fut démoli dans les années 1890.

Les plans du passage furent réalisés par l’architecte François Mazois, qui décèdera avant l’achèvement de son projet en 1826. L’entrée, du côté de la rue Saint-Augustin, fut creusée dans le corps de logis de l’hôtel de Gesvres, célèbre pour avoir été l’un des tripots de la Régence, et dont l’ordonnance, bien qu’altérée, est encore visible. Antoine Tavernier prit la relève et dressa en 1829 les plans du passage Sainte-Anne, permettant un accès depuis l’est au passage Choiseul. L’histoire du passage est mêlée à celle des théâtres voisins. Au XIXe siècle, il attirait la foule des spectateurs lors des entractes, en faisant office de promenoir. La porte du n°63 était très souvent empruntée par Jacques Offenbach pour se rendre au théâtre des Bouffes-Parisiens, du temps où il en était le directeur.

Choiseul est le plus long des passages couverts parisiens avec une longueur de 190 mètres pour une largeur de 3,7 mètres. Il est constitué d’arcades sur pilastres en enfilade. Les commerces se tiennent au rez-de-chaussée et à l’entresol tandis que les 1er et 2e étages sont réservés à l’habitation. Le passage est recouvert d’une verrière (remplacée en 1907).

En 2012, l’architecte Jean Frédéric Grevet la rénove et lui adjoint deux marquises aux extrémités du passage. Quant aux murs, ils sont en pans de bois décorés. Les arcades sont supportées par des pilastres en marbre ornés de chapiteaux. Les lampes à gaz initiales furent remplacées par des arceaux garnis d’ampoules. Le passage Choiseul est inscrit au titre des Monuments historiques depuis le 7 juillet 1974. Pour information, celui-ci est ouvert du lundi au samedi, de 8h à 20 heures. Depuis 2013, le passage fait peau neuve. Les verrières furent changées permettant au passage de retrouver sa lumière et les murs repeints en gris. Les travaux se poursuivent sous la houlette de l’architecte Jean-Frédérick Grevet et concernent les sols et les éclairages.

23 : atelier de l’artiste Anna Stein. Elle est née en 1936 à Budapest en Hongrie. De 1954 à 1956, elle étudie l’art à l’Ecole des Beaux-Arts de Budapest, puis à celle de Paris de 1957 à 1962. Elle fut l’élève de Jean Souverbie et de Jean Aujame. Depuis 1966, Anne Stein multiplie les expositions à travers le monde. L’œuvre de l’artiste est « ouverte sur l’histoire et la poésie, sur le mythe, le récit et l’émotion, sur la mémoire et l’instinct. L’histoire de la peinture se confond avec l’histoire d’Anna, de laquelle ne pouvait éclore qu’une œuvre unique, marquée des fortes empreintes du passé. Le mystère, la joie, le drame, l’espoir et la matière picturale sont consubstantiels » Lydia Harambourg en 1999.

57 : bijouterie. Olivier Gaillard est avant tout un créateur. Depuis trois générations, les Gaillard façonnent, modernisent, donnent une seconde vie à vos bijoux. Dans cette boutique vous pouvez également faire réparer votre montre mécanique, ancienne ou récente. Au passage admirez la très belle enseigne réalisée par Brindilles.

Restaurant Goumard

En 1872, Alfred et Catherine Prunier ouvrent un restaurant au n°9 de la rue Duphot. Le succès est rapide. Dès 1898, les salles du rez-de-chaussée ne suffisent plus à accueillir tous les clients. S’ajoutent de nouveaux salons au premier étage des immeubles 7 et 9 rue Duphot. A partir de 1901, Emile Prunier étend la spécialité de la maison (les huîtres) aux crustacés, coquillages et poissons ; « tout ce qui vient de la mer » devient la devise de la maison. Il signe un important contrat d’importation de caviar avec l’Union soviétique. L’homme d’affaire crée en 1925 une succursale, avenue Victor Hugo, Prunier Traktir. Aujourd’hui le restaurant est dirigé par Philippe Dubois, resté fidèle aux produits marins de son créateur.

Si la devanture ancienne, en verre gravée à l’acide et au sable de 1930, a été conservée, la décoration intérieure s’est offert un profond rafraichissement.

Les anciennes boiseries en chêne s’accouplent avec un mobilier moderne. Les salles sont ornées de tableaux contemporains et de tapisseries de Lurçat et de Lagrange. Les lustres et rivières de lumière furent dessinés et taillés par Lalique. Le client a ainsi l’impression de manger sur un paquebot transatlantique d’antan et oublie qu’il est au cœur de Paris.

Théâtre du Palais-Royal

En 1637, le cardinal de Richelieu fait édifier un théâtre dans l’aile est du Palais-Royal afin de rompre le monopole de la troupe de l’Hôtel de Bourgogne. Inauguré en 1641, les troupes du théâtre des Italiens et celle de Molière s’en partagent la scène de 1662 à 1673. A la mort de ce dernier, Lully récupère le théâtre pour y fonder l’Académie royale de Musique. La troupe de Molière part s’installer dans l’Hôtel de Guénégaud. Le théâtre est détruit le 6 avril 1763 par un incendie. Rouvert le 26 janvier 1770, il brûle à nouveau le 8 juin 1781, lors d’une représentation d’Orphée de Gluck. L’Académie royale de musique déménage boulevard Saint-Martin dans une salle construite pour elle par Nicolas Lenoir (l’actuel théâtre de la Porte-Saint-Martin). Le théâtre est reconstruit en 1784 par l’architecte Victor Louis et héberge les Variétés-Amusantes. A l’opposé de la rue de Montpensier, dans le péristyle de Joinville, Victor Louis édifie une autre petite salle destinée à présenter les spectacles de marionnettes de Sieur Delomel, tourneur sur bois.

montensier-petits-comediens-1784 Placée sous la protection du comte de Beaujolais, la troupe prend alors le nom de « Petits Comédiens de son Altesse Sérénissime Monseigneur le comte de Beaujolais » (pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué). Inaugurée le 23 octobre 1784, la salle devient le théâtre de Beaujolais et peut accueillir jusqu’à 800 spectateurs. Les marionnettes sont remplacées par des enfants mimant les rôles pendant que des adultes parlent et chantent depuis les coulisses. La troupe se compose alors de 42 acteurs et chanteurs, 20 danseurs et 20 musiciens. Son succès gênant, en 1788, un décret interdit d’employer deux comédiens pour le même rôle et de chanter ou parler depuis les coulisses ; Delomel perd ainsi son commerce. La salle est rachetée le 17 juin 1787 par Desmarets qui la cède deux ans plus tard à Marguerite Brunet dite Melle Montansier dont le portrait orne le foyer.

Après deux ans de travaux, cette femme d’affaire redoutable inaugure sa nouvelle salle le 12 avril 1790 avec Les Epoux mécontents, opéra en quatre actes de Dubuisson et Storace. La Montansier propose des opéras comiques et des comédies aux titres évocateurs, comme Le Sourd ou l’Auberge pleine de Desforges. Durant la Révolution, le théâtre change souvent de nom : théâtre Montansier, théâtre du Péristyle du jardin Egalité, théâtre de la Montagne, Montansier-Variétés et Variétés. Le succès est tel que la directrice se permet de fermer le théâtre, d’acheter les terrains environnants et fait agrandir le bâtiment. Il rouvre en 1793 sous le nom de Théâtre National. Son salon est fréquenté par toutes les célébrités de l’époque, suscitant haines et jalousies. Melle Montansier est accusée de conspiration contre le Gouvernement révolutionnaire et de recel d’armes. Elle est arrêtée le 15 novembre 1793 et emprisonnée. Le théâtre est donné à la troupe de l’Opéra, devenant le Théâtre du Péristyle du Jardin Egalité. Libérée après dix mois de détention, la Montansier reprend son théâtre et y fait revenir la jeunesse. En 1806, Joseph Fouché, ministre de la police, oblige Marguerite Brunet à quitter les lieux (sous l’influence des Comédiens-Français). Melle et sa troupe obtiennent l’autorisation de l’empereur (un de ses amis, du temps où il n’était que Bonaparte) de se faire construire un nouveau théâtre boulevard Montmartre, qui deviendra le théâtre des Variétés. La salle du Palais-Royal est louée successivement à des acrobates, des funambules et des dresseurs de chiens, avant de fermer en mai 1812. De 1812 à 1820, le Café de la Paix s’y installe, offrant quelques distractions légères à ses clients. En 1830, Charles Contat-Desfontaines dit Dormeuil (le portrait côtoie celui de Melle Montansier dans le foyer) obtient l’autorisation d’exploiter à nouveau la salle du Palais-Royal en tant que théâtre. La reconstruction est confiée à Louis Régnier de Guerchy. Architecte à qui nous devons l’encorbellement surplombant la rue de Montpensier. Le théâtre du Palais-Royal est inauguré le 6 juin 1831 et se spécialise dans les pièces de boulevard. Durant les cinq premières années, il fait jouer 150 vaudevilles qui se soldent par 150 échecs. Il faut attendre 1838 et la découverte de M. de Coylin, de Paul de Kock et d’Eugène Labiche pour voir le théâtre nouer avec le succès. En 1851, le compositeur Hervé devient le chef d’orchestre du Palais-Royal, nouveau succès. En 1859, Dormeuil fait découvrir les textes de Victorien Sardou. Dès 1863, le talent moqueur de Hortense Schneider illumine la scène, grâce aux œuvres du trio emblématique du Second Empire : Jacques Offenbach, Henri Meilhac et Ludovic Halévy. Trois ans plus tard, Offenbach triomphe avec La Vie parisienne. Après la guerre de 1870, le théâtre connaît des temps difficiles. Offenbach meurt, Labiche n’écrit plus, Dormeuil démissionne. La nouvelle direction confie les travaux de restauration à l’architecte Paul Sédille en 1880.

Il orne le foyer de vastes peintures murales, il redécore la salle dans le style néo-Louis XV, tout en dorure et cristal, et aménage l’escalier de secours en façade (afin de ne pas modifier l’intérieur), sous forme de passerelles métalliques revêtues de mosaïques.

Mussay, alors directeur, fait découvrir le talent de Georges Feydeau : Monsieur Chasse, Le Système Ribatier, Un Fil à la patte, le Dindon… Dès 1909, et jusqu’à la Seconde Guerre mondiale, l’auteur dramatique Gustave Quinson prend la direction du théâtre. Il collabora avec des auteurs comme Yves Mirande, Tristan Bernard, Pierre Veber et Albert Willemetz. Il fait découvrir les talents de Mistinguett, Yvonne Printemps, Raimu, Hennequin, Denise Grey, Michel Simon. L’ère de Jean de Létraz, auteur comique, commence dès 1939. Il fait jouer au théâtre ses pièces comme Descendez, on vous demande, Les surprises d’une nuit de noce, La mariée en a deux, Occupe-toi de mon minimum ou la Pucelle d’Auteuil. A sa mort en 1954, son épouse lui succède à la direction. Simone de Létraz fait appel à la Compagnie Jacques Fabbri, puis à la Compagnie Renaud Barrault pour jouer les œuvres posthumes de son époux, ainsi que d’anciens succès tels que la Vie parisienne. Le succès est essentiellement dû aux comédiens : Suzy Delair, Micheline Dax, Simone Valère, Pierre Bertin, Jean Desailly, Jean Parédes, Madeleine Renaud et Jean-Louis Barrault. En 1965, Simone de Létraz abandonne la direction du théâtre au profit de Jean-Michel Rouzière. Les succès vont dès lors se succéder. Rouzière décide de rendre hommage à sa voisine, Colette, en faisant jouer Gigi. Assassins associés de Robert Thomas est mis en scène par Jean Piat avec Denise Grey dans le rôle principal. Zizi Jeanmaire est éblouissante dans le rôle de la Môme Crevette. En 1968, Pierre Dux met en scène Désiré de Sacha Guitry avec Marie Daems et Robert Lamoureux, puis la Facture de Françoise Dorin avec Jacqueline Maillan. En 1969, Jean Marais reprend le rôle du Maître dans l’Amour masqué de Sacha Guitry. En 1972, Louis de Funès revient au théâtre avec Oscar de Claude Magnier. Le 5 février 1973 a lieu la première de la Cage aux Folles de Jean Poiret, mise en scène par Pierre Mondy avec Michel Serrault dans le rôle principal. Le succès est tel que la pièce se joua durant six ans à guichet fermé. En 1978, Michèle Morgan et Pierre Mondy s’illustrent dans une comédie de Françoise Dorin, le Tout pour le Tout. Maria Pacôme, Nicole Calfan, Odette Laure et Jean Poiret leur succèdent dans Joyeuses Pâques. En 1983, c’est au tour de Jean-Pierre Cassel et Anny Duperey d’égayer le théâtre avec La Fille sur la banquette arrière de Bernard Slade. Depuis les directions se succèdent et les artistes continuent de faire pleurer de rire les spectateurs.

La fontaine Molière

La fontaine Molière remplace la fontaine Richelieu qui, alimentée par la pompe à eau de Chaillot, était une des quinze fontaines dont la mise en place avait été ordonnée en 1671 par un arrêt du Conseil. Elle s’appuyait contre l’ancien n°43 qui formait un angle très aigu à la rencontre des rues Richelieu et Traversière, masquant ainsi le débouché de la rue du hasard (l’actuelle rue Thérèse). En 1838, le conseil municipal de Paris décida la suppression de cet angle pour dégager la circulation et rendre plus accessible le débouché de la rue du Hasard. Joseph Régnier, sociétaire de la Comédie-Française, saute sur cette occasion pour relancer le projet d’élever un monument à la gloire du dramaturge Molière, mort à quelques rues de là. Il écrit au préfet de la Seine pour demander le remplacement de l’effigie allégorique de la future fontaine par celle de Molière, statue qui serait financée par une souscription nationale. Proposition acceptée. Edifiée en 1844, la fontaine Molière est le premier monument commémoratif parisien qui ne soit pas dédié à un souverain.

Construite par l’architecte Louis Visconti et l’entrepreneur Antoine Vivenel, elle forme trois panneaux percés chacun d’une niche centrale. La niche principale, au nord, est encadrée d’un large portique surmonté d’un fronton circulaire, abritant un Amour assis sur des guirlandes.

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Fronton soutenu par deux paires de colonnes cannelées corinthiennes, encadrant la niche qui abrite un Molière en bronze, œuvre du sculpteur Bernard Gabriel Seurre, fondue par Eck et Durand, assis la plume à la main.

Deux allégories féminines en marbre, la Comédie sérieuse et la Comédie légère, s’accoudent contre le piédestal ; elles sont l’œuvre de Jean-Jacques Pradier. Elles tiennent chacune un parchemin où sont inscrites les œuvres du dramaturge. A leurs pieds, trois mascarons à têtes de lion crachent leur eau dans une vasque semi-octogonale. Une médaille commémorative de l’inauguration de la fontaine Molière fut exécutée par le graveur François Augustin Caunois en 1844 ; un exemplaire est conservé au musée Carnavalet.

Le kiosque des Noctambules

Le Kiosque des Noctambules est une œuvre d’art contemporain du plasticien français Jean-Michel Othoniel, commandé à l’occasion du centenaire de la construction du métro de Paris en 2000. Elle est installée sur la place Colette et inaugurée le 30 octobre. Elle sert de bouche de métro pour la station Palais-Royal – Musée du Louvre. Coût de la réalisation 3 millions de francs, soit environ 450 000 euros.

Œuvre

A l’époque de la commande, l’artiste résidait à la Villa Médicis à Rome. Pour son kiosque, appelé l’Impertinente dans un premier temps, il s’inspira du travail des souffleurs de verre de l’île de Murano.

Le Kiosque des Noctambules est formé de deux dômes, reposant des colonnettes élancées en fonte d’aluminium. Ces dômes sont constitués de perles géantes en verre de Murano (œuvres de la verrerie Salviati), formant deux voûtes célestes d’où ruissèlent des pierreries. Ces coupoles sont complémentaires et inséparables (elles sont reliées par une structure métallique en forme de 8, symbole de l’infini) ; l’une est dans les tons chauds (rouge et jaune) illustrant le jour, et l’autre dans les tons froids (bleu et violet), représentant la nuit.

Chaque dôme est coiffé d’une statuette en verre, une jaune déesse du soleil, et une violette déesse de la lune. La balustrade entourant la bouche de métro se compose d’anneaux martelés en aluminium liés les uns aux autres. Certains d’entre eux sont enchâssés de verre coloré. L’arrière de l’œuvre comporte un banc public, lui aussi construit en aluminium.

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L’église Saint-Leu-Saint-Gilles

L’église Saint-Leu-Saint-Gilles est une église du culte catholique, située au 92 de la rue Saint-Denis. Elle fait l’objet d’un classement au titre des Monuments historiques depuis le 20 mai 1915.

maison_ardoise_quartier_saint_denis-fd029Ses origines

Dédiée à saint Loup de Sens (qui donna saint Leu) et à saint Gilles (un ermite provençal), l’église fut fondée au XIVe siècle sur les ruines d’une chapelle élevée en 1235 par l’abbaye Saint-Magloire. Cette dernière avait quitté l’île de la Cité un siècle auparavant pour s’établir dans le bourg des Champeaux. L’édifice est bâti en 1319 dont ne subsiste que la nef voûtée d’ogives. Seules les six premières travées étaient voûtes, le reste du bâtiment était de charpente apparente. Les contreforts présentent la particularité d’être à l’intérieur de l’église ; modalité sans doute due à l’étroitesse de la parcelle.

Les bas-côtés sont construits au XVIe siècle et le chœur en 1611. Il est surélevé par rapport à la nef. Bien que son plan reste gothique, le décor quant à lui opte pour le style de la Renaissance. L’année 1727 marque un grand changement architectural. Les fenêtres sont agrandies et de fausses voûtes d’ogives en plâtre sont installées dans l’édifice. Les moulures des arcades sont retaillées afin de tomber sur des consoles polygonales.

En 1780, l’architecte Charles de Wailly aménage une crypte sous l’édifice, réservée aux chevaliers du Saint-Sépulcre de Jérusalem, obligeant ainsi la surélévation du chœur auquel on accède maintenant par un large escalier de pierre. En 1788, l’église est dotée d’un orgue, œuvre de François-Henri Clicquot. Il fut restauré en 1983. En 1793, l’église est convertie en dépôt de salaisons par les charcutiers du quartier.

Le culte de sainte Hélène

En 1819, les reliques de sainte Hélène sont transférées de l’abbaye d’Hautviller dans l’église de la rue Saint-Denis sur ordre des chevaliers de Saint-Sépulcre. La façade principale, déjà restaurée sous Louis XV et Louis-Philippe, est transformée en 1827. Le beffroi et la flèche de la tour gauche menaçant ruine, sont reportées par simple levage sur la tour de droite construite pour l’occasion. La tour de gauche est restaurée lors des travaux de 1849.

Le percement du boulevard de Sébastopol, de 1857 à 1861, amputa une partie de l’abside. Le déambulatoire est reconstruit en 1858 par l’architecte Victor Baltard qui supprima trois chapelles du chevet, les remplaçant par un mur plat de style néo-Renaissance. Il démolit l’ancienne chapelle de la Vierge au nord pour en reconstruire une autre au sud.

L’architecte coupa les colonnettes des piles à mi-hauteur pour y placer des têtes d’anges. En 1875, après la Commune de Paris, la châsse de Saint-Leu est ouverte afin d’établir l’authenticité des reliques. Monseigneur Richard, archevêque de Paris, pratique une sorte d’autopsie du corps humain, enfin de ce qu’il en reste (un tronc, sans tête, dont les membres ont été comprimés et aplatis). Authentifiées, les reliques sont alors placées en arrière du maître-autel, au pied d’un grand crucifix, suspendues entre deux piliers de l’abside, afin d’être vues de tous les fidèles. Le 16 octobre 1928, le cardinal Dubois, archevêque de Paris, célèbre une cérémonie de réintégration des chevaliers du Saint-Sépulcre. L’église devient ainsi le siège de la lieutenance de France de l’ordre équestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem ; les chevaliers obtenant la chapelle des fonts baptismaux pour leurs cérémonies. Le 17 mars 2000, les reliques de sainte Hélène sont translatées dans la crypte des chevaliers afin de faciliter les pèlerinages. La première liturgie orthodoxe, devant les reliques, est célébrée le 22 février 2003. La paroisse est actuellement confiée aux trinitaires. Outre ses activités de base et ses sessions spirituelles, elle porte particulièrement attention aux personnes sans domicile fixe du quartier des Halles. Le 17 septembre 2016, lors des Journées du Patrimoine, une fausse alerte d’attentat dans l’église provoque l’intervention de la BRI et une alerte SAIP.

Œuvres d’art

Le visiteur trouvera dans l’église Saint-Leu-Saint-Gilles quelques œuvres d’art intéressantes dont une statue de marbre de Jean Bullant, Sainte Anne et la Vierge, provenant du château d’Ecouen (XVIe siècle) ; deux tableaux, le Père éternel de Jean Jouvenet, et le Repas d’Emmaüs de Jean Restout. Dans la sacristie, une peinture sur toile, datée de 1772 raconte le sacrilège, la condamnation et le châtiment du soldat qui, au XVe siècle, avait mutilé une statue de la Vierge, rue aux Ours. La crypte abrite, outre le reliquaire, une statue, le Christ au tombeau, provenant de l’ancienne église du Saint-Sépulcre (XVIIIe siècle).